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III

386 ANNALBS ALGÉRIENNES.

lice est presque un lieu commaoy tant ceg Daines nous y ont partout habitués. Mais c'est un hommage que je me fais an devoir de leur rendre chaque fois que leur nom se présente sous ma pluma t non pour elles, elles n'en ont pas besoin ; mais pour moi.

Bureaux de bienfaisance. Ces bureaux ont été établis en v^ito do décret du 13 juillet 1849. Il en existe à Alger, Blida, Gonstantine, Bône, PhilippeyiUe, Oran et Mostaganem.

Dépôt de mendicité. Il est pénible de penser que la oiendidté, cette lèpre des vieilles sociétés, s'est reproduite, en Algérie» au sein de la nouvelle société européenne qui cherche à s'y former. Le nombre des mendiants européens était devenu si considérable, qu'au mois de juin 1852 l'administration crut devoir ordonner la formation d'un dépôt de mendicité dans la ville d'Alger. Du reste^ il suffit, disent les documents ofQciels, de l'ouverture de ce dépôt pour faire disparaître les mendiants comme j^ <iiehantement.

Mont'de-Piété. Le Mont-de-Piété d'Alger, créé par arrêté du 8 septembre 1852, n'a pu être ouvert que le 1*' juillet 1853. Avec un actif de 250,000 fr., dont la majeure partie provient d*ane avance accordée par la caisse locale et municipale, 11 avait fût, en six mois, 3»8i9 prêts s'élevant à la somme de 197,138 fr., ce qui fait une moyenne de 51 fr. 63 c. par prêt.

Caisses de secours mutuels. — Trois de ces établissements existent à Alger, Oran et Gonstantine, en vertu d'un décret du 13 décembre 1852. Voici ce qu'en dit le ministre de la guerre dans un Rapport récemment publié :

« Je n'ai pas besoin de rappeler ici le principe sur lequel re- « pose cette assurance mutuelle contre la misère dans la vieil- « ïesse, contre la pauvreté de la veuve et de l'orphelin après la « mort du chef de la famille ; il me sufûra de dire que ces asso- « dations ont pour base deux sentiments qu'il importe surtout « de développer au sein d'une population coloniale : la pré- « voyance et Ja bienveillance réciproque. Ces deux mobiles de « toute moralisation et de tout progrès dans les classes ouvrières t faisaient défaut à la colonisation algérienne, qui s'était insen- « siblement accoutumée à compter sur l'administration beaucoup « plus que sur elle-même. »

( Orphelinats. '— Un ecclésiastique appartenant à une eorp<»r*-

tfon célèbre à divers titres, le Père Bmmaalt , de la compagnie de Jésus, créd> il y a quelques années, à Ben-Aknoun, entre Alger et Dely-Ibrahîm, une maison de refuge et d'appreniîssage pour les orphelins, malheureusement assez nombreux, proyenant de$ premières colonies. Cet établissement dut à la charité privée 8a naissance, et au zèle éclairé du P. Brumault un développement auquel l'administration contribua puissamment par une subvention mensuelle de 21 fr, 50 c. par enfant, plus 60 fr. de première mise. Un établissement semblable, dirigé par le même ecclésiastique» fut créé à Bouffarick, dans Tancien camp d'Erlon, concédé à cet effet au P. Brumault, ainsi qu'un lot de terre considérable, par décret du 16 août 1851. Par uq second décret du même jour, rancien camp de Miserghin, près d'Oran, fut concédé de la même manière et dans le même but à M. l'abbé Abraham; enfin, par décret du 26 juillet 1852, le camp de Aledjez-Hammar, dans la province de Gonstantine, fut concédé k des conditions analogues à M. l'abbé Plasson (1) : enfin un orphelinat, fondé par les protestants en 1844, a été établi en 1852 dans l'ancien camp de Dely-lbrahim. Des traités ont été passés entre l'administration et les directeurs des orphelinats pour régler le régime, la pension et l'éducation des élèves. Ceux-ci reçoivent l'enseignement agricole ou celui d'une profession se rattachant à l'agriculture; le gouvernement paie pour eux 90 c. au*des$ous de dix ans, époque avant laquelle ils ne sont employés à aucun travail manuel ; 80 c. pour ceux de dix à quinze, et 50 c. pour ceux de quinze à dixhuit. Au-dessus de dix-huit ans, le travail des orphelins couvre les frais de leur entretien; à leur majorité, qui est l'époque de leur sortie, ils reçoivent 100 fr. de l'établissement. En 1833, le département de la Seine a confié plus de 300 enfants aux orphelinats de l'Algérie ; celui de la Charente-Inférieure en avait, d'après les derniers états, 27 h Medjez<Hammar. Mais le ministre de la guerre, dans le Rapport déjà cité, semble ne pas espérer que cet exemple soit suivi. Les administrations départementales se

(1) La fondation de Forpbélinat de Medjez-Hammar est due à l'abbé Laod-

sont arrêtées, dit-il, devant une question de dépense ; cependant cette innovation, comme le fait fort sagement observer le ministre, pourrait avoir des résultats d'une utilité con»dérable pour la France elle-même.

Un orphelinat pour les filles est établi k Mustapha, près d'Alger ; les sœurs de Saint- Yincent-de-Paule Tadministrent par régie au compte de l'Etat : à Oran et à Gonstantine, les orphelines et les jeunes filles abandonnées sont confiées par l'administration aux sœurs Hospitalières, moyennant une subvention mensuelle. Les dames du Bon-Pasleur ont à El-Biar, près d'Alger, une maison où elles ouvrent un asile aux jeunes filles abandonnées, dans un but moral que le public a très-nettement indiqué en appelant ce pieux établissement la Maison des Préservées. Cette maison a Hé fondée en dehors de l'administration, qui cependant y entretient quelques jeunes filles.

Une maison, sous le titre de Maison de la Sainte^ Enfance^ a été fondée à Kouba, à l'époque du choléra de 1850, pour les jeunes enfants délaissés, que leur bas âge ne permettait pas de recevoir dans les orphelinats. L'administration l'a prise sous son patronage ; mais elle doit le jour à l'initiative des sœurs de Saint- Vincent-de-Paule.

mSTRXICTION PUBLIQUE.

Les écoles françaises et Israélites sont, en Algérie comme eo France, dans les attributions du ministre de Tin struciion publique, depuis 1848; mais les écoles musulmanes sont restées dans celles du ministre de la guerre. Nous ne nous occuperons que des premières dans cette section.

Le lycée d'Alger est le seul établissement d'instruction secondaire que possède l'Algérie. Il est parfaitement organisé et tenu ; il comptait 230 élèves en 1851.

Le nombre des écoles primaires s'élève h 230, présentant, d'après les derniers documents officiels, 12,766 élèves, dont 11,129 garçons et 1,637 filles.

L'enseignement supérieur ne consiste qu'en trois chaires d'ar;ihc vulgaire cl litlérai éiabljes à Alger , Oran et Gonstantine, J'ai le regret de dire que ces cours, guère plus fréquentés que

ceui du Collège de France, ne réuuisseot à eu& trois qu'une soixantaine d'auditeurs.

La par lie du service qui relève dû ministre de l'instruction pu* blique a pour chef le recteur de TAcadémie d'Alger, créée par application de la loi du 15 mars 1850* Le recteur est assisté d'un inspecteur d'Académie ; il y a de plus un inspecteur de Tinstruction primaire pour la province d'Alger, et deux sous-inspecteurs pour celles d'Oran et de Gonstantine*

Les établissements scientifiques de l'Algérie sont la Bibliothèque et le Musée d'Alger, et un Musée d'antiques à Gherchell.

Les travaux de la Commission scientifique créée en 1839 ont été successivement publiés et présentent en ce moment une collection importante et variée (i).

(l) Cette collection se divise en trois sections, la première comprend les sciences morales et la géographie : la seconde les sciences physiques ; et la troisième les beaux arts. Les ouvrages de la première section sont les suivants : .... ....

I. Étude des routes tuiviet'par les Arahet-ûins la partie méridionale de l'Algérie et de la régence de Tunis/ pour servir à- l'établissement du réseau géographique de ces contrées; par E. CarettO', capitaine du génie, membre et secrétaire de la Commission^ 1 grand vol. in^8, tivee une carte.

II. Reeherehet sur U géographie et le* commerce de l'Algérie méridionale ; par M. E. Carotte, accompagnées d'une notice sur la géographie de l'Afrique septentrionale et d'une carte,- par M. Renou, membre de la Commission. 1 vol. 111-8, avec S cartes sor pépier de Chine. -

III. Reeherehet tur Vorigine et les migrations des principales tribus de PAfrique septentrionale et particulièrement de l'Algérie ; par E. Carotte, chef de bataillon do génie, etc. i vol. in~8.

lY et V. Recherches sur la Kabylie proprement dite, par E. Carotte, capitaine do génie, membre et secrétaire de la Commission scientifique d'Algérie, t vol. in-8, avec une carte de la Kabylie.

Yl. Mémoires historiques et géographiques, par E. Pdlissier, membre de la Commission, consul de France à Souça.

YII. Histoire de V Afrique, par Mohammed-el-Eeïroani ; traduite par HM. PelUssier et Bémusat. l vol. grand in-8.

YIII. Voyages dans le sud de V Algérie et des États barbaresques de l'ouest et de l'est, par Al -Aliachi-Moula-Ahmed, traduits par M. Adrien fierbrugger, membre de la Commission, l vol. in-8.

