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RAPPORT SUR LES MAUDIE5 DES CËURATIERS EN' CORSE

Toutes ces substances pourraient donc iaire l'objet de divers essais. Mais ce n'est pas tout. En dehors de l'addition directe de produits chimiques à la terre, il y a des procédés très-simples pour détruire beaucoup de moisissures et d'organismes parasites : ce sont l'aération des racines, et l'écobuage.

Au sujet de l'aération des racines, M. Goeze, directeur du jardin botanique de Lisbonne, rapporte un procédé très-curieux, qu'il a vu employer dans des plantations d'orangers où existait la pourriture. ( On met à nu, dit-il , la tige jusqu'aux racines principales, en apportant beaucoup de soin j^ cette opération; ensuite on remplit le vide fol'mé, non pas avec de la terre, mais avec des pierres de la grosseur du poing, ou mieux encore avec de gros morceaux de charbon de bois, dont l'efTicacité contre les matières putrides est bien connue, et on entoure encore la tige a un pied de hauteur au-dessus de terre, avec ces pierres oh ces morceaux do charbon. Ces fragments sont assez distants l'un de l'autre pour former des cavités où l'air circule, arrive jusqu'aux racines, et cet air empêche le développement des champignons. Les arbres ainsi traités ont le plus souvent en quelques mois repris leur aspect de santé, ce dont on s'aperçoit d'abord h la couleur verte des feuilles. » (Voir Goeze, Ein Beitrag znr Kennlniss der Omngengewaeckse, Hamburg, 1874.)

On pourrait attribuer à la même cause les bons ell'ets dont on a parlé plus haut, des détritus de houille : c'est même l'opinion de M. Silvestri.

En tout cas, il est bien certain que la perméabilité du sol est trèsprofitable aux arbres. On sait qu'ils se développent mal quand ils sont plantés trop profondément ou quand le sol est trop tassé à la surface, par une action mécanique directe, ou par l'elTet des aiTOsages; toutes ces remarques permettraient peut-être d'expliquer les différences que l'on constate si souvent entre les arbres d'une même plantation.

Relativement â l'écolmage des terres trop riches en matières organiques, plus ou moins remplies d'organismes vivants, je ne puis citer qu'un fait. Cette pratique a donné de bons résultats dans la culture des caféiers aux Antilles, d'après MM. Guérin-Méneville et Perrotlet (1842) ; les conditions de ces plantations offrent, avec celles où se trouvent les cédratiers, une assez grande analogie, pour que les mêmes remèdes puissent être appliqués dans les unes et les autres.

E. MAtLIMW.

Insectes nmsibles.

Les insecles les plus nuisibles que j'aie observés sur les cédratiers soDl :

1° La cochenille vulgairement appelée ragnata ou pou blanc;

2° Le ver du cédrat, laiTe d'un petit papillon nocturne;

3° Divers pucerons ;

4" Diverses sortes de cétoines;

5' Des tlirips.

Cociicnille. — La cocbenille des cédratiers offre à peu près les caractères que les naturalistes attribuent à la cochenille des serres, ou pou blanc des serres {Coccus adonidxim).

Sur les arbres envahis par cette vermine, il est facile d'observer les divers états que prend l'insecte. On voit d'abord, au milieu de flocons lilamenteux blancs, des amas de petits œufs jaunâtres, ellipsoïdes {0°"°30 sur O^^lô). Il en sort des insectes de forme adulte, de couleur rosée, qui marchent avec beaucoup d'agilité sur les fruits et les rameaux, et s'arrêtent pour en pomper le suc par intervalles. Plus lard, on les retrouve, toujours avec les mi^mes apparences, mais plus grands; ils ont probablement subi une mue; leurs dimensions sont l°"°.ï de long et 0'°"8 de large. Ensuite leur coi^s rougeàtre blanchit de jour en jour, en se couvrant d'une macère cireuse qui suinte de la peau sous forme de petites baguettes excessivement ténues; cette matière, d'un blanc éclatant, est surtout abondante aux bords des anneaux, de sorte qu'ils paraissent garnis d'appendices cotonneux; mais te frottement les fait tomber aisément. A mesure que l'animal grossît, ses pattes semblent s'atrophier, et ne peuvent plus porter son poids; il n'est bientôt plus amarré au végétal que par son rostre, ou suçoir, qui s'y enfonce profondément. Ce rostre est formé de 4 soies fines pouvant rentrer dans l'intérieur du corps ou en sortir, par le jeu de petits leviers fourchus disposés autour de l'orifice buccal. Sur un individu de 2"' de long, j'ai trouvé que ces soies avaient \"% et chaque brin, un diamètre de 0°"°002 tout au plus ; deux des soies étaient accolées dans toute leur longueur.

Les animaux ainsi conformés sont les femelles. Elles n'ont jamais

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