‹ Annales algériennesChapitre 103 sur 119 · CONSTANTINE · texte numérisé non relu

CONSTANTINE

Subdivùtont, Cerelet^

tConstantine.

PbilippeTille.

Djidjeii r BÔDB.

BÔDe. 2 La Galle.

( Guelma.

978 ANNALES A{.6âRIENNGS.

Batna { »""«•

( Biskara.

Sélif.

Sélif. ! Bougie.

BouSada.

Il a été dit des choses fort étranges et fort déclamatoires sur la prépotence militaire en Algérie. Bien des gens paraissaient per* suadés que les colons, administrés par les officiers de l'armée, étaient, par cela même, placés sous le régime disciplinaire des camps et des casernes. On appelait cet ordre de choses, tout à fait imaginaire, le régime du $dbre. Le fait est que les individus de la classe civile établis sur les territoires militaire^ jouissent des mêmes garanties et des mêmes droits que ceux des territoires civils, seulement la loi leur est appliquée par de$ fonctionnaires qui portent d^autres costumes et d^autres titres. On a pu citer quelques erreurs, peut-être même quelques légers abus de pouvoir ; mais en général les colons ont eu plus à se louer qu'à se plaindre de l'administration des officiers commandant les cercles. Il est certain que plusieurs d'entre eux passés dopuis, sous l'administration ci vile,plus régulière sans doute, mais aussi plus lente et plus minutieuse, ont eu à regretter quelquefois, pour la prompte expédition de leurs afTaires, le régime qu'on leur avait fait quitter.

Au surplus, la vie cplqniale ayant eu pour sedévelopper en Algérie plus de peine qu'pn ne le prévoyait, on a cherché à s'en prendre à quelque chose, et le prétendu régime du sabre a été signalé comme une des premières causes des mécomptes. Du reste, les personnes , même les plus éclairées, qui rompaieqt des lances contre ce fantôme, ne réclamaient nullement pour les colons cette sorte d'indépendance municipale, de liberté de mouvement qui, avec des éléments à peu près de même nature que les émigrants que reçoit l'Algérie, fait lever tant de nouvelles étoiles sur le magique' pavillon des Etats-Unis d'Amérique. On n'en demande pas tant, soit que l'on pense que l'esprit limnicipal est trop mort chez nos Français pour pouvoir renaître, après les deux siècles employés par l'esprit de centralisation pour l'étouffer, soit que l'on reconnaisse que les conditions de notre existence en Algérie ne permettent pas de donner à nos colons celte liberté d'action, qui enfante tant de prodiges sur les bords du Missouri. Ainsi, la

dispute entre les partisans du régime civil et ceux du régime militaire en Algérie, ne consistant guère plus qu'à savoir si les administrateurs seront coiffés d'un chapeau ou d'un képi, la question n'offre pas beaucoup plus de gravité que celle qui séparait les Lilliputiens de leurs adversaires, sur la manière de casser les œufs à la coque.

Il existe auprès du gouverneur général un conseil d'administration dont j'ai fait connaître la composition, en parlant, dans un article précédent, du décret du 9 décembre 1848. Un autre conseil existe au ministère de la guerre, sous le titre de Comité consultalif de l'Algérie, qui en indique la nature et les attributions. Institué par décret du 2 avril 1850, rnodifié par celui du 17 décembre de Tannée suivante, il se compose de onze membres que des fonctions antérieures ou des étufles spécialf^s ont misa même d'acquérir la connaissance des besoins et des affaires de l'Algérie. Ces affaires sont élaborées dans une direction spéciale du ministère de la guerre, qui^ du reste, n'est pas le seul qui y prenne part. Le ministre des cultes et de l'instruction ppblique, celui de la justice, et ceux de la marine et des finances y mettent aussi la main j dans les limites restreintes que j'ai indiquées dans l'article précité.

Le temps des épreuves et des éducations à faire étant passé, TAlgérje et l'administration algérienne de la métropole sont désormais dirigées par des hommes de savoir et d'expérience qui rendent chaque année les fautes et les hésitations plus rares. En ce moment, le ministère de la guerre, la directipn des affairas de l'Algérie, le gouyerpement de la colonie, les çqmniandement^ (ie$ provinces sont tous remplis par d^s officiers généraux éminents, dont les noms ont passé bien des fois sous les yeux du lecteur.

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