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O.OlTIi 0.130
Cette terre contenant par kilogr. Oe'",47G d'acide phosphorique et 1*^,30 dépotasse, elle est, d'après P. Gasparin, moyennement riche en acide phospiiorique et presque pauvre sous le rapport de la potasse, puisque le minimum, d'après cet agronome, serait l^^'io. Ou bien cette potasse est engagée dans des combinaisons lentes à se désagréger, ou bien les eaux météoriques ou souterraines l'entrainenl à mesure qu'elle devient soluble, puisqu'on ne trouvait pas, en novembre dernier, époque de la prise des échantillons, un poids de potasse soluble appréciable  une balance qui donne au moins des demi-milligrammes. Il n'y avait pas à cette époque dans le sol du Mas de Las-Sorres une quantité de potasse assimilable égale à 7'''', 5 par hectare, c'est-à-dire le 1/3 de ce qu'il faut pour une récolte normale (23 kilog., d'après M. Mares, pour une récolte de 120 hectolitres).
' On comprend donc que dans de semblables conditions les engrais employés, pauvres en acide phosphorique, mais très-riches en potasse.
(I) Vojrez plus haul, Observations sut le dosage d arable, par U. Haquonne.
l'acide phoipharff ue dans la terre
EXPeRlCnCES SVR LES VICSES ATTElnTES PAR LE PHYLLOXERA. 41
aient produit les rendeinenis indiqués plus haut. On voit aussi que lorsque la commission indique les engrais riches en matières azotées el en potasse comme très- favorables à la végétation de la vigne, sa conclusion est particulière au Mas de Las-Sorres, et que sur un autre terrain qui aurait pu être riche en potasse et pauvre en acide phosphorique, les résultats des expériences auraient pu être différents.
fie l'analyse précédente et des expériences de la commission il faut donc conclure que les matières ayant servi d'engrais ont donné au sol ce qui lui manquait, et souvent avec une exagération qui rend le procédé inapplicable. Ainsi prenons le n°5. 20 litres d'urine humaine ont été donnés par cep ; en supposant 4000 ceps à l'hectare, il faudrait recueillir les urines de 200 individus pour soutenir la lertiUté du champ. Au n° 38, 10 litres d'urine de vache ont été fonrnis à chaque cep, il faudrait alors un troupeau de 25 à 30 vaches pour fertiliser un hectare de vignes. On peut voir aussi dans le tableau de la commission que ces engrais liquides, comme la plupart de leurs congénères, n'ont qu'une durée annuelle, ne laissent aucune réserve au sol. Il n'en est pas de même du fumier de ferme, qui, enrichi de sels de potasse, a donné de très-beaux rendemenls, tout en laissant une foile réserve.
Les expériences du Mas de Las-Sorres prouvent rinulilité des iaseclirides employés jusqu'ici et l'heureuse influence des bonnes fumures. Elles sont une nouvelle démonstration de ce principe agronomique si connu et si souvent mal appliqué, qu'il faut donner au sol ce qui lui manque pour la plante qu'on y cultive. Dans nos cultures intensives de la vigne, on a souvent, on a longtemps négligé ce principe. II faut avant tout y revenir; ce sera cent fois préférable à l'application de tous ces procédés plus ou moins empiriques de guérison dont on a encombré les travaux de la commission.
La vigne exige comme toutes nos cultures de l'azote, de l'acide pbosphorique et de la potasse; sur nos terres calcaires du Midi, il est inutile de parler de la chaux. On sait aussi que le soufre doit jouer un certain rôle ; les cendres du fruit, des sarments, de la souche, contienoenl toujours des sulfates.
Les forts rendements fournis par les carrés n" 1 0 el 64 nous montrent les bons effets du fumier appliqué à la dose de 20000 kil. à . l'hectare. Sur une terre épuisée, c'est la dose à recommander, sauf à la réduire progressivement les années suivantes; une addition de 100 à 200 kil. de cendres de bois ou de sulfure de potassium, ou
même de quelque autre sel de potasse, ne pourra que rendre les effets plus prompts et plus efficaces. Si l'on ne peut se procurer ■une aussi forte fumure, on pourra la remplacer par son équivalent en tourteaux de ricin, de colza, etc., ou par des engrais minéraux apportant au sol et par cep 50 gr. d'azote, 40 d'acide phosphorique et 40 de potasse. La dose de ces deux dernières substances pourra ôtre diminuée si l'on connaît les ressources du sol en potasse et acide phosphorique.
Je termine en modifiant la conclusion de la commission de l'Hé' rault, et je dis : Il résulte des expériences faites pendant trois années consécutives au Mas de Las-Sorres, qv^vne vigne pbylloxérée peut reprendre sa vigueur et donner de bonnes récolles, si, par le sot ou par les engrais, elle recuit de fortes fumures riches en matières azotées, en potasse et en acide phosp/ioriqu^.