‹ Annales algériennesChapitre 108 sur 119 · ARMÉE · texte numérisé non relu

ARMÉE

L'armée, qui a créé l'Algérie européenne, qui en est la force et la vie, se compose de deux éléments, savoir : de corps spéciaux à l'Afrique et de régiments envoyés de France pour un temps limité, régiments qui se relèvent successivement. De cette manière, l'Algérie a dans les corps spéciaux une force militaire qui lui est propre, qui conserve les traditions de guerre adaptées au pays, et qui sert de modèle et de guide, à leur début, aux troupes venues de France. La France, de son côté, trouve en Afrique une excellente école pour son armée» qui, même lorsqu'elle

n'y combat pas, s'y forme aux habitudes d'une vie laborieuse et sévère.

Les corps spéciaux h l'Algérie sont: trois régiments de zouaves, qui n'ont plus d'indigène que le costume et le nom ; irois bataillons de tirailleurs indigènes; un régiment de tirailleurs indigènes de création toute récente ; trois bataillons de chasseurs d'Afrique ; plus, les deux régiments de la légion étrangère, qui ont leur place naturelle en Algérie en temps ordinaire, mais qui sont en Orient dans ce moment : voilà pour Tinfanterie. La cavalerie se compose de quatre régiments de chasseurs d'Afrique et de trois régiments de spahis.

On a pu lire, dans les Annales^ l'origine de ces divers corps, qui ont rendu de si persévérants et de sr glorieux services. Nous ne ferons ici que deux remarques: l'une, futile peut-être, qui est que l'uniforme de nos zouaves est en ce moment, dans le Levant, le seul costume oriental des armées combinées de la Turquie, de la France et de l'Angleterre ; ce qui ne prouve rien contre, mais ce qui ne prouve pas non plus que lés Turcs aient bien fait d'adopter nos vieilleries au moment où nous adoptions les leurs. La seconde remarque est que l'organisation primitive des zouaves en f^ataillons isolés a servi de type à celle des tirailleurs dits de Vinannesy dans les premiers temps de leur formation. Or, cette formation d'une partie de l'infanterie en bataillons isolés est un acheminement à la suppression des régiments, agglomérations coû* teuses et inutiles. En rompant avant certaines habitudes administratives qui remontent au temps où les régiments étaient des propriétés, et qui sont illogiques dans le nôtre, on arriverait à la conviction qne le régiment n*a pins aucune raison d'être*

DKSIDBRÂTA.

Nous venons de mettre sous les yeux du lecteur un tableau fidèle de la situation actuelle de l'Algérie, situation prospère dont l'administration qui dirige en ce moment les affaires de cette belle contrée est en droit de se féliciter. Mais plus cette administration est éclairée et amie du progrès, moins elle trouvera mauvais, nous l'espérons, que nous appelions son attention sur quel-

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qiies vide'!, quelques deaideritli qae nous ont paru présentM les rdsiilliils obieniis jusqu'à prÉscnl.

r.e 7 décenilire 1818, une commiBsion fut instituée sûus la priSsiilence du H. de Tiirqueville, à Vttful «le réiiiit'r les arrêtés el ordonnances régisïiantl'Aliïérie, et d'en Taire vue Codification ittttUigenl'. On ne voir pas que celle commission ail rien produit. En Algérie, le Batlrlin offlcit' du GauveTntment, (ilscon- Sdbsiaiillel â son père, le colossal Balletin des Loit, est en train d'atleinilre son ipialorzème volume. Il serait temps d'arrêter ce Stérile développr ment par la Codification intelligente promise en 1818. Je dis stérile dévelopiiement, car des actes en partie abrogés par un acie pnslërif ur ne continuent pas moins à occuper une place dans la législation, parce que quelques-unes de leurs dispo- Eiiîona sont maintenues. Cela jette beaucoup de conHision dans l'étude du droit adminisiraiir et entrave la marche des araires. Il serait à désirer ()ue l'acie qui en modifie un précédent l'abrogeât complètement, en reproduisant dans sa réd^iction celles des dispositions de l'acte abrogé que l'nn voudrait maintenir; de celle sorte, on n'en aurait jamais qu'un k consulter sur cbaque malière, et tout serait simpliGé. Mais la formule lonl et demeurent abrogées toulet les dispositions contraires à celles qui précédent est une routine commode pour les rédacteurs , presque toujours pris parmi les légistes, qui, par nature, sont peu amis de cequicstnel et simple.

