RAPPORT SUR LES MALADIES DES CÉDRATIERS EN CORSE
le développement de ta fumagine. Il y aurait donc tout avantage à employer là des abris de cyprès.
Il paraît que le même moyen est adopté aux Açores;on lit en effet dans la Revw horticole (1853, p. 58) :
« lîien des gens supposent qu'à Saint-Michel l'oranger croit spontanément, et qu'il donne son fruit sans recevoir aucune espèce de soins : c'est une erreur. Avant d'établir une plantation d'orangers, il tuut construire une haute muraille, puis planter en long et en large des lignes de Piltosporum widulalum pour rompre la violence des vents... Quand les murs sont bâtis et les brise-vents plantés, on défonce le sol, mais on prend rarement la peine de le niveler; les allées suivent les ondulations naturelles du terrain. Ce travail terminé, on plante les orangers, espacés entre eux de 8 à 9 mètres en tous sens; puis on ensemence le sol en lupins, qui étant enfouis comme engrais végétal, sont regardés par les Portugais comme la meilleure nourriture qu'on puisse donner aux racines des orangers.... On taille les orangers tous les ans pour élaguer les branches superQues, et as^rer la libre circulation de l'air nécessaire à la maturité des fruits. »
Toutes ces dispositions paraissent assez avantageuses, et, sauf la distance à donner aux plants, on pourrait probablement les imiter utilement en Corse.
Il y a encore un genre d'abris qu'on peut recommander : ce sont les abris de paille. Tout le monde connaîties paillassons qu'emploient les jardiniers, et il est surprcnant.qu'on les ait oubliés dans la culture des cédratiers; il serait facile de rendre leur usage très-commode, en donnant aux arbres des formes d'espaliers, ou de cordons peu élevés, et déjà M. Dubrcuil a conseillé de les tailler ainsi pour obtenir des récoltes plus régulières. Peut-être des essais de ce genre ont-ils eu lieu, mais je n'en ai vu aucun exemple.
Ènlin on pourrait, pour protéger les cédratiers contre le froid, les butter fortement avant l'hiver. Autrefois le buttage était pratiqué aux environs d'IIyères, pour les orangers dos jardins, et on se trouvait très-bien de cette pratique. Il est certain qu'elle mérite d'être reprise, au moins û titre d'essai.
930 B. HAiixar.
InilueDce des conditions da aol.
Le sol peut agir sur les plantes par son état physique cl sa nature diimique.
Parmi les conditions physiques utiles pour la vie et la santé des ce- -dratiers, on ne doit pas oublier la perméabilité, qui doit exister jusque dans le sous-sol, de sorte que l'eau ne puisse pas rester stagnante autour des racines.
L'excès d'eau peut en elîet déterminer la pourriture des racines. Il peut nuire encore autrement, en altérant la sève, soit à l'époque des gelées, comme on l'a déjà dit, soit pendant les fjrandes chaleurs par le tassement et le refroidissement du sol. .\u surplus, de quelque manière que cet effetse produise, l'essentiel est de l'éviter. Dans deux plantations de cédratiers, près de Vescovato, les arbres à fruits gommeux m'ont paru cantonnés exclusivement là où l'eau stagnante pouvait exister, savoir dans un cas, au fond d'une dépression de terrain, et dans l'autre, au bord d'un fossé d'arrosage qui eût mieux mérité le nom de mare, et qui recevait toutes les eaux d'alentour.
Même dans un terrain assez perméable, une irrigation excessive produit les mêmes effets. On a parfaitement reconnu cela en Sicile, et il y en a des preuves nombreuses dans im rapport adressé en 1874au Ministère de l'agriculture d'Italie par MM Silvestri etTornabene, professeurs à Cntane : ils ont vu, par exemple, les limoniers devenir gommeux dans des terrains en pente partout où on faisait des barrages pour arrêter les eaux; en démolissant les barrages, la maladie a disparu; ils ont constaté aufsi qu'elle se manifestait surtout dans Jcs bas-fonds, et près des canaux d'arrosage, ou enfin dans les terres détrempées par des pluies ou des arrosages trop prolongés.
Au surplus, les arbres jeunes, plantés dans des terres bien défoncées, demeurent sains et vigoureux, au milieu des plantations malades. Il faut donc'que les racines aient atteint le fond de terres remuées, avant que la gomme se manifeste.
Considérons maintenant la nature chimique du sol, j'entends par là celle du terrain toujours plus ou moins fumé où végètent les cédratiers.
. La production surabondante de gomme, qui constitue la maladie
RAPPORT SUR LES MALADIES DES CÉDRATIERS EN CORSE. 33t
la plus commune de ces arbres, viendrait-elle du défaut de quelque substance chimique dans le sol? C'est une hypothèse qui séduit assez mais on ne peut guère la soutenir. Car, d'un côté, les fumures qu'on -prodigue à la terre renferment en quantité bien suffisante tous les élémenls qu'exige la végétation. D'autre part, on trouve côte  côte ■dans une même plantation, par conséquent dans des milieux de môme nature, des pieds d'arbres malades, «t des pieds Irès-sains, et ■de plus cela se voit dans les sols les plus divers.
C'est aussi ce qu'ont remarqué MM, Silvcstri et Tornabene. .4ussi, tandis que la perméabilité des terres, et spécialement du sous-sol, -est à leurs yeux un point capital, ils semblent attacher assez peu ■d'importance à leur composition chimique.
Toutefois M. Silvestri a entrepris de nombreuses analyses, dont je ■crois devoir citer les principaux résultats. Il a étudié trois terrains : le premier, de la province de Syr;icuse, est un des meilleurs qui existent ; les deux autres, de la province de Calane, viennent de plantations malades. Il a, en outre, analysé les cendres de tiges, feuilles et fruits de limoniers sains et limoniers gommeux, et les cendres de la gomme elle-même. 11 a trouvé les chiffres suivants que j'emprunte -à son rapport :
TBRBES
TIGE