DE L'ESSAI DES PBOSPHATES FOSSILES
En 1S70, je publiai dans les Annales de la Sociélé €icadémique de liantes, sous le titre suivant : De l'analyse des phospJiates fossiles un mémoire reproduit depuis dans le Moniteur scientifique du docteur Quesneville, et dans lequel, démontrant les inexactitudes de la méthode d'essai dite commerciale, je concluais à ce qu'elle fût remplacée par le dosage précis de l'acide phosphorique. Cette publication n'a pas empêché certains auteurs de m'atlribuer la paternité d'une méthode dont je me suis au contraire toujours efforcé de démontrer les vices, mais qu'il est extrêmement difficile de supprimer en présence du parti pris des négociants.
J'ai cru intéressant, au double point de vue du commerce et de la chimie agricole, de rechercher les limites dans lesquelles étaient comprises les erreurs du procédé d'essai commercial appliqué à l'appréciation des phosphates fossiles. En publiant les chiffres qui résument mes expériences et qui complètent mon mémoire de 1860, je suis peut-être autorisé à espérer qu'on cessera de m'attribuer l'invenlion d'un procédé que je n'ai cessé de caractériser scientifi- ■ quement. Il n'est peut-i^tre pas inopportun d'ajouter que les directeurs des stations agronomiques et des laboratoires d'essai ont quelquefois le devoir de vérifier purement et simplement si les clauses d'un traité ont été loyalement exécutées. Que ces chimistes aient telle ou telle opinion personnelle sur la méthode d'essai librement acceptée par les parties, cela ne les dispense évidemment pas de pratiquer cette méthode, quitte A la condamner au point de vue théorique, et pour que te lecteur puisse se rendre un compte exact des difTicuUés que l'on rencontre en pareille circonstance , je ne puis mieui faire que de reproduire quelques extraits des nombreuses
Celui-ci est lav£, el dans la liqueur flltrfe on verse un excès d'ammoniaque, puis ou agile. Le précipité est recueilli sur un second (litre, lavé i l'eau buutllante et calciné.
Certains opérateurs rournissani quelquefois des chilTres dont l'écart implique des conséquences commerciales asiez sérieuses, j'ai reconnu, à ta suite de reclierches dont j'indique plus loin les conclusions, que les dilTérencci de degré peuvent tenir i" i la variabilité de llnesse de la poudre attaqi>ée par l'acide; 3° i la coucentralion de cet acide; 3° i l'habitude contractée par l'essajeur de faire agir l'acide sur un phosphate en nature nu prialabletntnt calcina.
H ei( facile de comprendra que le mode opératoire que j'ai décrit en premier lieu et qui est le plus généralement employé en Bretagne, donne les chilTres les plus faibles, rionc tes mains èloigiùi de la vérité. Plusieurs négociaols en phosphates eonnaiisenl au . sarplus les contéquences de la calcination 'préalable sur la solubilité ultérieure dans l'sdda azotique, ansn mentionnent-ils Ibnnetlemeat dans leurs traités que l'essai se fers I faos ealciulioa préalable >.
pièces qui font pai'tie des archives du laboratoire de la Loire-Inférieure (1).
Les déterminations d'acide phosphorique dont je vais reproduire les chiffres ont été effectuées à l'aide de l'acétate d'urane par l'élégante méthode de M. Joulie. L'expérience que j'en ai acquise m'a donné toute conliaDce dans ses résultats. Les conditions dans les-
(1) HansiGur le directeur du laboratoire de chimie agricole, Nantes.
Nom avons l'honneur de voua donner avis que nous vous adressons deux échantillon* de phosphalG fossile, avec prière de vouloir bien nous en faire connaître la richnse en phosphate mitU prtcipilablc par l'ammoniaque.
Je viens de recevoir du labooloirc public de ctiimie agricole le résultat de l'analyse n° 9<U. Je dois vous faire observer que le fabricant qui m'a livré le .phosphate que j'ai rendu m'a garanti un dosaigc de 50 "/« 1 l'analyw commeraalt.
1 D prends pas ce que sigailio votre mention : Acide phosphorique li,Tô.
N Iro n , à notre retour d'un petit voyage, votre lettre du 95 courant, et vous I m lé onnaissants des renseignements que vous avez bien voulu nous donner. \ u n p u ans toutefois avoir de difllcullés sérieuses avec M. B.... sur le moded'ana- Ijrse d ph phalcs, puisque dans toutes nos lettres k col acheteur, en cas de désac-
cord sur les dosages, il n'est question que à'aivtltjiei commerciale à faire par vous, monsieur, qu'à cet elTct nous avons clioisi et proposé. Nos phosphates riches onolyséi commtTàakmeal, comme nous en sommes convenus, doivent doser de Gî à 70 "/g de
Honsieur, Il résulte de votre lettre quo si les échantillons analyses par vous l'avaient été «ontmercialemml, ainsi que le stipulent nos conventions avec M. B...., lo litre était birn celui que nous avons promis; mais M. B... vous a fait faire un dosage d'acide phosphorique qui vous a donné i6,H0 ".V. soit 5S,50 de phosphate trihasjque au lieu de 67 à 68 de phosphala mixte précipité par l'ammoniaque. Vous resle-t-il encore assex de ces farines pour refaire, mais commtràalemtnt cette fois, une analyse ? Monsieur, Répondant i votre honorée du S courant, nous vous prions d'elTcctuer une analyse eommtrciate de nos phosphates, c'est-ï-dire en précipitant par l'ammoniaque.
Ainsi que vous le constatez, nous reconnaissons que cette méthode d'analyse est vicieuse; mais comme elle est généralement employée en France pour les phosphates fossiles, nous nous voyons obligés, pour soutenir la concurrence, de l'employer également Mon cher m
En attendant qu'on emploie une méthode rationnelle, exacte, celle de H. Joulie par excniple, je continuerai à faire mes marchés dans le sens que vous connaisses. Si défectueuse que soit cette méthode, dès l'instant qu'elle est adoptée de bonne foi par les deux parties et que les intéressés ont réciproquement donné connaissance au chimiste du mode convenu entre eux, pourquoi le chimiste ne s'y conformerait-il pas? 11 n'y * dans ce cas d'autre responsabilité morale pour lui que s'il était commis uoe en-eur dans l'opé-