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ANNALES AGBOIIOIIIQDES. M* 4. — 4.
Les phosphates d'alumine sonl beaucoup plus solubles que les phosphates de fer correspondanls.
On a traité ces phosphates par 100" de citrate d'ammoniaque ammohiacal,formu!edeM.Jouiie(1); cette quantité de citrate d'ammoniaque mise en contact avec un excès de phosphate bicalcique, dissoutlB',105 d'acide phosphorique ; puis on a employé 1 gramme d'oxalate d'ammoniaque 100" d'eau qu'on fait agir pendant une heure à t'ébullition, le phosphate bicalcique cède dans ces conditions Op',110 d'acide phosphorique.
Avant de terminer ce long travail, il nous reste maintenant à examiner quelle influence utile peuvent exercer les phosphates rétrogrades introduits dans le sol, et pour préciser davantage puisque la rétrogradation des superphosphates du commerce consiste presque exclusivement dans la formation des phosphates de fer et d'alumine compris entre les formules 2P0^M*0' el 3PO%2M'0% il nous reste à rechercher quelle est la valeur agricole de ces produits rétrogrades? Question à laquelle l'emploi de plus en plus fréquent des superphosphates donne aujourd'hui une importance capitale, et qui malheureusement ne me semble pas pouvoir être résolue d'une façon complète.
On admet ^çénéralemenl que hs phosphates sont d'autant plus facilement assimilables par les plantes, qu'ils sont plus solubles dans les différents réactifs, et surtout dans les solutions d'acide carbonique, mais en outre, on a cherché depuis quelque temps, à estimer la valeur agricole d'un phosphate déterminé d'après sa solubilité dans certains sels. On a proposé à cet effet le citrate d'ammoniaque et l'oxalate d'ammoniaque. Malheureusement les solubilités des phosphates dans ces deux réactifs sont loin d'être concordantes.
Ainsi le phosphate de ferPO%Fe'0'est très-soluble dans le citrate d'ammoniaque et presque insoluble dans l'oxalate, le phosphate 2P0',3Fe'0' totalement insoluble dans le citrate est deux fois plus soluble que le précédent dans l'oxalate. Le phosphate d'alumine PO'.Al'O* qui est le plus soluble dans le citrate, se dissout moins facilement dans l'oxalate, que le précédent 3P0',2AP0% etc.
11 n'y a donc aucun rapport à établir entre la solubilité dans ces deux agents; et on ne voit pas pour quelle raison on préférerait
(h Aciile cilriquc 400» 1 ...
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RF.CBERCHRS SUR LA RËTROfiRADATlON DU PHOSPHATE SOLtIBLE. 531
l'un à l'autre, pour servir de tenne de comparaison entre les différents produits.
Si l'on adoptait le citrate ou l'oxalate d'ammoniaque, on donnerail aux phosphates rétrogrades de fer ou d'alumin*;, une valeur beaucoup plus considérable qu'au phosphate bicalcique, puisque leur solubilité est plus grande. Mais d'un autre côté ces matières sont totalement insolubles dans l'acide acétique, et je n'ai jamais pu constater leur dissolution dans l'acide carbonique. Les phosphates de chaux bi et tricalcique sont au contraire très-solubles dans ces réactifs. Il est donc très-difficile de se prononcer sur la valeur agricole de ces produits et je crois que l'on n'aura des renseignements certains que par des essais faits en gi'ande culture et sur différents sols, avec des phosphates de sesquioxydes, comparés avec du phosphate bicalcique.
Il serait très-facile d'obtenir ces phosphates de sesquioxyde en additionnant un superphosphate frais d'oxyde de fer ou d'alumine.
Dans l'état actuel de la question, il me semble préférable avec les phosphates à grande rétrogradation, comme ceux qu'on obtient des coprolithes des Ardennes par exemple, de transformer après le traitement à l'acide suifurique, l'acide phosphorique formé en phospliale bicalcique dont on connaît parfaitement la valeur agricole, plus tôt que de le laisser se combiner à l'oxyde de fer. Il suffit pour ■cela d'additionner le superphosphate frais d'une quantité suffisante de carbonate de chaux, il se forme alors du phosphate bicalcique. Les fabricants de superphosphate ont vu un effet semblable se produire en enrobant leurs produits avec du plâtre pour les dessécher : lephUre de Paris renferme10àl2pour 100 de carbonate de chaux, et si la quantité employée était suffisante, la rétrogradation se faisait par la formation de phosphate bicalcique.
Je crois que dans la fabrication des superphosphates, il serait préférable de produire du phosphate bicalcique plutôt que des phosphates de sesquioxyde. Le phosphate bicalcique, agit en effet dans tous les sols; les phosphates de sesquioxyde ont besoin pour être rendus solubles de se trouver au contact d'alcalis ou de carbonates alcalins. Le carbonate de chaux divisé, en excès, les rend également solubles dans l'acide carbonique comme l'a démontré M. Dehérain. Mais ce sont là des conditions particulières que l'on ne rencontre pas toujours et sans lesquelles les phosphates de sesquioxydc peuvent rester entièr'ement inertes dans le sol.
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M. Dehérain a éubli, que l'un des effets utiles des cliaulages et mnrnages à haute dose employés dans une grande partie de la France était de rendre sotuble dans l'acide carbonique tes phosphates de sesquioxydes. J'ai eu occasion de trouver une vérification remarquable de cette man)<';re de voir dans une terre du Perche. J'ai fait l'analyse d'une terre de Mondoubleau (Loir-et-Cher) appartenant à M. Boitel, inspecteur général dé l'Agriculture et dans laquelle les phosphates donnaient de très-bons résultats, mais avec cette circonstance particulière que leur effet ne se prolongeait pas au delà d'une année. Cette terre était exceptionnellement riche en oxyde de fer, j'ai conseillé de faire succéder un fort marnage à l'emploi des phosphates, et dans ces conditions, on a retrouvé les rendements que l'on ne pouvait plus atteindre qu'à l'aide de nouvelles doses de phosphate.