CONTROLE DES OPERATIONS DK UILTORE PAR U COMPTABILITE
(lilTérence entre le débil el le crédit, indiquerait exactement le bénéfice réalisé ou la perte subie par l'opération à laquelle se rapportait le compte, et qu'il suflirait de faire la balance générale de tou& les comptes pour avoir le bénéfice final ou la perte de l'entreprise. On croyait enfin que ta notion des pertes et gains éclairerait le cultivateur sur la valeur de ses combinaisons, et qu'il n'aurait qu'à étendre les spéculations qui se soldaient en bénéfice ou à restreindre celles qui se soldaient en perte, pour accroître sûrement la masse du profit général.
Voilà, en quelques mots, quelle était l'idéemère de la comptabilité agricole en partie double. J'ai exposé et critiqué ailleurs tous les procédés qui ont été conseillés successivement pour faire jouer ce mécanisme el pour en tirer des enseignements. C'est une tâcbe que je n'ai pas à recommencer. Je ne puis que renvoyer le lecteur au volume qui a pour litre les Entreprises de cultureet la Complabilité (1), en me bornant ici à ce qui est strictement indispensable pour démontrer que le jeu des comptes de production agricole diffère radicalement du jeu des comptes de crédit du commerce et de la banque.
Quelque séduisante que paraisse au premier abord la perspective d'éclairer la marche du cultivateur par des comptes de production tenuH dans la forme des parties doubles, il y a un point de fait qui doit frappnr les lecteurs auxquels je m'adresse. L"industrie, qui est beaucoup moins complexe que t'agricullure, bien qu'elle transforme aussi des matières premières en produits, n'a pas appliqué à ses comptes de production la forme des parties doubles qu'elle emploie pour ses opérations de commerce. Pourtant si cette forme de comptabilité pouvait donner la notion des gains et pertes avec la même précision que celle des dettes et créances, quoi de plus utile que de la faire fonctionner dans les ateliers de l'industrie, pour rechercher aussi quels sont, parmi ces divers ateliers, ceux qui donnent le plus de profil à l'industriel ! Le fabricant de lainages de Reims ne seraitil pas intéressé à savoir s'il gagne plus sur le tissage que sur la filature? L'usine du Creuzot ne pourrait-elle demander aussi à des comptes d'atelier tenus dans la forme des parties doubles, si elle a plus d'avantage à employer le minerai du Morvan qu'à faire venir h.
le Ceoi^t MaiMn cl à la librairie agricole dé la UaJMD ni*-
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grands frais celui d'EI-Mokta, à étirer des rails ou des bandages de roue qu'à fabriquer des canons ou des [ocomolives ?
Il est même à remarquer que les comptes d'ateliers industriels seraient infiniment plus faciles à établir dans la forme des parties doubles que les comptes de production agricole. Toutes les opérations de l'induslrie, même dans l'usine la plus compliquée, sont relativement faciles" à délimiter et à circonscrire. On sait ce qu'il entre de matière première dans un poids donné de produit, de laine dans le fil, de Til dans l'étofTe, de minerai dans la fonte, de fonte dans le fer ou l'acier. D'atelier en atelier, de transformation en transformation, tout sera mesuré avec précision, pesé avec rigueur. Les valeurs acquises à chaque transformation seront un peu plus difliciles à déterminer; mais sur ce point encore l'industrie aura un notable avantage sur l'agriculture. 11 y a des cours commerciaux pour la laine, pour le fU, pour le minerai, pour la fonte, pour le fer et pour l'acier, c'est-à-dire pour toutes les matières premières et pour tous les produits des divers ateliers de l'industrie. Les fmîs de main-d'œuvre de chaque atelier sont aussi distincts : les ouvriers de l'industrie ne passent pas, comme ceux de l'agriculture, d un atelier à un autre; ils sont fileurs ou tisseurs, fondeurs ou mécaniciens. Pour chaque atelier, les valeurs entrées, les frais et les valeurs sorties pourraient donc s'établir avec quelque approximation. Si donc les comptes d'atelier en partie double pouvaient donner la notion des gains et perles, on ne comprendrait jws vraiment que l'industrie ne demandât pas à sa comptabilité cette notion, en débitant ses comptes d'atelier de la valeur de tout ce qui y entre, et en les créditant de la valeur de tout ce qui en sort.
En agriculture, au contraire, rien n'est distinct. Les opérations de la culture sont tout ce qu'il y a de plus complexe ; elles s'enchevêtrent les unes dans les autres, sans qu'il soit possible de les délimiter ou de les circonscrire, môme avec le secours de la science la plus étendue. Il n'y a pas une seule transformation, si simple qu'on la suppose, dont tous les termes soient défmis. .\ côté des éléments qui peuvent être pesés, mesurés ou analysés, il y en a toujours d'autres qui ne le sont pas et ne peuvent pas l'être. Les quantités sont de celles qu'on attribue, mais non de celles qu'on constate. Pour les valeurs, c'est encore bien autre chose. La plupart des matières premières que translornie l'agriculture n'ont pas de cours régulier sur le marché. Il y en a même qui n'ont jamais cours sur