LIVRE XXXIV
Vers le milieu de juillet, le général de Bar fit, au sud |et à l'est de la province de Tiltery, une promenade qui T n'eut de remarquable que la découverte des ruines d'Achir^ [.berceau des Zeiriles. Les mouvements militaires furent r; ensuite suspendus. pendant tout le mois d'août et une I partie de celui de septembre ; mais dès que les chaleurs redevinrent supportables, les troupes se remirent en campagne. Le général Changarnier fut envoyé de nouveau dans la vallée du Chélif, où il existait encore assez de tribus hostiles, pour qu'on ne pût pas considérer comme accomplie celte jonction des provinces d'Alger et d'Oran, I qui avait été le but de l'expédition du mois de mai. Ce I général, après avoir chitié, le 12 septembre, quelques I Arabes récalcitrants de la rive gauche du Chélif, revint sur la rive droite. Les Braz, qui n'étaient encore que très- I incomplètement soumis, parurent se rallier à lui. Guidé I ensuite par les Tachta, qui se soumirent également, il I marcha contre les Beni-Rached, à qui il fit éprouver quel- I ques pertes sans pouvoir toutefois les amener à la soumission. Hepassant ensuite sur la rive gauche, il vint s'établir sur l'Oued-Fodda. Voici quelle était la situation politique de la contrée où il se trouvait : les tribus dont Ël-Bagdadi avait été chargé d'offrir la soumission et qui, en effet, s'étaient soumises deux mois auparavant, ainsi que nous l'avons dit, avaient eu pour but principal dans cette démarche de pouvoir faire en paix leurs moissons. Ce travail achevé, quelques esprits recommencèrent à s'échauffer. Néanmoins, les chefs, à qui l'organisation du général Bugeaud donnait une position qui leur convenait, leur prêchant les avantages de la paix, ils étaient maintenus dans un équilibre que la moindre secousse pouvait détruire, mais aussi que la préseuce de nos troupes pouvait
J& ANNAf.ES ALGÉRIENNES.
rfaïre passer à un état complet de repos. Amer-beB-Ferath,
dont les tribus étaient le plus en suspens, comprit fort
bien la question. E[| ponséquepce, il engagea le général
.& s'avancer jusque chez les Aïad, déclarant que, sans cette
.démonstration, il lui serait impossible de rester dans son
aghalik. Le général Changarnicr, dont la mission était
' j)récisément de soutenir les nouvelles autorités, se rendit
fecilementàses raisons et se mit à remonter l'Oucd-fcdda
[ ,poqr se porter dans son district. Le 19 septembre, il fut
^Uaqué avec acharnemept, dans la partie la plus étroite
4e la vallée de cette rivière, par 3 à •i,000 Kbaïles, qui,
( i^ns mettre en péril sérieux sa petite colonne, en gênèrent
pependant la piarchc et lui firent éprouver des pertes très-
t sensibles. Le général bivouaqua ce jour-là dans la vallée
igême dont les Kbaïles cherehaieoL à lui interdire l'accès.
JiB lendemain, le combat recommença, mais avec moiqs
I d'acharneraentqucla veille. Après deux heures de njarcbe,
■ JfL vallée s'ctant élargie, quelques charges de cavalerie
déterminèrent la retraite des montagnards, dont les pertes
f étaient très-considérables. Les nôtres s'élevèrent à une
\ gpararitaitie de morts et au double de blessés. Le général
I fit ensuite opérer plusieurs courges sur les tlancs de
[ rOiienseris, d'où l'on ramena 7 à 8,000 têtes de bétail.
i 1} s'avança, après cela jusqu'à Tenict-el-IIad, et rentra,
[ par la vallée de l'Oiied-Darder, à MJliana, où il arriva
le 29.
, Pendant qu'il était en campagne sur le Cbélif, le généra} ^e Bar parcourut le pays des Benî-Menacer, et pénétra
i' "(isque chez les Gouraîa, à deux journées de marche de Jhcrchel, sans avoir eu une amorce à briller.