Il se publie en Algérie plusieurs journaux, dont le plus ancien est le journal officiel ou Moniteur algérien^ qui paraît tous les cinq jours. Viennent ensuite : 1® UÀkhbary qui paraît trois fois la semaine ; 2® le Stobacher^ journal arabe-français publié par les soins de Tadministration militaire, et paraissant deux fois par mois ; 3° VAfricainy la Seybouse, le Zeramna et VEcho d'Oràh^ journaux hebdomadaires publiés à Constàntine, Bone, Philippeville et Oran.

POFnLATIOn EUROPilENRfi BT COLONlSATIOlf.

D'après les documents officiels publiés par radministfation, la population civile européenne s'élevait, au 31 décembre 1833, à 133,192 individus. En voici la répartition par province s

Alger 68,440

Oran 41,464

Gonstanline. .« •• 89,188

Par nationalité : i^^

Français t • • • 74,658

Espagnols 86,615

Italiens 7,575

Maltais 5,966

Allemands 4,663

Suisses • • 1^656

Anglais et Irlandais > 450

Belges et Hollandais. • « • • . 455

Portugais • . 838

IX. Reeherehet géographiques tur h Maroe^ par M. Renon, membre de la Commission scienliGque ; suivies du Traité avec le Maroc, d'Itinéraires et de Renicignemenls sur le pays de Sous et de renseignements sur les forces de terre et de mer et sur les revenus territoriaux du Maroc, i vol. in-8, avec une tarte du Maroc.

X à XV. Précis de jurisprudence musulmane^ ou Principes de législation musulmane civile et religieuse, selon le rite mâlékite, par Khalil-ibB-Isk*afc| traduit de l'Arabe par M. Perron. Paris, 6 forts Tolumes grand in-8i

XVI. Description de la régence de Tunis, par E. PdUsiier» memiwe de la Commission. I toI. in-8, ayee une carte.

Polonais aes

Grecs 68

Divers 69S

Par sexe :

Hommes « , 48,407

Femmes 37,457

Enfants 47,268

Ces indications nous font Toîr : 1^ combien est peu ayancé encore le peuplement européen de l'Algérie -, 2^ que les Français y sont maintenant un peu en majorité sur les étrangers, dont le nombre dépassait encore le leur à l'époque où s'arrêtent les Annales algériennes ; 3^ que le nombre des femmes y est encore inférieur à celui des bommes ; ce qui maintient entre les naissances et les décès, parmi les Européens, une disproportion dont quel** qnes personnes se prennent h tort au climat (!)•

A ce chiffre de 133,192, le document officiel à qui nous l'empruntons ajoute 3,186 individus provenant des hospices, prisons, orphelinats, maisons d'éducation, etc., plus 3,000 transportés politiques, triste produit de nos dissensions intestines ; ainsi, la population totale européenne, tant active que passive, est de 136,378 individus. Dans ce nombre, la population agricole ne compte que pour 32,080 personnes, malgré les sacrifices énormes qu'a faits le Gouvernement pour implanter cet élément en Algérie.

Il serait sans intérêt de reproduire ici la liste des nouveaux centres de population créés en Algérie depuis que nous la possédons; j'en al donné ailleurs les noms, l'origine et la position. Je ne donnerai ici que la population des villes de quelque importance.

Alger. — 43,878 habitants, dont 30,403 Européens, et 18,475 indigènes.

J^ZtcTa. — 8,619 habitants : Européens, 4,204; indigènes, 4,415. Colêa.- 2,175 habit. : Europ., 876 ; indig.^ 1,299. Médéa.-- 6,1^0 habit. : Ëurop., 1,176 ; indig., 4,974. MiUatuL — 4,329 habit. : Europ., 1,385 ; indig., 2,944.

(i) Yojts le livra XU.

3BS ANNALES ALGERIENNES.

Orléanivitl*. — 1,366 babil.: Europ., 998 ; iadig., 368.

r«wï. — 2,585 habit. LEurof.., 1,385; iiidif., 1,201.

CAercAW. — 2.587 habit. : Europ., 1,119; iudig. 1,468.

DellU. — 1,755 babil. : Europ,, 471 ; indig., l,28i.

Oran. — 30,258 bib}l. : Europ., ^^528; intlig., 7,730.

Mottaganem. — 9,147 tabit. : Enrop-, 5,720; indig., 3.427.

Mascara. — 4,915 hablL; Europ., 1,705; indig., 3,210.

TUmetn.— 14,165 babil. : Europ., 2,8^; iodig.. 11,273.

CoiM(an(ine. — 23,308 habit.: Europ., 2,364j indig.. 20,944.

Bâtu. —11,675 babil. : Europ., 7,740; indig., 3,935.

PIUtippeville.—9,i&îb2bH.: Europ., 7,863; indi);., 1,^9.

Bougie. — 1,8.W babil. : Europ., 1,477; indig., 361.

On a TU ci-dessus que la populatioa agricole européenne ii'esl que de 32,000 individus ; c'est tout ce qui constitue l'élénieot véritublemenl colonial. Ces travailleurs sont disséminés dans les divers villages et dans les banlieues des villes, cultivant les lois qui Itsur ont été concédés ou qu'ils oui acquis, ou bien sont employés dans quelques grandes eiploilaLions qui ont survécu par-ci par-lb èladéb&cle des premiers essais. On cite, parmi les grandes explaitaiions de la province d'Âiger, celle de M. Borelly-Lasapie, à Suuk-Âli, prèsdeBoulTarik; celle de H. Billon, sur l'Oued-Corso, et celle de H. Bastide, ï Beni-Mou^A, près de l'Ârba. Ce demiera eu le premier prix d'intelligence agricole il l'eiposilion de 1853, Ht comme il en de plus avocat à Alger, il est i croire qu'il réserve pour le barreau une partie de ses facultés, ce qui ne rend que plus remarquable l'emploi du reste. Au surplus, les entreprises de spéculations agricoles que j'ai vues briller un instani, puis échouer en Algérie, les noms que les annales agronomiques ont recueillis une année, et qui sont tombés dans l'oubli l'année suivante, m'ont confirmé dans l'opinion que j'ai eue dès le prinl'ipe, que le sol africain demande â être démocraiiquemenl exploité par des cultivateurs propriétaires, là où il ne l'est pas par l'espèce de communisme agricole des Ârubes (1).

(0 N'ijgnl pas risilé l'Algérie depuis lets, je n'ei cessé dans ces derniers lem|is de deminder soi amis fctairés que j'y li laissés, des reDenigoemeiiU al mime uea apprécitUona, itln de œoitilicr, s'il j siait lieu, mea preDÛArea o|ii-

Petii-ëlre la Compagnie genevoise, qiii witipn eti c<- moment i t^iieaiion publique, est-elle desiinée !i réussir daos une carrière I «A d'autres ont échoué ; il est certain qu'elle préBente des garan- " SB de succès, et que le GouTernemeDi s'est armé de sages prècau- I tions. Cette vaste entreprise élaat toute nouvelle, je ne puis mieux Wj» faire connaître au lecteur qu'en meltant sous ses yeux ce qu'en I Atle ministre delà guerre dans un récent Rapport déji cilè :

t Une teniaiire iraporiante pour le peuplement et la mise en I <■ culture du pays a été raite en Algérie pendant l'année 1853, je I « veux parler de la Compagnie qui s'estrondée sous le patronage r * de plusieurs des hommes les plus considérables de la Suisse,

■ pour la colonisation des environs de Sélif par des émigranls « suisses.

K Permettez-moi de m'arrêler quelques instants sur celte cn-

l!» treprise, qui me parali destinée à trouver des imitateurs.

- ■ Jusqu'au décret du 26 avril 1853, qui a fait concession it ta

> Compagnie genevoise de 20,000 hectares dans les environs de

• Sélif, l'Etat avait été pour ainsi dire le seul entrepreneur de co-

■ Ionisation en Algérie. La connaissance imparfaite du pays, le « défaut de sécurité qui, dans les premières années, devait éloi-

■ gner les capitaux prives, tout contribuait à effacer et ^ absorber

■ l'initiative individuelle à qui la France est redevable de tant de

■ grandes entreprises.

!, auxquelles ja ne tiens q n'a ot»Dt que ]b coclioue à les croire fan.léïs a raison et la térilé. Or toici, sur la eolonisalioû, ud pasaoee cl'ano lettre août de cette année, étrile par ud homme, connu eD France comiue en I Algérie, par sea ssioir et sa haute intelligence :

■ l'augurB bien de la co Ionisa lion européenne qoi est enfin enirée dans sa

P« vérilable «oie. Le pli» beau liHoge des environî, eelni du Port de l'Eav,

lit lins subaides olQciels. Son aucc&s a pronië qu'aiee île bous êlé-

[ ■ ments de populalion on peni résondre le prabltme. Ce que Je dis do la colo-

in doit B'enleadre des pdili colom et tout au plu? di>9 mojens. Les

■ grandi propriélaires se ruinent en général , s'ils (ont autre rlio>^c que louar

[ • dcttarrvt aux trataiilmàri. La main-d'Œurre est encore trop chère, et il

a de réussite que pour celui qui fait tout par lul-niènie.ii

Le >illage du Tari da l'Eav a ^té fondé par des cutlitateurs uabunnais,

la nieilleure espèce de colom que nous ayona en Algérie.

« Le moment est arrivé où cette situation anormale doit cesser.

