LIVRE XXXIV
mes^ ce qui lui permit d'aller au secours des Mouzaîa qui^ tout nouvellement soumis, étaient menacés par El-Barkani. La promptitude et l'efficacité de ce secours, accordé avec empressement à des alliés de si fraîche date, redou- Mèren); la confiance de& tribus de Tittery, Nous avons vu, 4aD9 Je» vQlumç? précédente, qu'à diverses époques ces tribus s'étaient montrées extrêmement disposées à se rallie^ ^ui^ Français, et que depuis dix ans nous les aurions eues avec nous, si noire marche avait été plus assurée et nos plans moins incertains. Elles étaient alors extrêmement foulées par leur khalifa El-Barkani, qui les obligeait de suppléer, tant en hommes qu'en argent, aux vides que laisjsaient dans ses troupes et dans ses coffres les portions de territoire déjà soustraites à la domination de TEmir. La charge devepait chaque jour plus lourde; mais elles ne pouvaient la secouer qu'en se rattachant aux Fran-<çais qu'elles avaient vus prendre et abandonner tant de fois Médéa, que craignant quelque nouvelle variation dans notre politique, elles hésitèrent longtemps à se rapprocf^er d'euï. Ëufiu, la conduite du colonel Comman ayant fait nsdtre leur confiance, elles se décidèrent à changer de parti. Soit qu'elles voulussent donner avant tout un gag§ ie leur sincérité, soit qu'elles ne fussent poussées que par un sentiment de haine contre El-Barkani, elles manifestèrent ce changement par une brusque attaque ÇQptre qe chef, qui perdit tous ses bagages dans cette af^ faire et fut contraint de s'enfoncer dans le Sahara. Les llaquara, les Righa, les Ouzra et les Hassen-ben-Ali vinrent faire ensuite leur soumission à Médéa même. Seize autres tribus firent la leur deux jours après, S5 juin, A BerQuaghia, où il y eut une réunion générale de tous avj Arabes, présidée par le colonel Comman.
Mohanimed-ben-el-Akhdar de la tribu des Oulad-Mokl tar fut le chef arabe qui parut avoir pris la part la plus (active à cette révolution. Il était neveu de Ben~Âouda- I el-Moktari, dont il a été plusieurs fois question dans les I A-finahs algériennes. Après ces heureux résultats, le 00- I lonel Comnian s'avança jusqu'à Bogfaar, tant pour appuyer le mouvement que faisait alors le général Ghangarnier dans cette direction, que pour augmenter la confiance des tribus soumises. Cette marche fut toute pacifique. Le colonel étant ensuite rentré avec sa colonne, envoya à Alger les chefs arabes qui venaient de reconnaître d'une manière si éclatante notre domination. Ils y arrivèrent le 2 juillet, et y furent reçus avec beaucoup de solennité. On forma des tribus soumises de Tittery, trois aghaliks, en imitant l'organisation adoptée par Abd-el- Kader^ savoir : l'aghalik du sud, qui eut pour agba Mohammed-ben-el-Akhdar, celui de l'est, qui fut donné à El-Akhdar-hen-el-Hadj, et celui du sud-ouest ou Tell, à la tète duquel on mil deux agbas, un supérieur ou bachagha, Ahmed-Moul-el-Oueld, et un inférieur Amar-benel-Hadj-el-Arbi.
On fit aussi des aghaliks des tribus qui s'étaient soumises au général Changarnier ; on en fit même quatre. Jje premier fut celui des Hadjoules, comprenant cette tribu et toutes celles dont elle est le centre; Ahd-el- Rhaman-ben-Thitour en fut le chef. L'aghalik de Braz, comprenant les tribus qui avoisioent Miliana, fut le second, et eut àsatête Ali-ben-Bazry-el-Kalay; le troisième ou aghalik des Beni-Zoug-Zoug, reçut pour chef BoU'Zianhen-Kouider; le quatrième enfin, ou aghalik des Aïad eut pour &gha Amer-ben-Ferhat. Tout cela n'avait, i reste, que fort peu de consistance.