U DEFENSE COITTHE LE PHYLLOXERA. SI
sur les ceps exotiques, mais aussi sur les vignes indigènes : preuve nourelle et décisive, jyoule M, von Habo, que les cépages enracinés d'origine américaine avaient seuls importé le fléau.
Quatrième fait. Dans un jardin anglais ou parc du domaine royal d'Annaberg, près Bonn, on possédait, depuis 1867, vingtquatre pieds de ceps américains, envoyés de Washington au ministère d'agriculture de Prusse, sous la forme de boutures enracinées. Cultivées en treilie, à titre de plantes grimpantes, ces vignes ne pai-aissaient pas malades en 1874. Comme on détruisait alors le jardin, il fut question de les transporter à la nouvelle école de viticulture de Geisentieim ; mais heureusement que l'attention était éveillée au sujet des vignes américaines en généi-al, comme étant capables d'importer le phylloxéra. De là l'idée d'examiner soigneusement les racines de ces vignes : elles portaient l'insecte suspect, et, si le mal ne s'est pas ostensiblement étendu sur les vignobles voisins, on ■le doit peut-être, écrit M. le professeur Georges David, à cette circonstance heureuse que le parc' anglais d'Annaberg se trouvait séparé de tout vignoble par des collines boisées.
Cinquième fait, dont je ne connais pas les circonstances détaillées, mais que M. le professeur Georges David signale par lettre à mon ami M. L. Reich, l'habile régisseur du domaine de l'Armeillère en Camargue. On aurait tout récemment trouvé le phylloxéra à Carlsruhe (Wurtemberg) sur des vignes américaines (1). Les insectes auraient semblé tous morts, ce qui veut dire très-probablement engourdis. Après les exemples d'.-Vnnaberg et de Kloslerneuburg, peu imporlerait que le phylloxéra eût été indiqué à tort soit à Erfurt (où MM. Ilaage et Schmidt assurent qu'il n'existe pas), soit même à Celle, en Hanovre, où MM. Schiebler et fils se défendent de
(tj Une lettre récente que je rcsai* diraclement de M. David m'annonce que le pltylloxera a été récemment découtert à Hochheim, près de Worms, »ur environ 500 pied» CoDcord npport^ récemmenl d'Amérique (on dit de Galirornie, mais la cbose n'est pas lùre) par M. Comelîua. Heureusement que ces pieds enracinés avaient été mis en pépinière en attendant le printeoips, et qu'on a pu les brûler Ions dés qu'on jr ■ vu l'insecle redoute. S'il est vrai que ces plantes viennent de Californie, ce cdlé de l'Amérique du Nord aurait déjà été envahi par l'insecte au moyen des lépsges provenant dci États de l'Ationtiquc. H. le proresteur David m'apprend aussi que les pieds de vignes supposés plus phylloxérés à Carlsruhe lonl des wabella prises vin^ et un ans auparavant dam le jardin botanique d'Heidelbei^, oli elles étaient venues vingt ans plutdt des Etals-L'ais. Il j aurait donc quarante et un ans que ces pieds auraient été cultivés en Allemagne, avant qu'on s'aperfiU de leur état maladif. La chose est assez étonnante pour mériter une étude attentive sur les lieux.
AMICALES ÂCHONOMIDUES. I. — 6
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l'avoir jamais eu. Ce dernier Tait néanmoins ne manquerait pas de surprendre, s'il est vrai que MM. Schiebler aient partagé avec M. von Babo le contingent de vignes américaines dont une partie a transporté le phylloxéra à Klosteineuburg. Mais c'est là, encore une fois, un de ces arguments négatirs dont la valeur est très-mince, car, d'une part, ils reposent sur l'affirmation de personnes qui peuvent avoir cherché sans trouver, el, d'autre part, rien n'empêcherait que le hasaM eût t'ait parvenir les pieds phylloxérés à Klosterneuburg, en laissant à Celle les pieds non infectés.
C'est dans le même ordre d'idées que je donne peu d'impoiiance à l'hypothèse jadis émise par moi que le phylloxéra du sud de la France aurait pu trouver son point de départ dans la pépinière au* jourd'hui détruite de Tonelle, près Tarascon. Les arguments présentés contre cette idée par la commission d'enquête de la Gironde et par l'inspirateur de cette commission, M. Laliman, reposent tous sur des témoignages superficiels. Je pouirais même appuyer monhypothèse par une présomption nouvelle, savoir que peu de temps avant d'être la proie du phylloxéra, le vignoble de M. Faucon avait reçu de Tonelle une collection de vignes enracinées. Mais à quoi bon discuter sur des présomptions, lorsque les preuves abondent sur d'autres points? Les hypothèses dans les sciences ne sont admises qu'à titre seconJaire et provisoire; elles s'effacent dès qu'elles sont trouvées fausses, et deviennent inutiles di'S que les faits les ont confirmées. D'ailleurs, pour expliquer la première apparition du phylloxéra sur les bords du Rhône, plus n'est besoin d'invoquer l'existence de vignes américaines de Tonelle; celles de M. Borty, de Roquemaure, remplissent & cet égard toutes les conditions de date el de lieu, car Pujault, donné comme le premier foyer d'infection phylloxérique est à quelques kilomètres seulement des vignes de M. Borty.
Deux autres foyers de ce mal existent en France, en dehors du sud-est etdu Bordelais: ce sont les Charentes dans l'ouest et le Beaujolais dans le centre. Pour les Charentes, toute hase d'observation me fait défaut pour expliquer l'introduction de l'insecte. Pour te Beaujolais, le mal commence à peine à Vaux-Renard (chez M. de Saint-Trivier) et à Villié-Morgon (Rhône), à 8 ou -i kilomètres seulement des belles collections de vignes américaines ou autres de M. Victor PuUiat. La loputé me fait un devoir de déclarer que des fouilles assez nombreuses, faites en septembre 1874, n'ont pu m'y