« Aux termes des conventions intervenues entre l'Elat et la « Compagnie genevoise, les 20,000 hectares affectés à la^coloni- « saiion de Sétif sont divisés en dix sections de 2,000 hectares « chacune. Sur chaque section^ la compagnie s^engageà faire cona struire un village de cinquante maisons, sans pouvoir bénéfi- « cier sur le prix de la maison, qui ne peut s'élever au-dessus de « 2,000 francs.

« L'Etat abandonne à la Compagnie le choix des colons ; mais, « avant de les diriger sur les villages dont les travaux d'utilité sont « seuls à la charge de mon département, elle doit avoir reçu au « moins la moitié du prix de leur maison, et, en outre, un dépôt « de 2,000 francs qui est versé entre les mains de l'Etat pour être a ensuite rendu aux colons au fur et à mesure de leurs besoins.

<c De cette manière, chaque famille trouve^ en arrivant, ant « maison construite ; elle peut immédiatement se mettre aa tra- « vail, et le dépôt de 2,000 francs qu'elle a effectué assure ton « existence jusqu'à la récolte suivante.

« Deux ans avaient été accordés à la Compagnie genevoise pou? « commencer les travaux des dix villages qui doivent être achevés « en dix années, et cependant huit mois s'étaient à peine écoulés « depuis la signature du décret de concession par Votre Majesté, « qu'un premier village était non-seulement construit, mais en** <c core entièrement peuplé ; un second village était en voie d'exé- « cuiion, et sous l'influence de renseignements fournis par les « premiers colons arrivés, les demandes adressées à la Compact gnie par des familles réunissant toutes les conditions voulues <c devenaient tellement nombreuses, qu'elle se voyait dans l'obll- «c gation d'en rejeter un grand nombre.

«c Le succès qui a couronné cette entreprise paraît avoir déter- « miné plusieurs compagnies tant françaises qu'étrangères, à sui- « vre l'exemple de la Compagnie genevoise. Combien ne serait-il « pas à souhaiter, cette première expérience faite, que l^ con- « seils généraux reprissent un projet sur lequel mon départements « de concert avec celui de l'intérieur, avait appelé leur attention, « à savoir : la création de villages départementaux peuplés par « des habitants d*uD même département, et portant te ttom de ce « département. >

« La réalisation d'un semblable projet, exécuté avec ensemble, « serait digne de la France et aurait des résultats aussi profitables € pour la métropole que pour l'Algérie (!)• »

Le service spécial de la colonisaiiori est fait par treize inspecteurs dits de colonisation, répartis dans les trois départements.

Se rattacbe essentiellement au service de la colonisation celui des opérations topographiques qui n'est autre que le cadastre dont il est parlé au livre XXVIII des Annales algériennes, et dont Torganisation a été modifiée par arrêté ministériel du 2 janvier 1846. Ce service se compose d'un cbef par province, assisté d'un certain nombre de triaugulateurs et de géomètres arpenteurs.

Il existe dans les quatre ports de débarquement de l'Algérie, «avoir, Alger, Oran, Bône et Phîlippeville, des dépôts d'émigrants tA les petits concessionnaires, les ouvriers des villes et des champs trouvent^ à leur arrivée dans la colonie, un asile moioientané. Ils y sont logés et nourris pendant quatre ou cinq jours. Ces dépAts reçurent en 1851 plus de 13,000 émigrants.

H)P!JLATIOK ST ADHmiSTAAtlOil HmtGÈNÉ.

D'après le dernier recensement fait par ieâ bureaux arabes, la population indigène de l'Algérie s'élevait» en 1851, à 3,323)865 ftmes, et se partageait ainsi qu'il suit :

(I) Dans une lettre qui m'a été éerite de Sétif, ee troute le passage eui- VlDt sur la CtmpagKÎê g^^êvoise : « A Sélif, eii je n'ai eneore séjourné que six •BBainei^ neue eipérimentons les colons suisses. Ceux-ci me paraissent eToir « des chances de snccès. Un yillage de 90 feux existe déjà, formant une po- « pnlation de 300 individus de bon alei, suffisamment aisés et en louables « dispositions. Quatre Tillages semblables sont en construction et doivent être « achevés et peuplés à Tarrière-saison. Ces Suisses se livrent à des cultures « perfectionnées, è Télèye du bétail, è la confection des fromages et autres « industries domestiques. Toutefois les premiers venus n^ont pu jusqu'ici à hrt% que dn jardinage et louer leurs lots de lahour aius Arabei, »

Cette location faite par des Européens à des Arabes de terres prises I ceuxtf est Mie thèse fâcheuse , parée qu'elle ressemble à an impOt institué en fMt de ftitieillietft. Û ne fant pas se éssiskikr que oeU iUt aottVeot hin MÉkmrifletMi ta îaàiiMi*

ProTince d'Alger 756,267

ProTince d'Oran 466,167

ProTince de ConaUntine i, 401,431

Total. . . • • • 9,393.8S5

Dans ce chiffre, la popalatîon saharienne compte pour 480,768 individus.

Telle est la masse d'indigènes en face de laquelle doit se développer la population européenne, qui est avec elle dans le rapport de 1 à 20 dans ce moment.

Les kaids on chefs des tribus Indigènes sont placés sons les ordres des commandants militaires des provinces, subdivisions et cercles, soit directement, soit indirectement, au moyen d'un fonctionnaire intermédiaire indigène qui groupe sous sa main on certain nombre de tribus, et qui est, selon son importance, ou un agha, ou un bach-agha, ou un kbalifa. Ces grands chefs nous ont été fort utiles dans les premiers temps de nos conquêtes inté^ rieures ; mais à mesure que nos établissements se développent, et que notre autorité se consolide, ils deviennent moins nécessaires. Aussi le nombre en diminue successivement, et les kaids placés sous leurs ordres entrent dans la classe de ceux qui obéissent directement à nos chefs français de circonscriptions territoriales.

Il eiiste, ou il existait à la date du dernier rapport publié par le ministre sur cette matière, dans la province d'Alger, trois khaliCas, cinq bach-aghas et vingt-aghas ; dans celle de Constantine, trois khalifas, un agha et trois grands dignitaires, qui, sans avoir le titre de kalifa, en ont le pouvoir, et qui sont le chef de Ferdjioua, celui de Nemencha et le petit prince de Tugurth ; dans la province d'Oran, trois khalifas et vingt-deux aghas. Beaucoup de chefs arabes reçoivent des traitements fixes de l'Etat. Cet article de dépense, qui s'était élevé à 450,000 francs en 1847, n'a été que de 300.000 en 1851. Les khalifas touchent un traitement annuel de 12,000 francs, et ont des droits proportionnels sur la perception des impôts et des amendes. Ceux de la province de Goiutantine n'ont pas de traiiemeni fixe, mais ils perçoivent des droiis plus forts. Les bach-agha touchent 5,000 francs, et ks agh is, divisés en trois classes, 1,200, 1,800 ou 3,000 francs fak»

la classe. Les kaîds n'ont pas de traitement ; ils perçoivent des droits locaux.

Les agbas, bach-agha et khalifas sont nommés par le ministre de la guerre, et les kaîds par les généraux commandant les provinces.

Les commandants militaires des circonscriptions territoriales exercent leur action sur les indigènes par le moyen des directions et des bureaux arabes, la plus utile des créations qui ait eu lieu en Afrique depuis que nous y avons mis les pieds. Ce que nous en avons dit dans les ilnna^e; doit avoir fait connaître au lecteur le mérite de cette instituiiou, qui a prouvé que l'on peut trouver dans tous les rangs des officiers de notre armée, des bommes éminemment propres au gouvernement et à l'administration des pays conquis. Il existe une direction des affaires arabes par province, un bureau de première classe par subdivision, et un bureau de deuxième classe par cercle.

Nous retirons des Arabes l'impôt et le service militaire ; l'impôt est de trois sortes : Vachour, ou dîme sur les récoltes ; lHizeUat, qui.est l'analogue de Tacbour sur les troupeaux; b lezma^ qui est la oontribution payée par les tribus du Sahara, et quide temps immémorial est considérée par elles comme le prix de la liberté du commerce avec le Tell. Ces trois sortes de contributions sont évaluées et payées en argent, quoique l'achour et la zekat soient, dans leur origine, des impôts en nature. La base de l'achour est la valeur d'une mesure d'orge et d'une mesure de blé par zouidja ou djeba, mesure agraire du pays. Uhokory qui est surtout connu dans la province de Gonstantine, n'est pas, à proprement parler, un impôt ; c'est le prix (le la location de la terre, qui est en très-grande partie domaniale dans cette province. Il est fixé à 25 fr. par djeba (10 hectares). La même mesure agraire supporte aussi 25 fr. pour l'achour dans cette province^ plus 5 fr. pour le droit du kaîd. Ainsi, If s terres labourables sont grevées de 55 fr. par 10 hectares daus l'est de l'Algérie; mais puisque rhokor est le loyer de la terre, ne le comptous pas comme charge fiscale, et boruoos-nous aux 25 fr. de Tachour, ce qui donnera 2fr. 50 c. par hectare pour la contribution foncière, qui est en France de 2 fr. 47 c. ; on voit qu'il y a peu de différence.

Les Arabes ne sont point encore soumis à la loi du recrute-

ment de Tarmée ; ceux qui serrent dans ses rangs le font k titre d'engagés volontaires, dans les corps réguliers spéciaux ^ l'Azérie, tels que spahis, zouaves, tirailleurs indigènes. Nous avons, de plus, les spahis irréguliers, qui forment ce qu'on appelle le makh' zen dans chaque centre d'administration arabe. Enfin, les tribus soumises sont tenues de faire marcher leur goum^ ou corps de cavalerie, lorsqu'elles en sont requises.

