‹ Annales agronomiquesChapitre 80 sur 221 · II!. 46 18. % ÎO.M · texte numérisé non relu

II!. 46 18. % ÎO.M

Troisièmes 2». 5

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Sixième! at.5

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Les résultats exposés dans ce tableau présentent un grand intérêt et facilitent l'explication de la différence extraordinaire constatée dans le produit obtenu des diiTérentes parcelles.

Le premier point digne de remarque est que les parcelles qui ont reçu les engrais renferment dans la première couche de terre beaucoup plus d'eau que celle qui n'a pas été fumée, mais qu'au contraire dans les autres couches jusqu'à la profondeur de l'gSâetsans doute à une profondeur encore plus grande, les parcelles fumées en renfeiment beaucoup moins que celle qui n'a pas reçu d'engrais, et qu'enfin la parcelle 14, qui a donné le rendement le plus élevé, en renferme encore moins que le n* 9; c'est ce qui apparaît surtout nettement dans l'échantillon recueilli de la profondeur de i^.ll à celle de l^.SS, puisque l'échantillon de la parcelle sans engrais renferme 25 p. 100 d'eau, celui de la parcelle n° 9 : 21,34 et celui de la parcelle 14 : 18,06 seulement.

Si nous admettons que jusqu'à la profondeur de I''3â la terre d'un hectare pèse 19 millions dekilog., ce qui nous conduirait à une densité de 1,44 pour la terre de la prairie, nous trouvons que jusqu'à cette profondeur le sol de la parcelle non fumée renferme 3610 tonnes d'eau, celui de la parcelle 9, 3430 tonnes, et enfin

inFLl'KNCe DE LA SECHERESSE DE 1870 SUR LES RBCOLTES. SS1

celui i}e la parcelle iA, 3850 tonnes seulement, c'est-à-dire que le sol de la parcelle 9 renferme 180 tonnes d'eau de moins que celui de la parcelle 3, et celui de la parcelle 14, 760 tonnes de moins que celui de cette même parcelle non fumée, et comme les plus grandes différences ont été trouvées aux profondeurs les plus considérables, il n'y a aucun doute que ces différences ne soient encore plus grandes que celles qu'accusent les chiffres précédents.

Nous reconnaissons maintenant où les plantes fumées ont pris l'humidité qui était nécessaire à leur croissance que la pluie ne leur a pas fournie; mais ici se posent les questions suivantes ; pourquoi les plantes de la parcelle non fumée ont-elles souffert plus cruellement de la s*'!cheresse que celles des parcelles fumées? Et encore poui-quoi les végétaux de la parcelle qui avait reçu les sets ammoniacaux ont-ils soulfert davantage que ceux qui se sont développés sur la parcelle qui a reçu le nitrate de soude, et n'ont-ils pas pu puiser plus complètement au réservoir d'humidilé que renfermait le sol? Pour répondre à ers questions, nous avons dû nous livrer à un examen attentif de la distribution des espèces répandues sur les parcelles en expérience, nous avons examiné en outre les racines contenues dans les tranches du sol et du sous-sol recueillies. Nous avons reconnu qu'il existait cinquante-trois espèces ^ur la parcelle non fumée (1); ce grand nombre des espèces était dû au peu

(1) MM. LawM et Cîlbert ne se «ont pas contentés, en effet, Je peser les récoltes obtenues sur chaque parcelle, ils ont vouJu encore reconnaître quelles étaient les espècaa qui dominaient suivant la n.ilurc de l'enjtrais que le sol avait Toumi.

On prenait donc un ëctiantillon de l'herbe Tauchée sur chaque parcelle, on détenninait son poids, puis on procédait à une analyse botanique très-soignée; ces analyses par espèces sont longues et pénibles, aussi no les bil-on que tous les cinq ans, mais en revanche tous les ans on sépare les plantes recollées en trois groupes : graminées, légumineuses, espècps appartenant à d'aulres familles.

Les plantes triées pour l'analjrse botanique complète qui a lieu lous les cinq ans, son! séchées, pesées, el enlln classées dans un grand casier qui occupe (ont le fond du laboratoire'de Rathamsied.

