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CONTROLE DES OPÉRATIONS DE COI.TDRE PAR U COMPTABILITÉ

exclusivement afTecté àlacullufe du mais. Le produit qui résulte de la consomniation de ce fourrage ne se détache pas du produit des autres consommations : le maïs n'entrant pas seul, et toute l'année, dans la composition des rations du bétail, son eiïet dans l'alimentation ne saurait être distinct. Il en est de même pour les frais et le profit : les frais et le profit de cette culture sont confondus dans les frais et dans le profit de l'exploitation.

Eh bien I quand on aura ainsi opéré en tranchant des centaines de questions, dont aucune n'est soluble; quand on aura échafaudé toutes les suppositions, là où il faudrait des faits, on n'obtiendra pas le moindre résultat qui mette sur la trace de la voie à suivre. Voici pourquoi :

La culture et l'ensilotage du mais, dont on a ainsi fait le compte, ont modifié toute l'économie du domaine, et il s'est produit là des altérations qui échappent à l'analyse de la culture spéciale du maïsfourrage. En effet, les 4 ou 5 hectares qui ont clé affeclés à cette culture, il a fallu les prélever sur l'exploitation, par conséquent troubler l'ordre et l'étendue relative des autres cultures, peut-être même en supprimer totalement. 1! n'y a pas jusqu'au fumier luimême, dont le jeu dans l'exploitation n'ait été profondément modifié : la culture du maïs en absorbe et elle en produit. Quel que soit le résultat final sous ce rapport, il est certain que des changements sont survenus dans l'économie générale du domaine, dont l'analyse financière de la culture du mais ne saurait rendre compte, quelque bien faite qu'on la suppose.

Je prie le lecteur do remarquer qu'en ramenant le problème de la production agi'icole à ses éléments simples, je suis d'accord tout à la fois avec les traditions de la science économique et avec la pratique générale des cultivateurs éclairés. Aucun économiste sérieux n'a apprécié la valeur des opérations de culture par le résultat do comptes spéciaux, que l'on établit comme on veut, parce qu'il n'y a point de règle fixe pour les établir. Tous les cultivateurs intelligents savent aussi comparer le jeu de leur exploitation au jeu des exploitations voisines, et apprécier la valeur d'un changement par les modifications qui en résultent dans le produit, dans les frais, dans le profit et dans le capital de l'entreprise. Seulement leurs notions du produit, des frais et du profit laissent à désirer pour la précision. Dans le produit ils ne comprennent guère que le résultat des ventes et le profit se confond généralement, à leurs yeux, avec l'ar-

gent encaissé pour faire l'objet de placemenls on dehors de leur industrie. La science économique donne un sens plus précis à ces termes, et elle fait servir ces notions à un contrôle plus rigoureux des opérations de culture. .4u fond elle est d'accord avec la pratique des cultivateurs éclairés.

Dans une de nos dernières excursions agricoles, nous avons visité un cultivateur qui avait rompu avec les habitudes de son pays. Au lieu défaire une culture mixte de céréales et de fourrages, il a supprimé les céréales, et consacre toute son exploitation à la production du fourrage. 11 a 6 hectares de prairies et 18 hectares de luzerne, de mais, de choux, etc. 11 entretient cinquante vaches en moyenne pour la production du lait et pour l'engraissement, quand la faculté laitière est tarie. Il n'y a que trois hommes et deux femmes attachés à l'exploitation ; quatre chevaux suffisent à tous les travaux de la culture. La fougère d'un bois voisin sert de litière au bétail; la tannée absorbe l'excédant des urines. Enfin la dréche, le son et les tourteaux fournissent un supplément de vivres aux animaux d'engraissement.

Après nous avoir fait visiter ses cultures de fourrages, ses étables, ses silos de maïs, en un mot tous les détails de son exploitation, le cultivateur dont je parle nous fit entrer sous son toit hospitalier et il nous exposa, à peu près dans les termes qui suivent, la physiologie, si je puis parler ainsi, de ses opérations. « J'ai 25 hectares que j'ai achetés 100000 francs, il y a quelques années. L'exploitation était alorsaffermée 3000 francs. J'ai lieu de croire que si je voulais céder la culture à un fermier, j'obtiendrais 4000 fr, environ de fermage. Ma position de propriétaire ainsi étabhe, voici, en quelques mots, quelle est ma situation de cultivateur.

I Chacune de mes vaches me rend, au bas mot, 400 fr. par an, tant en lait qu'en viande. Kn tenant compte des achats de denrées complémentaires que je suis obligé de faire pour l'alimentation de mon bétail, le montant de ma production est de 18 000 fr. par an. Une exploitation ordinaire du pays, de même étendue que la mienne, arriverait à peine à 9000 fr-, mettez 10000 fr,, pour faire largement les choses. Mes frais de culture, au total, sont de 9000 fr., et j'y comprends les 4000 fr, de fermage que je suis censé me payer à moimême, pour comparer, avec plus de précision, mes opérations de culture à celles du fermier voisin. Celui-ci, en y comprenant 3000 fr. de prix de ferme, aurait au moins 7000 fr. de frais. J'ai donc 9000 fr.

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