Les populations indigènes des villes et des villages des territoires civils sont administrées par les autorités civiles des départements ; cependant les différences dé mœurs, de langue, d'habitudes et de besoins y ont empêché qu'elles ne fussent complètement assimilées à la population européenne. D'abord, tout ce qui concerne le culte et les écoles des Musulmans est resté, comme nous Tavons déjà dit, dans les attributions du ministre de la guerre, sans que celui des cultes et de l'instruction publique ait rien à y voir. On compte, en Algérie, 1,569 mosquées, dont 75 sur le territoire civil $ 5 de ces mosquées ont été construites 60US l'administration française, à Philippe ville, Deliys^ Sétif, Baina et Guelma^ les trois premières aux frais de l'£tat, et ts deux dernières aux frais des tribus.

L'instruction publique tient de si près à la religion chez les Musulmans, que chercher à la modiOer dans l'intérêt de notre politique et pour la propagation des idées qu'il nous convenait de répandre, parut longtemps une entreprise irès-délicaie. Cependant, comme il n'y a pas, à vrai dire, de clergé musulman; que les ministres des mosquées, employés amovibles, sans caractère indélébile, en quoi ils difièrent essentiellement de nos prêtres, sont, à regard de l'autorité politique, dans une dépendance incontestée, il n'y avait pas à craindre de ce côlé une opposition bien tenace. L'obstacle ne pouvait venir que de la répugnance des familles, et quelquefois de leur apathie. Ces difûculiés ont été vaincues en grande partie par les décrets du 14 juillet et du 30 septembre 1850, qui ont organisé Tinstruciion publique des indigènes. Les écoles primaires arabes-françaises établies dans plusieurs villes par le premier de ces décrets vont assez bien ; elles ont chacune un directeur français et un adjoint musulman. L'instruction y est gratuite, et de plus des récompenses en objets utiles, tels qu'efléts d'habiilementy sont données par l'administration aux élinê l8f

plnsméritaDts; enfin les écoles sont placées soos la surveillance d^un comité dont le muphti et le cadi font partie, ce qui éloigne chez les parents toute crainte de propagande religieuse. Les trois écoles supérieures ou medressas instituées à Gonstaniine, Médéa et Tlemceny par le décret du 30 septembre 1850, sont dans une position très- satisfaisante.

Les écoles de filles sont certainement une innoTation heureuse chez les Musulmans ; Tadministration en a fait des écoles du Gouirernement par le décret du 14 juillet 1830 ; mais ce n'est pas à lui qu'en appartient Tinitiative ; elle est due à une Française, madame Luce, qui forma à ses risques et périls le premier établissement de cette nature, lequel reçut, du reste, des encouragements efficaces de M. le comte Guyot, qui était alors directeur de l'intérieur.

D'après les documents officiels les plus récents, 600 élèves fréquentent les écoles musulmanes du Gouvernement ; il y a de plus, dans les villes, plusieurs écoles libres du premier et du second degré, sur lesquelles l'administration française prend action en distribuant des gratiûcations aux maîtres qui se sont distingués par leur zèle et leur bonne conduite. On avait compté dans les tribus, en 1852, jusqu'à 1,572 écoles fréquentées par plus de SO^OOO élèves. De ces écoles, 1,145 étaient du premier degré et 425 du second (1).

L'assistance publique étend, en Algérie, sa sollicitude sur les indigènes comme sur les Européens ^ des asiles spéciaux ont de plus été ouverts à leurs malades et aux vieillards indigentSi à Constantine et à Alger.

On sait que, d'après les dispositions du décret du 9 décembre 1848, les tribus ou fractions de tribus à tente, c'est-à-dire non sédentaires, quoique vivant sur le territoire civil, sont adminis- .trées par l'autorité militaire ; c'est ce qu'où appelle les enclaves,

(l) Je venais d'écrire ces lignes sur l'enseignement publie des indigènes, kreqne je reçus la yisite d'un de mes plus anciens amis, le général Montau- Imh» eofliUDpandant la subdi?ision de Tlemcen qui, pour preuye des progrès parles jeunes Arabes, me montra une lettre fort bien tournée que lai eai notre langue, le fils d'an bacb-agha» élève de Técole de cette TiUe« |p

qui présentoot nae populatioa de 17,(Mk) àmesi seulement dans.la Metidja. Il est question en ce moment de rattacher cette popalation au département d'Alger ; mais> comme on reconnaît que ses habitudes s'opposent à une complète assimilation, on cherche, pour pouvoir le faire sans inconvénients , un tempérament que l'on paraît avoir quelque peine à trouver.

Il existe, du reste, depuis quelques années, chez les Arabes, une disposition très-marquée à s'attacher au sol par des consiriictions permanentes. D'après les indications fournies par un Rapport du ministre de la guerre sur ce sujet, les maisons construites par eux en dehors des villes s'élevaient, en 1850, à 2,241 , présitntant un capital engagé de 2,528,846 fr. Il y a toute une révolution sociale dans celte substitution de la maison à la tente, révolutiou que les administrateurs de l'Algérie encouragent par tous les moyens possibles, mais qui ne peut être encore que bien partielle. Il y aurait de la témérité.à tout attendre de la génération actuelle. G'e&t beaucoup de l'avoir mise à peu près sur la voie i le reste est une question de temps et de persévérance. Le temps ne manque jamais à un peuple; mais malheureusement la persévérance nous aquelquefois fait défaut.

En attendant que les Arabes se soient partout flxés au sol par des habitations permanentes, chacun peut reconnaître que, tels qu'ils sont, ils forment au bout du compte le véritable élément producteur de l'Algérie (1). Je crois devoir mettre sous les yeox

(1) Voici ce que m'écrivait récemment on de mes vieux amis d'Afriqoe, à qui j avais demandé quelques renseignements sur l'état actuel de la colonisatiuD. Après avoir répondu à mes demandes, il ajoutait : « Au bout de toot (c cela, croiriez-vous une chose, c'est que depuis que j'ai un peu parcouru Ja « province de l'Est, je ne vois plus la nécessité de tant amener dans ce pays « ûe coloDs d'outre-mer. Les cultures arabes sont admirables. Quand on tra- « verse les environs de Sétif, les piames desAbd-el-Nour, les Azel deCoD»- « tantine, on est forcé de s(; dire que jamais la main d'oeuvre earop^naene « fera mieux. Voici bien ces greniers de la vielle Borne si fort rabâchés. Qoe « gagnerons-nous à la transformation? Dfs prix plus élevés, des tei|)piMif|l « fâi'heux, des insurrections et des remords de conscience. Maisjj^éil-tt I a opinion qui sent encore le fagot pour le quart d'heure. Aussi *'" *"

^»ii

duleclcnr, ^ ce sujet, un passage remarquable d'uD Rapport sur les euclaves de la Méiidja, faîl, par le général Charon au comilc consultatif de l'Algérie, dans la séancedu? juin 1853, Voici commenl s'exprime cet oFilcier général, qui a clé en pusilion de voir liant de choses dans l'Algérie, qu'il a gouvernée peudant deux ans, l^ès y avoir été longtemps chef du génie militaire :

■ Si cependant on examine attentivement et avec impartialité

la situation de l'Algérie, si l'on apprécie à leur véritable valeur

« les progrès de notre éiablisBemeni colonial, ouest conduite re-

■ connatirc que, du c6té de ce peuple (les Arabes], sont les resirces réelles, l'élément essentiel de cette civilisation ([ui est le

m but et doit être le prix glorieux des efforts de la France et des sacrifices qu'clles'imposc. Une population européenne, oùl'élé- U ment franc ;iis domine h peine, et qui n'a pas encore atteint W 140,000 âmes, est disséminée sur toutes les pariiesde ce vaste ler- M ritoire algérien. Le plusgrandnombre habite les villes; la portion. !«Traimeniûiedecetlepopulaiion compte à peine de 20 à 35,000 le individus, qui forment aujourd'hui tout son contingent agricole: ' c'est tout ce qu'a pu produire «ne possession de viugt-lrois années, restreinte, il est vrai, dans l'origine et soumise à toutes les « vicissitudes de la guerre, mais paisible et assurée déjà depuis « longtemps. DJra-l-on que le peuplement peut se faire plus rapide-

■ ment? Mais, d'abord, il n'y a pas d'accroissement naturel dans la a population européenne transplantée en Algérie ; l'expérience

I« prouve malheureusement que le climat dévore encore aujour- « d'hui plus qu'il no produit. Quunt à l'immigration, elle est lente m dans ses progrès et limitée d'ailleurs par la force des choses. ■ L'Algérie, en effet, n'est ni une Californie, ni une Australie ;

■ chcr«i-je qu'en pensaot, *nu3 atlIritiaDt IsuteCais qii« beancoup àt^ EspriCa a les plus agti d« la hiuie idmiDis Ira lion pirlageul mon hériâe. u

Celle Iitrésie eil(iiissï,daD3 une cerlgine meaurt, li mieoDi'; car, daoa toutes 1m poêlions où je me ania Ironvé, j'ai souleou te^ droits des indigèDes, dod- Hulemenl par esprit de justice, mais encore par iDênaKemenl pour l'«lfineat pnducteur. Cepeadsiit la ciéstion d'une popatalion clirélieane eu Algérie m* pmtt Être indispensable au trîDtapbe déCnitif do notre moh, telle qu> Qtns ruone cotnprise.