Les lignes horiianlales crirrcspondcnt à chacune des parcelles de la prairie; les lignes Terticaies a chacune des cspùces botaniques, classées d'abord en trois grandes divisions : gruninéas, légumineuses, autres espèces. On comprend dés lors que les casiers de di- Terves largeurs horizontales suivant l'abondance présumée de telle ou telle espèce, soient plus ou moins remjilis suivant qu'elle s'est développée plus ou moins bien sous l'influence des engrais employés.

Ce qui fr.'ippe d'abord quand on examine ce casier, c'est l'abondance des graminées et la rarclé des légumineuses quand le sol a reçu les engrais azotés. Ainsi quand un a ftmployé les sels amnionlacaux seuls, lUO de fnin renfermaient 88,U de graminées et Kulemenl 0,34 de légumineuses, tandis que lorsqu'on a amendé le sol avec ûes engrais

de vigueur que préaentail chacune d'elles; d'un autre côté, l'action des engrais longtemps continuée sur les parcelles 9 et iA avait réduit le nombre des espèces à 30. Dans la parcelle 3 il existait dixsept graminées, quatre légumineuses et trente-deux espèces appartenant à d'autres familles; la parcellt; 9 portait seulement quinze graminées, deux légumineuses et treize autres espèces, enfin sur U parcelle 14 il n'y avait que quatorze graminées, 3 légumineuses et treize autres espèces.

L'action des sels ammoniacaux et du nitrate d^ soude se faisait cependant sentir dans l'abondance de ces diiïèrentes espèces; sous l'influence des sels ammoniacaux, le Daclylis glomerata (dactyle), YAgrostis vulgaris {A^oslis),\e Festuca ovtna (fétuque), le Poa pratensis (paLurin) parmi les graminées, et le Rumexacetosa (oseille) parmi les autres espèces, dominent dans l'ordre de leur énumération ; tandis que sous l'influence de l'engrais minéi'al et du nitrate de soude le Bromus molUs (brome) était si abondant qu'il couvrait sans doute à lui si^ul la moitié de la prairie, le Poa trivialis (patu* rin] était aussi très-fréquent ; VHolcus lanatus (houque), le Fesluca ovina (fétuque), le Lolium perenne (Ray-Grass), le Daclylis glomerata (dactyle), l'Avenaflavescens (avoine jaune), VAnthriscussylves- Iris, se rencontrent encore sur cette parcelle : ils sont placés ici dans l'ordre de leur abondance. Tandis que les plantes que favoriseat les sels ammoniacaux ont l'babitude de pousser des racines traçantes el de former des touffes sur le sol, les plantes développées sous l'influence du nitrate de soude sont très-différentes, elles ne forment pas de touffes, mais produisent beaucoup de tiges, de façon à former un herbage régulier; en outre, leurs racines nombreuses et allongées (particulièrement celles du Brotnm mollis) , si abondant dans la parcelle 14, s'enfoncent jusque dans les profondeurs du sous-sol.

L'examen des échantillons présente de grandes différences dans le caractère du gazon, le développement des racines, la nature du

alcaling el dn supsrphosphale de chaux sans enernis azotes, les graminéei n'ont pin» reprèMnlé que 68,40 [tour 100 du poids lolal de la râcalle, mais tei îffiimineuse* lont montéet à S4.09 pour 100. La prairie cependant dans ]'61at normnl. quanJ elle n'a reçm aucun engrais, renferme environ 74 pour 100 de graminées et 6,S9 de légumfneuseai e'Mt donc bien seul l'influenae do l'engrais qite rune ou l'autre de ces j^millsi s'est d^ leloppée.

Nous einprunloni les chiffres précédents au mémoire indiqua plus haut, mais nous ■TOni pu en apprécier l'ensemble en examinant le* compartiments du casier de Rolham- Ued el en parcourant t la suite de M. I« docteur Gilbert la belle prmirie sur laquelle ont port* les expérieneai, P. P. P.

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