‹ Annales algériennesChapitre 12 sur 119 · LIVRE XXXIV. 4S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV. 4S

lroupes~un pays qui leur était encore iuconnu.

Le mois d'octobre, si activement employé par les

troupes de la province d'Alger et de Titteri, ne le fut pas

moins par la garnison de Miliana. Le lieutenant-colonel

^int'Arnaud qui la commandait, plus heureux ou plus

I prudent que son prédécesseur, obtint des succès contre

Lies Beni-Menacer de l'ouest. II marcha ensuite au secours

f d'Amer-bcn-Feratli, qui se disait menacé par Mohammed-

llMQ-Allal, et s'avança jusqu'à moitié chemin deTakdemt;

liDais il ne rencontra nulle part d'ennemis sérieux. Il ne

|RDtra à MUiana que le 6 novembre.

Bien que le résultat de toutes ces petites courses n'an-

Bnonçât pas que l'agitation qui s'était manifestée quelques

l semaines auparavaut parmi les tribus du Cbélif se fût

laccnie, le général Bugeaud n'en persista pas moins dans

MU projet d'expédition vers l'Ouenseris, qu'il considérait

Ksvec raison comme un refuge toujours prêt à recevoir

)d-el-Kader. 11 partit, le 25 novembre, de Miliana avec

■-toutes ses forces actives, qu'il avait réunies sous cette

Kjlace.ll enferma trois colonnes, dites de droite, du centre

■et de gauche. La colonne de gauche, commandée par le

Tçolonel Korle, passa immédiatement le Chélif en face de

nfiliiinEi- Les deux autres descendirent jusqu'au pont,

u'elles franchirent, et arrivèrent ensemble à l'Oued-

louina; là, elles se séparèrent. Celle du centre, sous les

Eçidres du général Changarnier, remonta celte rivière ;

pelle de droite, dirigée par le gouverneur général, ayant

wus ses ordres immédiats le duc d'Aumale, nommé ré-

pemment maréchal de camp, descendit jusqu'à Souk-el-

ïeninsurl'Oued-Fodda. Le rendez-vous des Iroi colonnes

KEtait désigné à l'Oued-Ksab, à quelques lieues ù l'ouest

w'&u grand pic de l'Ouenseris. Le général Changarnier y

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arriva lé preipiër. It eiit à traverser les chàinps de bataillé dû 19 et dii 2Ô septembre; tùâis il ne trouva cette foiâ (j[ue des population^ soumises ou du moins effrayées^ de sorte qu'il n'élit pas à conibattré.

Le éolôitiei Ëoi'te^ <}ni avait màntieUvi'ê ^^t les pentéà stid dé l^Ôuénsens, eiit ^uël^Ués ètigageiiiènts d'afriè^egarde ; niais il né tarda pas à se têUilir au général dhàdgârniéi*.

Lé gouverneur général rémonta l'Ôiîed-Fodda. t)an^ là niiit du 29, il détacha le colonel Yousotit stif l'Oued-ïsli pour châtier les Oulad-Kossëir, qui\ après avoir fait cômiîié tant d'autres leur soumission lors dé la première eipéditîôti du Chélif^ s'étaient derechef, comme tant d'àùtfèâ encore, ralliés à Abd-èl-Kàder. Yousout ramena dé cette expédition épisodiqUe p!*ès dé deux cents prisonniers, qiié lé général Bugéàud,qu*ils auraient embarrassé, fit relâchëf en les chargeant dé porter à leurs cotnpairiolës des parbléS de conciliation. Le lendeirialh, là bolonne traversa le pày^ des Rihat, qui restèrent paisibles. Le 1" décembre, elle eût Un petit engageinént d'ârrière-gardé, et, le 2, elle arriva aii rendez-vous général-.