« ce n'est pas non plns-on désert oirrert à tant venant^ comme' <( certains esprits à projets se l'imaginent : c'^t nn pays hadbilé^ « par deux à trois millions d'indigènes, où la propriété a sesdiroita' « écrits et traditionnels, où nulle parcelle du sol n'est sansmafcc tre, et dont la France n'a pas entendu traiter les habitants « comme des Peaux-Rouges, par le refoulement ou Textermî-' « nation.

a Ce pays, il est vrai, est d'une admirable fertilité ; il produit « des céréales en abondance, et il en produirait bien plus encore « par de meilleurs procédés de culture : il peut, par conséquent, « nourrir une population bien supérieure en nombre à celle qui' « l'habite aujourd'hui. Mais , remarquez-le bien. Messieurs, la « race aborigène elle-même tend à s'accrottre, et elle s'accroîtra « sans aucun doute plus rapidement que la race européenne* « N'est-ce pas TeiTet naturel et inévitable delà paix et de la pro- « spérité matérielle, dont le peuple arabe reçoit aujourd'hui kr « bienfait si longtemps inconnu? Et, d'ailleurs, constatons bien ce « fait, que TArabe est en ce moment le véritable et pour ainsi « dire le seul producteur de céréales ; qu'il est en même temps le « seul éleveur de bestiaux ; que c'est lui aussi qui nous fournit les « chevaux et les mulets ; en un mot, que nos ressources agrico- « les et militaires les plus précieuses nous viennent de lui.

« On peut donc dire avec raison que, dans la population indî- « gène, résident aujourd'hui les forces vitales de notre établisse- <c ment algérien. Ces forces peuvent-elles se déplacer ? Je ne le « crois pas. Nous n'y avons d'abord nul intérêt, car la colonisa- « tion européenne n'aurait rien à y gagner. C'est dans les riches « cultures industrielles du coton, du tabac, du mûrier, de l'oli- « vier, de la cochenille, etc., que celle-ci doit se frayer sa voi<v « parce que c'est l'unique source de ces larges et rapide» iienéfi- « ces qu'elle recherche avant tout.

« Marchant ainsi dans deux routes distinctes, les deux popula- <i tiens peuvent vivre côte^à-côte et s'unir d'intérêts sans se firols- « ser et sans se nuire l'une à l'autre ; mais la population euro* « péenne, qui s'intercale lentement au milieu de la population «. indigène et n'occupe sur le sol que des espaces restrdnts et <» disséminés, ne me paraît pas destinée à absorber Tautre. Le « cantonnement des Arabes peut lui fairci sur certains points^

■■'ir • ■

AFCBNDIGR.

• une* pkce plus ou moins large; il no saurait en résulles la « prédominance réelle de l'élément européen sur l'élément in- « digène. »

PBODUCTIONS SPONTANtES.

Minei. — On n'avait, avant la prise d'Alger et dans les premières années qui la suivirent, aucune donnée positive sur les ridiesses métallurgiques de l'Algérie ; on savait vaguement que des mines de cuivre y avaient été exploitées dans les temps antiques ; car les écrivains ecclésiastiques des premiers siècles de notre ère parlent accidentellement de ces mines, où plusieurs martyrs chrétiens furent envoyés aux époques de persécution ; mais on ne sa« vait rien de leurs gisements. L'expédition de Médéa nous fit bien oonnattre, dès 1830, l'existence de celle de Mouzaîa, mais on ne s'en. occupa point autrement pour le moment ; et ce n'est qu'à partir de 1842 que le gouvernement porta son attention sur les mines de l'Algérie, où Texisteuce de plusieurs métaux utiles, d'une exploitation possible, fut constatée. En ce moment, trois mines de cuivre, une mine de fer et une mine de plomb argentifère sont exploitées dans la colonie.

Les mines de cuivre sont celles de Mouzaia, de l'Oued-Merdja et de Tenez ; celle de fer est située auprès de Bone, et celle de plomb à Oum-Teboul, dans les environs de la Galle.

La mine de cuivre de Mouzai.i, concédée en 1844 par un arrêtéministériel régularisé en 1846 par une ordonnance royale, a eu quelques instants de prospérité ; elle employait alors jusqu'à quatre cents ouvriers ; mais cette prospérité ne se soutint pas. Les travaux avaient complètement cessé en 1851 , lorsqu'une nouvelle Compagnie industrielle, qui se substitua à l'ancienne, les fit reprendre pour quelque temps -, mais il ne paraît pas, à en juger par la cote des actions de Mouzaia à la Bourse, que cette seconde entreprise puisse éire beaucoup plus heureuse que la première. La mine de TOued-Merdja, dans la gorge de la Chiffa, n'est sérieuse- .»' i ment exploitée que depuis 1850 ; elle promet. Celle de Tenez, située Il rOued-AUélah, près de cette ville, fut concédée en 1849 ; eUeest en voie de progrès, le minerai en étant riche et les sillons réguliers : le cuivre qui en provient est d'une qualité supérieure»

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ANNALES ALCÉRIENNBS.

La mine de fer de Bône, !i Melioadja, fut concédée en 1843 ; mais les premiers concessionnaires, ajant Tait de mauvaises aifaîres cl ayant suspendu leurs travaux, furent mis en déchéance. La Compagnie qui leur a été substituée a repris l'exploitation, et a établi des haui^fourneaux à Âlélik, i peu de distance de Bône. Cet établissement paraît devoir prospérer ; le fer qui en provient peut rivaliser avec les plus beaux fers de Suède. Trois autres mines de fer, voisines de celle de Heboudjati, savoir, celte de £ou- Hamcra, celle de Karesas et celle d'Aîn-Morka, avaient éié également concédées en 16i5, elles concessionnaires en avaient comniencé l'exploilalion qu'ils avaient ensuite suspendue. Il fut ques' lion de les frapper de déchéance ; mais ils Urent agréer leurs excuses par le conseil d'Etat, qui les reconnu! légitimes, et ils doivent reprendre les travaux.

La mine de Oum-Teboul, concédée en 1819, a produit, de 1B50 ï 1851, 18,651 quintaux mêlriques de minerai renfermant 7,431 quintaux métriques de plomb, 2,102 kilog. d'argent et 14 kilog.

rais de cuivre de l'Algérie sont transportés et traités ^ l'établissement de Caronte, près de Marseille. Les concessionnaires ont la faculté d'en exporter en Angleterre des quanlilés limitées.

Plusieurs gisements métallifères, les uns seulement indiqués, les autres déjà explorés, exisienl en Algérie, indépendammenl des mines exploitées. Ceux dont on s'est le plus occupé sont des gisements de cuivre dans la gorge de l'Oued-Kebir, près de Blida; du même métal au cap Tenès et à l'Oued -Ta 10 lès; de fer dans le Trara, au mont Bou-Ksaïba, près de Jemmapes, à l'Oued-Aroug. près de la Calle ; d'antimoine, à Ain-Babouche ; de 1er oligisic, au cap FilOla ; de plomb, â Lalla-Magbrnia ; enOn on a p^rlé de l'existence d'une mine d'or près du village de Jemmapes (1).

L'administration des mines compte en ce moment, en Algérie,

(I) Dftm ouirtges snr les ricbesses mioérolss da i'AIgéris ont é(£ publiés par te Diinu'ltre de la guerre, de concert itec celui des Iraitiui publics ; l'un ut ds H. Fonmel, aocisa logfaieur ea chef en Algérie, l'iutre d« M. Tilti, ' 4i|iDieDr ia mises.

APPENDica. 405

-idnq ingéoienrs ordioaires ei liuit gardes-mines. Des cinq ingénieurs, Lrois sont cbefâ de service, diacuo daoE un déparicment.

CombutUbles minéraux. — On a découvert des barcs de lignite dans le bassin de Tisser, dans la province d'Oran, près de TIemcen, et à Smendoii, dans celle de Conslaniine; mais on ne peut encore rien préjuger sur les résultas de celle décou- Terle.

Stl Gemme, — Ce minéral existe dans plusieurs localités de 'l'Algérie, entre autres dans la vallée de TOued-Melali, h douze kî- ^méires d'ÂIa-Temouchen, et dans celle de l'Oued-Riou. Le 'grand nombre de lacs salés ou Sebkah que l'on trouve dans tout 'le pa;s surOrail, du reste, pocr en faire le grenier à sel de tout le bassin de la Méditerranée. Les salines d'Ariew, qui sont, je crois, les plus belles, ont éié mises en exploitation en ISSt ; une partie des produits est consommée en Algérie, le reste est exporté il l'étranger.

Carrières. — Grand nombre de carrières ont été ouvertes en Algérie, dans ces dernières années, pour les nombreuses constructions qui ont en lieu dans l'intérieur. On peut dire que près- ,que partout la pierre et la chaux sont sous la main. Si des importations de pierre de (aille s'elTecluent encore pour les points du littoral, cela tient à rimperfection du système de viabilité iniérieure. Le service des mines a signalé des gîtes de pouzzolane dans rile de Rachgoun et sur plusieurs points du bassin de la Tarua ; des gîtes d'alb&tre dans celui de l'Isser ; un gtte de terre > porcelaine près de Lalla-Maghrnia i un gtte de savon minéral dans la même localité i enOn, une carrière d'onyx translucide près de TIemcen. Le marbre de Numidie s'est retrouvé avec abondance dans les environs de llône et de Philippeville i le plus beau est celui du cap Filûla.

