‹ Annales agronomiquesChapitre 32 sur 221 · LA RËFEHSE CONTRE LE PHYLLOXERA · texte numérisé non relu

LA RËFEHSE CONTRE LE PHYLLOXERA

làire découvrir l'iosecte, ni sur les feuilles ni- sur les racines des cépages américains. Mais en constatant ce fait négatif, i) m'est bien permis, m petto, de ne pas regarder comme fortuite la coexistence dans un rayon très - limité de vignes françaises ptiylloxérées et d'une rictie collection de cépages américains.

La région de Porto, dans le Portugal, est également une de celles dont le phylloxéra décime les vignes el où l'impoi'tation de vignes américaines a précédé l'appariticTn du fléau. Invoquant à cet égard le témoignage écrit deM. Oliveira Junior (1), j'ai pu dire que la maladie s'était d'abord manifestée dans un vignoble de Gouvinhas, où feu Antonio de Mello Vaz Sampaio avait planté des vignes américaines. Depuis lors ta commission d'enquête de la Gironde a voulu contester non les faits (c'était impossible), mais la conclusion que les vignes américaines avaient importé le phylloxéra. Pour cela, rien n'est plus facile que de recueillir les prétendues preuves de rancîenneté du mal phyiloxérique dans un pays, antérieurement à la découverte positive de l'insecte : des souvenirs vagues que l'imagination ravive font voir dans tous les cas de moi'talité antérieure, comme tine avant-garde du fléau du jour. Cette tendance des esprits à voir le présent dans le passé est un des préjugés populaires les

(I) Voir UD pusaiie du la Clironique ilu Jorttal de horticultura pralica dudil auteur, mimcrode juillet 1873, I, III, p. 140. L'auteur ne t'y prononce pui abtolamtnt pour Tgri^ne améncaine du pbylloiirra, mais il écrit en propres ternira qu'il y a un fait |ci'lïi du vi^oblc de Gouiinhas) qui paraît prouver la vérilé de celle hypothèse : ha un ftte qiu parece provar a vtraddade da hypotheia.

Depuis lors, d'après les iisscrlium do la cnuimission d'enquéledo la Cironde, cl d'aprè)^ un article plus récent publié dans le auiiiéro du il février \S~i~> du lloniirur vinicole, I. Oliveira seoit revenu de «on ancienne opinion et penserait que le phylloxéra n'apasélé inporté en Portugal par de» ceps amériGaini. On peut douter néanmoin* que les raisoni alléguée* pour ce cHan^ment d'idéci puissent convaincre ceux qui vont au fond des chote», au lieu de se contenter d'allégation! vagues et sans valeur. Qu'y a-t-il d'élonnanl. par exemple, à ce que de 40 à 50 ceps soient morts dans la proprii^lédo H. Lopo Vaz <ta Sampaio (nous supposons que c'est l'héritier de H. Antonio de Nello Vai Sampaio dté plus haut) avant que les vig:nes américaines j fussent introduites? Combien de cause* iBtres que le phylloxéra peuvent expliquer cette mortalité \ Pour moi, je retiens cette inertion ile H. Oliveira, que des ceps américains, pris i Porto, ont été plantés en 1863 M IS&l dans le vignoble en question.

Le propriétaire afflnne que c'étaient des marcottes : donc s'il n'y a pas erreur dans U traduction, c'étaient des plants enracinés. Hais alors comment comprendre la plirasr •aivanle - ■ Le phylloxéra se tenant sur les feuilles et sur les racines, les marcotta en wnt exemptes el la maladie ne peut itre arrivée par ce moyen. ■

Uu'on n'ail pas trouvé le phylloxéra dans les vignes de Kejon ou dans les propriélé^ lie M. Deefo de Ma«!do, o-j il y a des vignes américaines, c'est très-possible. Mais, encore une fuit, les lïjtr ne<rafi/'i ne prouvent rien contre un ensemble d« ÙH^poiUift.

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plus fréquents, surtout chez les agriculteurs, on le pardoane à des paysans ignorants, mais on s'explique à peine comment une commission d'hommes instruits accepte comme arguments des renseii;;nements puises pêle-mêle à toute source et non soumis au coatrôle d'une critique sérieuse.

La première apparition bien constatée du phylloxéra en Angleterre remonte au mois de mai 186â. C'était la forme dite gailicole, développée sur les feuilles de vignes cuUivées en serre, à Hammersmilh, près de Londres. Le célèbre entomologiste Westwood, à qui cds galles furent soumises, reconnut les affmités générales de l'insecte qu'il désigna sous le nom de peritymbia vilisana. Il put, du reste, en observer bientôt les deux formes gailicole et radicicole, qui lui furent envoyées de divers côtés des graperies ou serres i raisins d'Angleterri; et d'Irlande. Bien que l'on n'ait pas noté expressément si les premiers exemplaires avaient été pris sur des vignes améiicaines, les présomptions sont en faveur de cette idée; car on sait combien les galles phylloxériques sont rares sur les cépages d'Europe et fréquents sur ceiiains cépages américains. En tout cas, la diffusion du phylloxéra dans les graperies du Boyaurae- Uni est aujourd'hui un fait hors de doute (1); c'est en même temps un argument bien puissant contre l'idée que cet insecte destructeur pourrait être originaire d'Europe. Comprendrait-on, dans ce cas, qu'il eût d'abord manifesté ses ravages dans un pays où la vigne n'est cultivée que sous verre? Cette condition artificielle est très-Iavorable à l'importation des parasites étrangers, mais par cela même peu propice à l'apparilion d'un insecte du pays, qui, indigène, au-

(1} Cela ne vciil paj dire que i'inseclc y aoil exlrèmcmeal répandu ; on peuL mâoie penser le contraire, car M. le docteur Masicrs, directeur du Garderter'i chronicte, el que cettr paiition mel en mesure de recevoir de> renseignenienU sur ce sujel de tous les poinU du Roi'aumc-tirii, écrit, à la date tlu 2i février 1871. à mon ami H. Daniel llanl>ury, qu'il n'a reçu conliJence que Je tr£i-peu de caade cette inrecUon, L'exemple luivanl qu'il eu cite mérite pourtoiil d'élrs partie uliirément signalé :

• J'ai connu, dit-il, un jardinier de Londres à qui des clients ont reproché de leur avoir envoyé, sans le savoir, celle peste du phylloxéra. Sans hésiter, il a détruit eotiércmcnt son ttock prÉcicux de vignes, en a vidé coinpléle oient sa serre, dont il a changé le lo], peint les boiseries, blanchi les murs. Ui cette fa;on il a, je crois, réussi i supprimer le fléau, au moins n'en a-l-il plus entendu parier depuis six ou sept ans que la cliose se passait. •

Je regrette do n'aioir pu consulter l'article consacré au pliylloxera des serres de lord Powerscourt, en Irlande, par le savant Berkeley. Cet article cjt conlcnu, d'après M. Uastcrs, dans lo troisiùme volume du Jounwi of tlu liorlicall. Society, Wi, p. SI (Voir aussi mémo journal, vol. IV, 1873. p. J9, toifjours d'après H. Uasters.j

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