Dans celle même année I8Î8, des facilités furent données en Algérie ai:x étrangers qui voudraient se faire naturaliser Français ; mais aucune disp<isition n'a été prise à l'égard des indigènes. Ccpeoilant ne serait-il pas cnnvenable de faire passer i l'élat complet de Franç^iis ceux d'entre eux qui s'en rendraient (lignes, et qui voudraieni vivre sous le régime de nos lois civiles? Il n'y a de coni|uétes légitimes et durables que \k où le peuple vainqueur élève à lui le peuple vaincu, de manière à ce que l'avenir amène une fusion couiptèle. Il ne faut pas que nous restions campés en Afrique, comme les Turcs le sont en Europe ; ce n'est pas, au surplus, par la seule communauté du régime social que la fusion peut s'étalilir) il faut aussi que le sang se mêle. Les mariages miites doivent doncéire fortement encouragés ; or, comme des liens indissolubles peuvent effrayer les Européens qui, en

preDant des renimes inili^tènr'.';, appréhendent de se lancer dans l'inconnu, peul-Ëlre conviendrait-il de leur donner la Faciliié de conincter ces mariages d'après la Ici musulmane, loin en asaarant ans enTants qui en proviendraient in q>in'ilé et les droïls d'enrants légiiîmeEi. Il va sans dire que celle Inléranue s'éiendrait à fortiori ani mu»;iilmans devenue Français. Je suis loin, au reste, d'approuver l'insiabilité du maringi- chez les musnlmans, car je Euis persuadé qn'el'e esi plus nuisib'e â la Temme, plus conlraire ï sa dignité i|ue la polygamie elle-même. Aussi je n'en parle que comme un moyen de Iransilion pour facililer la formation du familles niixies : le temps cl la civilisation leraient ensuite le Tesle(l).

J'ai souvent exprimé le regret qu'il n'e^islât pas b Alger une Ecole de médecine ouverte aux Arabes; j'insiste sur ce point, parce que j'ai de plus en plus la conviction que c'est stiriout par la médecine que l'un peul ramener celle race ingénieuse !i son ancien goAt pour les choses de l'espril.

La publicaiion du journal arabe le Mobaeher exerce depuis iiuil ans une saltiiaire iulluence, à laquelle ajouterait beaucoup

(t) Od m 1!

i dispoaf t a

er d'atopittnfl le» personnes qai, en Iniippelle posiliies, aorteat brusquenieal du «eniier billu. Ur, ii n'eil pis mauiiia de rappeler i »Ue ocMEioD que le Premier Caasal, cheri^hanl \n moyens d'imener II fusian dins les colonie^ ivoil Iroofé que lapolysamù, si contraire i nns îdfes, eeriit UD de ces moi^ens. Voici ce qu'on li( dans le lomo H des M/mnirei d> Nupolion, noie IV, ■nr l'oarrige intitulé : SSimoiTe pour unir à l'Biiloirt da Saint-Deminy<M.- a Serait-il donc împoaiilile d'aolorlser li polygamie dam nos H™ en res- » Irngaant le nombre dnfemmiisi deui, une blanche el une noire? Le Prem[er > Consul atail eu quelques enlreliens aiec dn théologiens pour préparer celle

B Biâcles de la Cbrélienté, l'Eglise permit el tolëra une e^ip^e de concubinage

■ dont l'elTel donne à un homme plusieurs femmes. Le Pape, tes Concilei ont

■ l'antorilé el le iao|ea d'autoriser une pareille inslitulion, puisque son bul est Il 11 coDciliiiion, l'harmoDie de la sociélé, el non d'éleodre les jouîssancei ds

■ 1» cbair i l'effït de ces mariages serail liornA aai colonies : on prendrait les a mesures coniensbles pour qu'ils ne portassent pas le désordre dans l'éttl

■ présent de aolre sotiétf. »

celle de pelits livres écrits dans le même idiome, dans le but de vulgariser nos idées sous une forme agréable.

J'ai déjk signalé Tabandon de la vie maritime de la part des populations du littoral algérien , et j'ai indiqué à ce sujet un bon travail d'un des ofGciers de notre marine. Il est à regretter que ce travail n'ait pas reçu l'accueil qu'il méritait, et que nous laissions s'éteindre un bon élément de recrutement nautique. Il suffirait, pour le conserver, d'admettre comme Français les Algériens sur nos navires du commerce^ privilège dont les Maltais ont joui au temps des grands-mattres.

II y aurait bien encore à signaler peut-être d'autres desiderata^ mais restons- en là.

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