Eaux thermalei. — Il n'est pas de contrée qui soit plus abondamment pourvue d'eaux thermales que l'Algérie, et, dans les nombreuses localités où l'on en trouve, presque toujours des .ruines romaines attestent le parti que les anciens savaient en tirer. Nous commençons à tes utiliser, à notre tour : on se bornera

Banmam-ttelouan, dans la gorge de TArach, sur le territoire

406 àNNALES yOAÉRIENNES. V^

des Beni4fon8sa. L'analyse qui a été feite de CBm—^teB met sur la même ligne que cell^ de Boorbonne.

Hammam-Righa , près de Miliana. Les eaux de cette source sont à la température de 45<* ; elles sont très-efficaces dans les affections articulaires.

Les Bains^de-la-Reiney entre Oran et Mers-el-Kebir, très^fficaces pour les débilités d'estomac, à W"*.

Hammam^BoU'Hadjar, non loin de Mizerghin.

Hammam-MeilUioulin^ près de Medjez-Hammar. Bsûns célèbres dont la source principale est à la température de 95<>. Ces eaux ont de l'analogie avec celles de Balarue, de Plombières et de Bagnères-de-Bigorre. Il y existe un service médical, ainsi qu^ Hammam-Melouan et Hammam-Righa.

On a reconnu en tout Texistence de 35 sources thermales en Algérie.

Forêts. — L'administration a officiellement signalé l'existence de 1,200,000 hectares de bois en Algérie $ mais elle fait remarquer avec raison qu'il ne faudrait pas juger de leur peuplement par leur étendue. En effet, laissés à l'abandon pendant des siècles, dévorés par le bétail, souvent incendiés par les Arabes, ils ne présentent, dans la plupart des localités, que des taillis assez clair-semés, à l'exception des véritables forêts, dont je fais mention au livre XXVIII des Annales, et auxquelles il convient d'ajouter quelques beaux bois de la lisière du TelL On signale de magnifiques cèdres dans celte zone. Il est hors de doute que les forêts de l'Algérie, convenablement soignées et aménagées, ne soient, dans deux ou trois générations, dans un état de prospérité admirable ; dans celui de malaise où elles sont en ce moment, c'est déjà une chose bien digne de remarque que l'existence de 1,'200,000 hectares de bois tels quels, dans un pays où tant de gens s'obstinaient à dire qu'il n'y en avait pas. Il est bon de fehre observer que ces 1,200,000 hectares de bois appartiennent à l'Eut, qui n'en possède pas tout à fait autant en France : voilà* ce que personne n'aurait osé croire il y a quelques années.

Corail. — Les pêcheries de la Galle ont produit, en 1853, environ 35,000 iilog. de corail, présentant une valeur de jHus de 2 millions de francs. De nouveaux bancs de corail ont conmieiKé àièire 'exploités 4aos la province d^Oras.

AGftICULTUftB.

L'Algérie se prèle ceriainemeûi à une grande rariélë de culture) et tous les essais en ce genre peuvent y ëire tentés et eneouragés ; mais, comme au temps des ftomaius, les céréales et Thnile en sout encore les produits les plus assurés.

D'après les staiistiiiues publiées par l'administration, les Euro-

' j>éens établis en Algérie auraient récollé, comme fruits de leurs Jabeurs en 1852, environ 306,000 liectoliircs de blé et 14,000 de seigle, ce qui ne couvre pas les besoios alimentaires de cette partie de la population, qui a produit, en outre, dans la mémean-

Jlée, 272,000 hectolitres d'orge, 30,000 d'ayoine et 22,000 entre

îli&Tes et maïs. Les indigèaes des territoires où ils sont mêlés avec les Enropéeus auraient produit, dans la même période, 365,000

^ectolitresde blé, 4,000 de seigle, 590,000 d'orge et 24,000 entre Kves et mais. Ainsi les deux populations juxtaposées ont produit, en graines farineuses :

Les fonds producteurs sont évalués à :

47,891 beclAres pour les ïnltures enropéeDoeitoT,T9T — pour les cullarea iudigëaes.

^ Le rendement est donc à l'avantage des cultures européennes, dans le rapport de 2,27 à 1,52, dans les liens où les deux races sont en contact immédiat. Mais c'est dans la zone que tes Arabes occupent seuls que réside la véritable richesse de l'Algéiie ; la production des céréales s'accrott là chaque année depuis 184S, et atteindra bieniôt son antique et classique niveau, si elle ne le dépasse pas. Ou voit, dans le tableau du commerce de la France ré* cemmenl publié, que notre pays, en tS53, a tiré de l'Algérie 613,623 hectolitres de blé évalués à 10,192,93* francs. Ce résultat est dû uniquement à la culture arabe, puisque, comme on vient de le voir, celle des Européens ne couvre pas leurs besoins. Pour bien juger de l'importance de ce chiifre, il faut savoir que, d'après lea recherches de notre savant et spirituel économiste, M. Michel

Chevalier, l'Europe occidentale et centrale ne peut trouver annuellement sur le marché général du monde que 13 millions d*hectoliires de blé, du fait de Tensemble des pays réputés producteurs, à des prix qui répondent à la cote moyenne des prix chez nous (1). C'est donc 1/23* de la masse que l'Algérie est venue ajouter au marché général, ce qui ne laisse pas que d'être très-appréciàble. Il y a environ 1900 i^ns que César, revenant de son expédition d'Afrique, après avoir réduit en province romaine les Etats durci Juba^ qui comprenaient une grande partie de notre Algérie, annonçait au peuple qu'il pouvait retirer 2 millions de médimnes de blé de cette nouvelle possession, ce qui fait un peu moins de 1 million d'hectolitres. On voit que nous n'en sommes pas loin.

César dit aussi que la contrée soumise fournissait 3 millions de livres d'huile à la métropole (2). D'après les données fournies par l'administration, ce chiffre aurait été de beaucoup dépassé; car elle évalue, dans son Rapport du 20 mai déjh plusieurs fois cité, les exportations en huile à 2^914,450 kilog. pour 1853, quantité inférieure de près de moitié à celle de 1852.

Blé et huile, voil^ les deux grands produits agricoles de l'Algérie. Les cultures indusirielles, à l'exception de celle du tabac, n^y sont guère qu'à l'état d'essai. Nous allons les passer en r<ivue.

Tabac. Le Gouvernement a beaucoup encouragé en Algérie la culture du tabac qui y est maintenant très-florissante. Depuis 1843 il entrelient dans la colonie des agents spéciaux, chargés d'éclairer de leurs conseils les nouveaux producteurs et d'acheter Je produit des récoltes pour le compte de la régie, à des prix convenables et fixés d'avance. La culture et la vente sont du reste parfaitement libres. En 1844, la régie ne put retirer que 23,469kil. de l'Algérie au prix de 20,863 francs. En 1850 elle en retira 251,166 kil., au prix de 204,703 francs. On voit quel immense progrès lut fait en sept ans. Dans les premiers temps, les Arabes l'emportèrent sur les Européens pour la production du tabac ;

(1) Je reproduis les paroles de H. Michel Chevalier.

(3) La lifre romaîDe étant de 0k^37, cela fait f,oif ,ooo kilogrimiBes.

id)Ïb depuis, l'aTantage est revenu k ces derniers. En 1851 , snr 309,331 kil. fournis à la régie, 232,92t l'ont élé par les Européens, et 76,407 kil. par les Arabes.

Colon, La culture du colon ne fut d'abord pratiquée que dans le jardin d'essai et de naturalisation du Gouvernement, mais elle le fut 3ïee un succès qui détermina quelques colons ^ s'y livrer. Pour les encourager, l'administration s'engagea h acheter à des prix fixés d'avance leurs produits qu'elle revendait ensuite à nos manuraclUTiers, avec perte, sans doute ; mais enfin ce sysième a en pour résultat de faire natirc en Algérie une nouvelle branche de richesse qui acquiert chaque année de la force. Les colons algériens ont été particulièrement remarqués à l'cxposilioa uni- Terselle de Londres où ils ont eu onze récompenses. Cela les a mis en répuiaiion dans le monde industriel, et a donné une nouvelle impulsion à la production. Le Gouvernement, de son côté, a redoublé ses encouragements : un décret du 16 octobre 1853 a réglé que des graines conlinueraient ii âire fournies aux planteurs par l'administra lion, qui continuerait pendant trois ans ses achats -officieux à partir de 1854. A l'expiration de ce terme et pendant deux ans, des primes seront accordées à l'exporiation en France des cotons récoltés en Algérie, et pendant cinq ans, à partir de 1854, ï l'introduction eu Algérie de machines ii égrener (I). Des prix provinciaux de 2,000 francs, 3,000 francs et 5,000 franc;, sont accordés chaque année aux planteurs qui ont obtenu les meilleurs produits. Indépendamment de ces prix, un second décret de la même date que le précédent a affecté, sur les fonds de la liste civile, une somme de 100,000 francs pour être distribuée chaque année, pendant cinq ans, en prix d'encouragement de 20,000 lir. dit prix de l'Empereur.

Culture du mUrier et production de la loie. La culinre du mù' riera fait, depuis quelques années, de grands progrés en Algérie où elle avait élé trés-llorissante avant la domination turque. Le Gouvernement fait pour la soie ce qu'il fait pour le tabac et pour

(1) Josqa'alorB i GoDiBrnemcnt où I pliDteuri.

s machines n'ïiistaienl qns diDS les fliblissemenli du ilioB r«ii égrener le coun que lui livreiit les

410 ANNALES iO^ËRIENNES.

le coiOD , c'eBt-à-dire qn'il achète les produits ei les revend ensuite en France. Eu 1853, le seul département d'Alger a produit 14,000 kil. de cocons. L'Algérie entière n'en avait produit qoe 7,868 en 1650.

