TRAVAUX PUBLICS
Les travaux publics exécutés en Algérie depuis 1830 sont considérables. Ils représentaient, à la fin de 1852, un capital engagé de 132,530,174 francs. Nous allons mettre successivement souf les yeux du lecteur les diverses catégories de ces travaux^
Forti/icalions et bâtiments militaires. La nouvelle enceinte d'Alger, dont j'ai parlé avec quelques détails dans le livre Xli des Annales, a fait de cette ville une place forte de premier rang. Les fortifications de toutes les autres places qui existaient sous la domination turque en Algérie ont été considérablement améliorées ; enfin, un très-grand nombre de points nouveaux ont été fortifiés.
D'après les derniers documents publiés par le département de la guerre, les casernes permanentes existantes en Algérie peuvent contenir 38^000 hommes et 9,000 chevaux. Les hôpitaux militaires permanents ont 10,000 places. Des établissements provisoires répondent aux besoins qui sont au-dessus de ces chiffres.
Les dépenses pour les travaux de cette catégorie se sont élevés à 75,711 ^058 francs.
Travaux maritimes. Le port d'Alger, qui n'est point encore, terminé, mais qui a déjà une bien grande importance maritime et militaire, avait coûté, au i^^ janvier 1852^ depuis les premiers travaux, 18,098,000 francs. D'après le plan adopté le 16 août 1848, par décision du chef du Pouvoir exécutif, il restait à dépenser, pour l'achèvement de ce grand et magnifique ouvrage, 23,494,000 francs. Les autres travaux maritimes méritant d'être cités sont : la restauration du bassin romain du port de Gherchel, un bassin à Oran, des quais à Mers-el-Kébir, Bône et La Galle, des débarcadères à Bôi|e, Moslaganem, Ârzew,Dellys et Djidjelli, une jetée à Bône, enfin la construction de nouveaux phares.
Les dépenses pour travaux maritimes se sont élevées à 22,640,956 francs.
Rouies. Les Annales algériennes ont souvent mentionné les travaux de route, qui ont une si grande influence sur la pacincation et la prospérité du pays. Il existait déjà, au commencement de 1852, dans les trois provinces de l'Algérie, 3,679 kilomètres de voies de communication de toute classe, ayant coûté 15,928,334 francs. A cette somme il faut ajouter celle de 2,522,533 francs pour la construction de 115 ponts, ce qui porte h 18,440,867 francs les dépenses faites pour le système de viabilité.
Travaux de dessèchement. L'administration évalue à 9,155 hectares la superficie des marais desséchés. Les dépenses pour cet objet se sont élevées à 2,020,192 francs.
Voirie urbaine. Les dépenses afférentes à ce titre sont évaluées à 2,787,276 francs.
Aqueducs, fontaines, égouts, lavoirs et abreuvoirs. Les travaux de cette catégorie figurent pour une somme de 1,123,501 francs.
Travaux concernant les pépinières du Gouvernement, Ces travaux se capitalisent en une somme de 601,625 francs; mais
celte dépense est plus que. couverte par le produit des pép nières.
BdUmenli civils. Les travaui de cette nature ont été classés ainsi qu'il suit : l** service de la ju^lice $ 2<» service de Tinsiruction publique i 3** service des cultes; ¥ admiuislration générale j &• services municipaux ; (>® services maritimes; 1^ services financiers; 8^ admiiiistraliuu arabe; 9^ élablibsements hospitaliers; 10^ Garavanserailb etFondouk: li<» lignes télégraphiques.
Saus entrer dans d'autres détails sur les travaux de celle catégorie, je me bornerai à signaler la construction de 37 édifices pour le culte caiboiique/2 temples protestant» et 3 mosquées, et à dire un mol du système léiégra|ibique : Eu 18 j7, le génie militaire établit uue ligue télégraphique outre Alger cl Boufi'arik; mais ce ne fut qu'en 1 842 que notre domiuatiou s'éteodant dans l'intérieur du pays, eut pour couséqueuce Tailopiion d'un système régulier et général de télégraphie. £n ce momeui des ligues télégraphiques aériennes relient Alger avec tous nos grands centres d'action et la plupart de cesceniresentreeux.Bôue> qui jusqu'à présent était resiée en dehors du réseau, va y être rattachée par Gonsianiine. On comprendra faciietueui que la télégraphie électrique soit, dans l'état acigiel des choses, peu applicable à l'Algérie ; cependant, en 1853, uue ligne électrique a été substituée à la ligne aérienne entre Orau et Mostuganem, et on établit une ligne semblable entre Gonstautine et Philippeville.
