DE L'INFLUENCE DES SELS DE CHAUX SDR LE DÉVELOPPEMENT DES VÉGÉTAUX
Vber dm vegttebilMien NSkrweTlh der Kalhaltt von iot, B(^m, Sittiir. D. K. Alud. d. WimnKh. T. LXXI, avril 1875.
Les graines renferment, soit dans les cotylédons des embryons» soit dans l'albumen qui les entoure, les matériaux k l'aide desquels se développe la jeune plante avant qu'elle soit en état de subvenir elle-mâme à ses besoins. Généralement la quantité de ces malériaui de réserve est plus que suffisante et la jeune plante est capable de se maintenir facilement pendant les premiers temps de sa vie au milieu de circonstances défavorables; quand au contraire ces circonstances sont aussi favorables que possible, le haricot, dont les cotylédons sont Irès-volumineus, trouve dans la moitié des matériaux de réserve qu'il renferme une nourriture suffisante pour se transformer en une plante vigoureuse chargée de fleurs et de fruits. On n'a pas observé en effet de plus grandes différences entre des haricots provenant de grosses-et de petites graines et ceux dont un cotylédon a été enlevé, qu'entre des haricots provenant de graines sembl^les (de même poids). La graine qui germe librement dans un sol favorable ou non au développement complet de la jeune plante, puise cependant dans l'eau de germination certaines matières minérales et recherche surtout celles qui n'existent qu'en petite quantité dans la graine.
En présence de ces faits acquis M. Bœhm s'est posé deux questions :
1. Les matières minérales sont-elles nécessaires à la jeune plante qui vit encore aux dépens des matériaux renfermés dans la graine?
2. Le rapport des matières de réserve organiques et inorganiques est<il tel que tout l'amidon, etc., contenu dans les cotylédons peutêtre employé à l'élaboration des organes de la plante?
Pour répondre à ces deux questions il ne se présente qu'une voie. Élever de jeunes plantes dans l'eau distillée en empêchant l'assimilation. Les plantes ont donc été exposées à l'obscurité ou à une lumière trop faible pour que les o:^[anesverts pussent décomposer l'acide carbonique de l'air. Les premières expériences ont été faites
INFUIBHGE DES SELS DE CUII<C SUR I£S V£G£TAUX. ill
-dans des bocaiis de verre; d'autres expériences disposées en même temps dans des dissoluLions salines ou dans de la terre sellaient de ■contrôle.
Les résultats des pcemiers essais (200 graines de 0,8 à 3,1 gram.) ont été surprenants; quati-e semaines s'étaient à peine écoulées que toutes les plantes élevées dans l'eau distillée étaient mortes, tandis ^ue les autres éudent toutes vivantes.
La mort s'annonce par des symptômes très-caractéristiques, ^a tige se flétrit et se dessèche d'abord au-dessous du bourgeon terminal, mais à une époque très-variable pour les plantes élevées dans les mêmes conditions; dans quelques-unes les phénomènes morbides apparaissent déjà quand les plantes n'ont pas encore dépassé une longueur de 2 à 3 centim., dans d'autres on les observe seulement quand la plante atteint 40, 50 et môme 60 centimètres de long. Le volume et le poids de la graine se sont montrés sans influence sur l'apparition de ce phénomène pathologique et les cotylédons sont ordinairement restés rigides et pleins d'amidon. Ce n'est que rarement que les sommités se sont conservées jusqu'à l'épuisement de tout l'amidon des cotylédons.
Dans les solutions minérales on dans la terre aucun de ces accidents ne se présente, ils n'apparaissent pas non plus dans l'eau de fontaine ordinaire.
Les difTérences observées peuvent tenir à bien des causes : richesse inégale des graines en matières minérales, corrosion des parois de verre par les racines des plantes devenues plus robustes, poussières introduites dans l'eau qui a été changée tous les jours.
Dans des vases de zinc les cultures ont complètement manqué; le fond s'est couvert de croûtes blanches de carbonate de zinc, les racines sont mortes bientôt après leur développement, et les tiges n'ont pas pu dépasser 5 centimètres.
De nouvelles expériences ont été disposées dans des capsules de cuivre bien attentées laides de 16 centimètres. Placées dans des «apsules de verre larges de 31 centimètres, ces capsules ont été recouvertes d'une cloche de verre tubulée, de diamètre intermédiaire entre ceux des deux capsules de sorte qu'en versant de l'eau dans l'espace compris entre les deux capsules l'atmosphère interne était rigoureusement confinée et les poussières ne pouvaient plus s'introduire dans le liquide intérieur. De petits vases contenant de la potasse et suspendus dans les cloches étaient destinées à absorber
l'acide carbonique dont l'influence est si nuisible aux plantes qui n'assimilent pas (1). La tubulure de la cloche a été bouchée avec un tampon de coton. Tous les jours les cloches ont été enlevées et l'eau remplacée. Cette eau distillée deux fois était conservée dans une grande bouteille (8 litres) en cuivre argenté, dont le col pouvait se dévisser pour faciliter les nettoyages.
Les résultats des nombreuses expériences disposées de cette manière ne différaient pas notablement de ceux des premiers essais; en général les jeunes plantes sont mortes un peu plus tôt. Exceptionnellement cerraines plantes se sont allongées à une hauteur de 40 à 50 centimètres.
Dans des capsules de porcelaine les plantes se sont un peu mieux développées que dans les capsules argentées et presque aussi biea que dans le verre ; les racines étaient généralement plus abondantes et la mort des sommités ne s'est montrée que plus lard. Comme on ne peut pas admettre que la porcelaine soit attaquée par les racines (i), il faut croire que cette diflerence est purement accidentelle, et on doit conclure que les différences observées dans le développement des haricots soumis aux mêmes influences extérieures dépendent de Findividualilé des graines qiii sont inégalement riches en matières minérales.
Il existe encore une autre différence bien frappante entre les haricots venus dans l'eau distillée et ceux qui ont été élevés dans des solutions nourricières : Les feuilles primordiales des premiers restent relativement petites, les pétioles se ratatinent au-dessous du. limbe, avant la mort des sommités.
Voici donc quelles seront les réponses aux questions posées en tête de ce mémoire.
i" Les matières minérales sont indispensables au développement des jeunes plantes vivant aux dépens des matières de réserve accumulées dans les cotylédons.
2° Les ffraines du Pkaseolus multiflorus ne renferment pas une quantilê de cendres suffisante pour le transport de la totalité des matières de réserve des cotylédons aux organes des jeunes pUintes.
La première question qui se présente maintenant à l'esprit est celle-ci :
(1) Btehm, De rin/tuence de l'acide carbonique tur le veriUtement et raeeromanent 4ei plmtUs. Siti. d. K. Akad. d. IV. Vienne, t. LXVIU, p. 171, 1873.
(!) Lo vernis dea lasses de porcelaine est reaté nel pendant plus d'un an de culture.