Garance. La garance, qui croit spontanément dans tout le noid de l'Afrique, commence seulement k être cultivée par nos Ct^Mi Ces cultures paraissent devoir être avantageuses.

Cochenille. On a pu lire au livre XIV des Annalei algéritnmi quels furent les premiers essais tentés en Algérie sur la codnnille. Celle industrie a marché lentement ; cependant des pltoii* lions de nopals ont eu lieu, et les produits, qu'achète l'adminli» tration, ont pris daas ces derniers temps une certaine consistanea. La cochenille de l'Algérie a été classée par le commerce eaiit celle des Canaries et celle du Mexique.

Plantes teanilei. Le chanvre et le lin viennent très-bien Ol Algérie ; mais la culture de ces végéiaui n'y a pas cependant M grand développement. Quelques plantes textiles plus rarei lOltt cultivées à titre d'essais b la Pépinière centrale.

Pavot somnifère. La culture de ce végétal, dont on Ure 1"^ pium, ciiste sur une très-petite échelle en Algérie j mais c'ettft peu de chose, que ce n'est guère la peiue d'en parler.

Cuilnres diverses. L'arachide, te sésame, le ricin, l'indigo, le carthame, le coriandre, l'anis, »ont en ce moment, de la part de nos colons, les sujets d'essais plus ou moins persévérants, mais dont les réauilats ne présentent pas encore assez d'importance fraur qu'il y ait autre chose !i dire qu'à les indiquer.

Pépinières du Gouvernement. J'ai parlé au livre XIV des J»»nafes de la fondation du Jardin d'essai et de naturalisation, eiceilent établissement dû h M. Genii de Bussy, situé à Hamma près d'Alger. L'inslilulion dont ce jardin était le point de départ a pris, depuis 1833, de bien grands développements sous la dénomination de Pépinières du Gouvernement. Outre la pépinière eentrale d'Alger, qui est l'ancien jardin de M. de Bussy, on compte ence moment dans la coloniediï-neuf pépinières situées h Médéa, Miliana, Aumale, Orléansville, Hîsserghin, Moslaganem, Mascara, llcmcen, Saint-Denis-du-Sig , Sainl-Cloud, Tiaret, CoQstaniine, Pbilippeville, Bdne, Guelma, Sélif, Bauu, Cjidj Biskara.

APPENDICE. ■Wl

Ces pépiniÈres, où les cultivateurs trouvent h des prii trèsmodérés tous les plants dont ils peuvent avoir besoin, ne constituent pas le Gouvernemenl en frais ; car, après quelque temps d'fiïistence, ils Tinissenl par rapporter plus qu'ils ne coûtent. Ainsi qu'il appert des comptes de l'administration, l'eicédant des Tcceites sur lesdépenses a éié en dix ans, 6 la Pépinière centrale, de 919,195 fr. 61c.

On voit, partout ce qui précède, combien sont actifs et soute- -nus les secours accordés parle Gouvernenieut à la culture euro- ■péenne. Certes, si la colonisation ne finit pas par prendre un essor proportionné aux encouragements rju'eile a reçus, ce ne sera pas faute de sacrifices pécuniaires et de soins de tonte espèce- Jl faudra en cherclier la cause ailleurs.

Bétait. — Saliusie définit ie nord de l'Afrique sous le point de Tue agricole : Ager frugum ferlilis, bonus peeori, arbori inftcaniui. On a vu, par ce que nous avons dit des bois de l'Algérie, ^e celte dernière asseriîon n'est pas aussi exacte qu'on l'a cru longtemps. Les deux aulrL'S sont encore parfaitement vraies. J*ai ■parlé de la grande production de céréales de celte contrée : celle du bétail n'est pas moins remarquable et provient encore presqiie exclusivement du fait des indigènes. La cruelle guerre qui a si longtemps ensaoglanié et dévasté le pays avait mis en grande Bouffrance cette branche de richesse , mais depuis qu'un calme Telalifs'est rétabli, elle se relève admirablement. Ainsi, l'exporta- 'tion de la laine, qui n'avait été que de 369,363 kilogrammes en 18*7, s'est élevée i 4,35t,49(i kilog. en 1853. La même année, 'il a été exporté pour plus de deux luillious de francs en peaux brutes.

Varat. — La race clieïaline avait encore plus souffert de la guerre que le bétail. Le Gouvernemenl songea sérieusement à -porter remède & cet état de choses en 1812. Un haras, qui reçut ■son organisation définitive en 18**, fut établi ^ Mosiagancm. Depuis, des haras moins considérables, ou plutôt des dépôts d'éli^ 'Ions, ont été établis à Alélik, près de Bône, et S Coléa. Ce dernier a été transféré !i Blida.

Expoiition annuelle dei produit! agricolei. — Celte e\posilion a lieu depuis 1818 dans chaque province. On y distribue desmé- 'dailles d'encouragement.

QG ua «atiran-

L'Âlgérîe se Iroave, en matière d'induslrie, dans u sîioire qui ne lui est point avaniageui: en effet.eilea plus perdu de son aDcienuâ industrie mauresque qu'elle n'a gagac en perfeclionnemcDis européens. Les ijidigèiies font ccpend»ni encore des lissus de laine pour baiks et bournous, dont quelques-uns sont d'une grande finesse ; les plus esiiniés se Tabriquenl chez les Bent- Abbès. Les broderies d'or ei d'argent d'Alger éiaienl fort recherthées dans le Levant, mais celle branche d'induslrie a beaucoup souirerl depuis la conquête ; elle n'existe presque plus à Hostaganeni, oit elle avait pris une grande extension. Il en est de même de la Tabrication du maroquin, qui est considérablement réduite depuis 1830 sur tous les points oii on s'y livrait autrefois. Les tissus de soie, soie et or, soie et aident, les mousselines brodées d'or, d'argent et de soie pour ceintures et ccharpes, forment encore une branche d'industrie bien appauvrie depuis noire enlrée en Algérie ; cependant cette rabricalion, dont les produits sont agréables et assez recherchés par leur originalité, est loin d'avoir perdu toute vitalité. J'en dirai autant de la sellerie indigène, et surtout de la rabricalion des tapis de laine, industrie précieuse qu'il convient d'encourager. On en faisait autre&A beaucoup k Oran, à Moslaganem, Il Calah ; maintcnanl, la peliie ville de Cabh est à peu près le seul point où ou en fabrique eocore. L'art de la tciuture était, en général, dans un étal satisfaisant dans l'ancienne Régence; la petite \i lie de Délits ptSÊiH pour la localité où on l'entendait le mieux. Les essences de roM| et suriont celles de jasmin, sont encore des produits fort esiinté* de l'industrie indigène.

Cette industrie ne se développait nulle part sur une fort grande échelle ; il n'existait point de grandes manufactures dans le p9jt, point d'usines, à l'eicpplion de quelques moulins k eau d'une construction grossière et fort simple ; nousentrouvftmesunasseï grand nombre dans les environs de Tlemcen.

L'industrie européenne n'a encore créé ni pu créer aucun bien grand établissement en Algérie ; ses travaux sont encore à l'éiaC d'essais et de recherches, mais ils lui ont déjà fait découvrir plus

d'âne lODrce nouvelle de richesse. J'ai déjï parlé de ceux des mines, el je n'y reviendrai pas ; d'ailleurs, ils n'ont fait que suivre des traces déjh connues. Mais la fabrication du crin végétal tiré du paliuier-naiD est une invention nouvelle, qui a obtenu une médaille d'houueur à l'Exposition universelle de Londres. Une mention honorable a été accordée à l'invenieur d'un papier fait avec le même végétal, Depuis, une découverte plus importante a été Taite, c'est l'emploi, pour la Tabricaiion du papier, de l'espèce de sparte que les Arabes appellent alpha, qui, comme le palmiernain, crott spontanément en Algérie avec une extrême abondance. Le papier Tabriqué avec celte substance est de la meilleure qualité. Cet emploi de l'alpha peut être d'un immense avantage pour l'Algérie ; car, depuis quelque temps, l'industrie européenne, i qui le cbiirun devient insumsant pour la rabricaiion du papier, était en quête d'uue substance qui pût le remplacer. L'alpha, comme les feuilles de palmier-naiu, él.int Tori encombrant ii son état naturel, a besoin d'être converti en pâte sur les lieu:t pour pouvoir être transporté ii des prix qui en rendent l'usage possible aux fabricanlE de papier. Mais, dans cet état, il se trouve, parapplication de la législation douanière, frappé ~a l'entrée en France d'un droit exorbitant i mais c'est là un obstacle passager que le Couveniement s'occupe à taire disparatire au moment où j'écris ces lignes.

Le ministère de la guerre a institué à Paris une Exposition permanente des produits de toutes les branches de l'industrie algérienne agricole et manufacturière. Cet établissement mérite d'être visité avec soin, et en dit plus sur les richesses très-réelles de l'Algérie que tout ce qu'on peut en écrire.

Je dois signaler, en terminant cet article consacré à l'industrie, les nombreuses constructions de moulins à farine qui ont eu lieu dans ces dernières années, tant par les Européens que par les indigènes. Ces constructions sont de grands bienfaits pour les populations musulmanes i elles tendent à délivrer les femmes des Irïbus du plus pénible des travaux domestiques, la manœuvre des petits moulins li bras.