L'expédition du général Changarnier ayant prouvé que j^ habi^uts des montagnes de l'Oucaserls lenaieitt toi^-
fl
I^IVRE 3^XXIY. 45
jour^ pour Abd-eJ-Kader, le gouverneur géuéral résolut 4e marolier coutre eux eu personne. Mai^ il voulut aupa- X^Y^nl ge présenter dans Test de la province d'Alger, OÙ il n'avftiti pas encore parUt Cette partie du pays était toujours gouvernée, au nom de TÉmir^ par Ben-Saïemi son kbalifa de Sebaou. Les Beni-Mouça et les gens do Piacbn^ étaieut rentrés eu assez grand nombre sur leur ancien territoire çt s'élaiept ainsi remis sous notre domi- U^Pf} ; mais tout ce qui était au delà continuait à vivre
gu dehors de notre influence. Cependant gen-Salem venait
d'être aba^qdonné paf son agba, Omar-Mahiddin. Ce chef ^'étàil réuni au colonel Commap^ qui; dans le courant de
septeipbre, s'était porté deux fois sur le territoire des
Peni-golimau ?neuacé par Ben-Salem ; ce fut après cet évé^
uempRt que le gépéral Bugeaud roarcba contre ce tbalifa,
Iffi général ^e mit en mouvement le SQ septembre ; il prit la route de Hamza^ où il arrivst le 10 octobre. P^ps ce trîfjet, il détruisit deux petits forts ou bourdj aban-
àonués, ^el-Keroub et Bordj-el-Aribi, te colonel Leblond,
du 43* de ligne, fut tué auprès du premier dans une légère fusillade d'arrière-garde. C'était un officier fort
reçominandable^ qui fut vivement regretté de l'armée. En quiitjint Ham2;air ie général Bugeaud se rapprocha du
Djurdjur^ et reçut la sourois^ion des Oulad-bel-Aziz, qui oecupept les premières pentes de cette haute montagne* JiC 12, étant sur le territoire des ffe^lioua, il aperçut sur
un plateau élevé un gros rassemblement de Kbaïles au milieu desquels était Ben-Salem- Ne voulant pas l'attaquer ^^ns une position qui paraissait très-forte et ^yant cherché vainement à l'attirer dans le baS; il le dispersa ^ coups 4e c4pon. Il continua ensuite sa marche et rentra
4 Alger le J[9, paos f5ette ej^p^ditiop, le go»verpeur j3p|
44 ASSALES ALOBmUQQOBS.
pour anxiliaîie OnuF-Mahiddin^ ^ reçat phisieiirs soomisskMis qui eurent pour résultai de réUUir les rdalîoDS oommerdales entre Alger et des ocMitrées fertiles^ dmt rétat dliostîlité était, dqHÛs trois ans, très-préjodiciable aux marrhés de o^te Tille. Omar-Mahiddin fat nommé khalifï de Sebaoa, poste qa'aTait désiré loi dcmner le général Damrémont. Cependant Ben-Salem, qooiqœ bien alEûUi, se soutint dans les plas à^es nKmtagnes.
Pendant qae le goaTemeor général opérait ccmtre Ben-Salem^ le général Qianganûer paitoorait la proTinoe de Titteri. Il partit, le 13 octobre, de Médéa où il s'était rmda après son expédition dn Chélif, et alla coodier à Berou^^tÛB, le même joor. Le 14, il biTooaqoa & l'Ooed- Chair, et, le 13, à Soor-el-Djooab, oà existent des mines considérables. LatribadesDjooabetœlledesOoIad-TaaD firent leor soumission. Le 16, le général Changamier bivouaqua chez les Chdad-Meriem, qui firent paiement leur soumission après une très-courte résistance. Le 17, il arriva chez les Oulad-Fereba qui se bâtèrent de suivre l'exemple des autres tribus. Le 18, il parvint sur l'Oued- Gargour, au nord du Djebd-Dira. Les Oulad*Berkat, les Oulad-Deris et lesOulad-Seramat se soumirent. Le général contourna ensuite le Djebel-Dira, traversa le territoire des Adaoura, qui firent ce qu'avaient fait leurs vmâns, et alla bivouaquer, le âO, sur TOued-Merdjab. Il était là en vue des frontières de la province de Gonstantine, à trois journées de marche de Msilab. Il n'alla pas plus loin et rentra à Médéa le 24, après avoir ainsi firancbi les limites du Tell, qui, dans cette direction, finit au Djebd- IKra, au delà duquel le Sahara commence. Le général Changamier fut toujours accompagné d'un nombre conâdérable d'auxiliaires dans cette course, qui fit parcourir