Les dépenses pour les travaux se rattachant au titre des Bâtiments civils se sont élevées à 1,7*25,126 francs.
Travaux de forage. Ils ont eu pour but soit la recherche d'eaux jaillissantes, soit celle de gt es de minéraux utiles, et se sont élevés a 77j871 francs. Il est à remarquer qu'à l'exception d'un seul point situé dans un faubourg d'Alger, le second de ces bots n'a pas été alteini, même à Biskara, c'est-à-dire à l'entrée de ces régions sahaiiennes, où ce que nous appelons puils arlésiens est connu de temps immémoiial.
Travaux d* irrigation. Des travaux d'irrigation, tels que barrages, canaux de dérivation, etc., ont été exécutés en divers lieux ; mais je n'ai pu me procurer le chiffre des dépenses qu'ils ont occasionnées.
Les divers travaux que nous venons de passer rapidement en
§ontexëculé« par li! génie mîliiaiiT, le i «diaussées celui A«i b&lîments civils el eiiTiD ( féuie miliLlire a toiil TdlL d^ns les prisniièrcs a :<le nos soldais (t), el encore b pr^si*rit, la i
ïrvîco lies pools et ^lui lies mines. Le nées avec les bras re lies ciios's l'o- ^ige dfi Taire plus que ne l'exige sa spécialiié, surimil sur les leri^toiri'S Diililaircs. Bîea «les conslrnciiaos apparlenant li d'autres Serrices sool son œuvre, même dipids que ces services sont oriCanisés en Algérie. On penl dire avec une vérité enilère que tie'est l'année qui a Taii la cnlonie, sous queliiue point de vue que J'en considère l'élablîssemenl.
Le service des pouls et chaussées se compose d'un ingénieur en
dier par déparli-meni, el de douze ingénieurs rcparlis selon les
loinj!. Celui des bàlimcnts civils cumpte un architecle chef de
iUrvicepardéparienienl, ellreizeinspecLeursuuvérili&itcurs pour
^ouie l'Algérie, li a déjà été fait menlioa du service des mines.
SARINE KT NiTlGATIOIT.
Le service de la marine esi dirigé en Algérie par un contreamiral résidant h Alger, assisté d'un chef d'él;it-major, d'un commissaire ordonnatl'ur, cheF du service adminislraiir, el d'un inspecteur de la marine. 11 y a des directeurs de pnrt h Alger, Deilys, Chcrchel, Trnez, Mosiaganem, Arzew, MiTS-ei-Kéliir, Nemours, Bougie, Djidjelli, Pliilippeville, Bôoe, La Galle. Un baiimeui à voile fait le service de slalinnnaire S Alger ; nu auire Iiïiimenl à voile esl ihargé de la surveillance et de la péclie du corail ; enfin quatre baleaui à vapeur sont affeclés au service de la corrcf'poiidance sur le litioraL
Les communications enlre la France et l'Algérie se sonl faites, jusqu'au 1" janvier 185 1, par des baleaui h vapeur de l'Emi, en concurrence avec cens de compagnies induslrielles. Muis à partir de celle époque, le service du Ginivernemenl et du transport deg dépâcbes a élé confié à une de ce^ compagnies.
[■^(t) L« corps d'arlilUrie û'esl pts resté étranger ai H entre «alm li belle eiierfis de Kberghenli k Or
; consirac lions. Oo lui
Le mouvement de la navigation a présenté, en 1853, les résultats suivants pour la totalité des ports de l'Algérie :
Av§e la Franee.
NaTiras. Toutge.
Entrée. . . . | ^"»£»" • >«*» "'>«"
\ Ëtraogers » »
SorUe. . . 1 ^'""Sais 957 103,466
Étrangers lo 8S6
Avec l'étranger.
Entrée. ... ! ^'«^S»^ '«' ««»«^^
t Etrangers 1258 52,550
Sortie l''""^''' *'^ ^^'^
\ Etrangers 1153 48,057
La marine marchande propre à l'Algérie, c'est-à-dire appartenant à ses ports et non à ceux de France, n'est que de 105 navires dont 2 seulement dépassent 60 tonneaux. Ce ne sont guères que de petits bâtiments indigènes. L'exiguité de leur nombre indique que la population des côtes s'éloigne de plus en plus de la navigation* Il y avait cependant là, je crois, d'excellents éléments de recrutement maritime pour notre marine. M. Bouiils, qui était, il y a une quinzaine d'années, lieutenant de vaisseau commandant la station de Bougie, adressa au Gouvernement, sur ce sujet, on mémoire dont je possède une copie, et qui m'a toujours para rempli de vues très-sages et très-pratiques.