4é4 ANNALE&. iUÉaifiNNES.

GOnaBGIL

U résulte de» diqpositiODS de la loi da 11 janvier 18S1, combkiées avec les articles non abrogés de rœrdonnanee du 16 déoem* bre 1840, que (1) :

i^ La France reçoit en franchise de droits de douanes les poro* duits naturels de l'Algérie, et dans de larges limites: ses produit» iMÉBStriels;

^ L'Algérie reçoit en franchise les produits de la France, à Texception des sucres raffinés qui sont tarifés;

3® Il n'y a pas de droiis de sertie entre la France et l'Algérie;

4"* Les marchandises étrangères sont taiées^ en Algérie, d'après le tarif de France ; mais celles de ces marchandises qui intéressent la construction et la production agricole y sont reçues en frandiise;

50 Les produits prohibés à l'entrée en France sont admis en Algérie moyennant un droit ad valorem..

6« Sont affranchis de tous droits de sortie, les produits de l'Algérie exportés pour l'étranger, sauf un certain nombre d'exceptions.

Ce régime commercial et douanier est certainement avantageux à l'Algérie et ne peut que le devenir de plus en plus ; car la colonie, commercialement assimilée à la métropole, participera à tous les progrès que ne peut manquer de faire celle-ci dans l'application de la théorie du libre -échange. Les hommes habiles et expérimentés qui, depuis quelques années, dirigent les affaires de l'Algérie, en fondant cet état de choses et en le faisant trions pher devant le pouvoir législatif, ont compris que la prospérité matérielle de cette contrée importe autant à la France que celle de toute autre partie de son territoire, et que ce serait de la démence que decraindre la concurrence agricole de l'Algérie, comme la rêvaient certaines gens.

Le commerce général de l'Algérie a été évalué, en 1853, à 132,528,454 francs, savoir :

(i) Voir l'analyse de la loi du 11 janvier à la page 547 de ce Tolume.

Importations 99,079,5SI

Exportations. • 83,448,935 (l).

On voit que la disproportion entre les importations et les exportations a beaucoup diminué depuis 1847. Pu reste, elle est encore assez considérable pour étonner étrangement à la première vue. Je renvoie le lecteur à ce que j'ai dit dans le livre XLII pour chercher à expliquer ce phénomène économique.

La part de la France dans le commerce de rAlgérie est nsK turellement de beaucoup la plus considérable. En voici le ta» bleau :

ImportaHoM.

Tissus de coton ^ 30,764,247 francs.

Tissus de lin ou de chanyre 2,495,049

Vins 11,215,274

Effets è usage 6,980,653

Tissus de laioe 5,567,892

Tissus de soie. . . • , 5,647,491

Sucre raffiné 2,800,349

Peaux ouvrées 2,685,560

Papier, carton, lifres et gravures. . . • 1,454,608

Huile de graines grasses. . ....... 1,158,778

(0 Les chiffres évalnatifs du commerce spécial présentent une légère différence avec ceux du commerce général. On sait que le eommeree générai h rimportation embrasse tout ce qui est arrivé de Fétranger, sans égard è l'origiae première des marchandises où à leur destination ultérieure, soit pour la eoasommation ou l'entrepôt, soit pour la réexportation ou le transit. Le^ eoDunerce spécial ne comprend que ce qui est entré dans la consommation intérieure do pays. A l'exportation le eommeree général se compose de toutes le& marchandises qui passent à l'étranger, sans distinction de leur origine. Le eommeree spécial ne comprend que les marchandises nationales ou celles qui, nationalisées par le paiement des droits d'entrées, sont ensuite réexportées.

Dans les chiffrés évalnatifs des importations, j'ai pris les valeurs aeluelleset non les valeurs offkielles de l'ordonnance du 27 mars 1827. L'emploi de ces dernières valeurs élèverait è près de 170 millions le commerce de l'AlgériOr en l855.;G'estle chiffre que donne le Tableau général du commerce de la France dans le résumé analytique.

Outils et oaTnges en métaox , 2,051,968

Poterie, terres et cristaux. ..'•..'.. i,094,S8l

Mercerie et boatonis. . . ....'• • . . a, 120,541

Peaux préparées 1,640,516

Eaax-de-vie, esprits et liqueurs 1,679,251

Soie et bourre de soie • . • . . 1,151,529

Savons ordinaires 1,085,900

Matériaux à bâlir 68o,506

Acide stéarique ouyré 554,982

t' Farine de froment 1,556,927

Orrévrerie et bijouterie 562,768

Parfumerie. 458,752

Fer, fonte et acier 575,241

Fils de toute sorte 295,505

Tabac fabriqué ou seulement préparé. . 585,488

Médicaments composés.^ «..».».. 507,004

Fromages 689,211

Fruits de table et- fruit» oléagineox.% . . 645,596

Bois communs ».......* 565,085

Yiandes salées.. ..«•••..«.» ^ 557,269

lodigo. 4 177,405

Riz et grains. 201,814

Légumes secs et leurs farines 115,095

Graisse de porc (saindoux] 278,080

Beurre 66,471

Froment 51,967

Autres articles 6,084,030

86,597,155 fr.

Le lecteur aura pu remarquer dans cette nomenclature un ar^ ticle de près de 7 millioDS, intitulé Effets à usage. Ces effets, personnels aux individus qui les transportent, ne constituent pas des objets de commerce. Je soupçonne que les 6,084,030 francs, placés sous rindication d'Àrlicles divers, ont une origine analogue. Ce seraient donc 13 millions à retrancher du mouvement commercial algérien, tel que le donne Tadministration des doiiir nés, soustraction qui rapprocherait le chiffre des importations fourni par cette administration, de celai qui l'est par le miaistère de la guerre dans son beau rapport du 20 mai.

Exporlatio».

CéréaJea (grains) ll,Sîû,ân traacs.

Liioea en nasse ■ 3,soi,Tta

Pfju» brulea S, 153, ISO

Tabdc en Teuilles ou En cotes ?70,UDa

Huilu J'ohifl 2,4Tî,Bïa

Lé|ju mes secs et Icors fartnes l,Sou,soT •>

B^lierp, briJbis el moulons TiV.Bae

Mrnersi de plom!) aT0,sS5

MlDvriJB DOD dénamméa S73,ss3

Futailles moulées Ii8,0ï9

Végétuui lllameuteui 3l4,8a7

Cilrona, oranges et leurs lanélês. . . . Ii]8,:t30

Os, sabols el torues de bétail. ..... 33fi,9eT

Tabac Fabriqué ou seulement [iréperi.. . H3,'Hs

Cire noD ouvrèu, jjiuDe el bruoe I!)t,9gi

Suif brul 23J,tfO*

Soles ëcrues, grèges lia,000

Minerai d'anlimoioe S!>,41t

Diite «3,[ÏÏ0

Cheyaoi 78,650

Liège bfut 30,085

Sniigiufs 194,410

Autres «rlldea i,3di,sso

Total â8,STî,7S3

'.4!gérieavecl'éiraDgereslév»luéï12,)82,3i6 francs pntir riniporlaiiori, el ï 4,575,170 francs pour l'cxpiiriatatitJO. Uu peu plus du 4 millions Aa produits ûirungers iinporlés provicDiienl des eolrepâis de France. Les pays étrangers avec tesi|uels l'Algérie a le plus de relations coinincrdales soni l'Angleterre ei l'Espngne. Elle tire de la première surtout des tissus de coiou et lui envoie de l'orge ; elle lire de la seconde surtout des Truiis el lui envoie autant de tissus de colon qu'elle en reçoit de l'Angleterre. Les coutrées avec lesquelles le commerce al{jérien a le plus d'activité après ces deux-là sont : la Suède, l'empire d'Autriclic, les Etats liarbaresquis et ceiii; d'Italie, m. 27

418 ANNALE9 ALGâaiENNES.

Il existe, en Algérie, des entrepôts à Alger, Arzew, Bône, Bougie, Gherchel, Dellys, Djidjelî, La Calle, Mers<-el-Kébir, Mostaganem, Nemours, Oran, Philippeville et Tenez.

La banque d'Alger, créée en exécution de la loi du 5 août 1851, avec un capital tie 1,250,000 francs, a escompté, en 1853, 17,369 effets s'éievant ^ la somme de 13,728,000 francs.

Le lecteur serait peut-être surpris, si je ne disais rien, dans . <spi article, du commerce du Soudan. On sait toutes les illusions qpe quelques personnes se sont faites dans un temps sur les re- Ûtîons de l'Algérie avec cette mystérieuse contrée. Il est certain que quelques-uns de nos centres sahariens reçoivent, de temps à autre, des marchandises du Soudan et même des esclaves, par les Oulad-Sidi'Ghîrk, les Larba, les Beni-Mezab et les Ghamba ; elles leur arrivent de seconde main par les marchés de Tafilet, Touat, Ghadamès et Nefta. Mais tout cela est peu de chose. Il a été impossible jusqu'ici à l'administration d'avoir des chiffres précis sur la valeur de ce petit commerce ; mais d'après ce que j'ai va et étudié pendant deux ans à Tripoli, qui est le plus riche marché par où arrivent les produits de l'Afrique centrale, je pais assurer que le mouvement commercial de tout le Soudan avec le bassin de la Méditerranée n'atteint pas les5à 6 millions qui représentent celui que font, en œufs de poule seulement, nos départements de la Normandie avec la Grande-Bretagne, et encore la plus forte partie de ce commerce consiste en esclaves.

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