Les mouvenients combinés du général BilgéiSlud n^à- Vaient amené aucun résultat bien saillant. Quelques coupa de fusil insigniiSants et quelques soumissions de circonstance pliis insignifiantes encore étaient tout ce qu'on àvâît obtenu. Le gouverneur résolut dôUc de pousser plus avâht f les trois colonnes se séparèrent de nouveau, et un second rendez-vous leur fût assigne au marché du Ifhàmis dés Beni^Ouragh, sur l'Oued-Rîôù. La colonne de gâùcbé revint au Souk-el-Tenin, (Jù avait été établi un dépôt dé vivres. De là, elle se dirigea sur le rendez-vous général, où elle arriva, lé 9, après linè alternative de coups dé

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Àlsiï et dé sotimissions sans conséquence ; elle y trouva le général tCfiângarnier qui y était arrivé la veille. Ce gêiiêral fltvàît éû liri instant devant lui Abd-el-Kadet en personùé^ et avait vainement cherché à l'atteindre avec la partie la plus mobile de ses forces. L'Ëmir^ laissant quelques troupes sous les ordres d'ËUËarkani qui se trouvait àvéc lui, s'était rejeté vers le sud, sur le tèrrîtohré des Aïad, où il enleva la famille de notre agha, Amêr-bèû-t'éî'àtli.

Là tîôlôhhe de gauche arriva la dernière à TÔuéd- Kîoii. Elle eut à soutenir quelques combats d'arrièçe^^ gâfde, dont un assez sérieux, le lO décembre. Êllç él-^ truîsit deux villages kbaîles, Kharnachll et tiardjally perdit peu de monde et eii tua assez à Tennemi ; înaiti Àbd-èl-Ëàder, habile à profiter du moindre avantage, ayant fait grand trophée d^uid méchant aMl de montagne 4u'ôn avait été obligé de laisser entre les mains de Tenûéitii^ h mtilet qiii le traînait ayant été tué, les Kbaïle^ se crtirent pitesqùe vainqueurs. Ceux à qui on avait eu af- Mt6 appartenaient la plupart à la grande tribu des Beni- Outagh, au milieu de laquelle Abd-el-Kader s'était rendu âprèi^ sa pdiiite sur les Aïad. Le gouverneur ayant réuni èous les ordres du général Chàngarnier la colonne de gauche et celle du cebtre, attaqua celte tribu de deux ôôtés à la fois. Les mesures furent si bien prises que ces toontagnards, se sentant enveloppés , passèrent aussitôt de l'arrogance au découragement le plus complet. Leur chef, Mohammed-ben-Hadj, ayant vu fuir Abd-el-Kader, reconnut que toute résistance serait inutile et se présenta à notre aVànt-garde, demandant à être conduit au gouverneur général. Arrivé en sa présence, il lui dit avec beaucoup de noblesse qu'il avait servi longtemps avec

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conviction et zèle la cause de l'Ëmir, mais que le sort tui' imposait à cette heure un autre devoir, celui de sauver ses gens d'une ruine totale ; qu'en conséquence, il oiïrait sa soumission pleine, entière et sincère, s' engageant à remettre ses enfants comme otages entre les mains des Français. Le ton de franchise virile de cet homme plut au g6néra1 Bugeaud. Il lui répondit qu'il acceptait sa soumission, le tenait quitte des âtages et ne voulait d'autre garantie que sa parole. Cette parole ayant été donnée, le gouverneur fit retirer ses troupes et se replia , le 17 décemhre, sur l'Oued-Riou , où il séjourna le 18, Il fit partir de ce point, pour retourner dans la province d'Alger avec une partie de ses forces , M, le duc d'Aumale , qui arriva sans événements dignes de remarque à sa liesftioation. Le général' Changarnier eut ordre d'aller s'em- |)arer de Tenez; quant au gouverneur lui-même, il se dirigea sur Mostaganem, avec l'intention de se rendre par mer sur le point dont il venait d'ordonner la prise de possession ; mais lorsqu'il se présenta devant Tenez avec deux bateaux à vapeur quelques jours après, il n'y trouva, au lieu des troupes du général Changarnier, qu'une lettre qui lui annonçait qu'elles avaient passé outre. Ce général n'avait pas trouvé que cette locaUté offrît des ressources suffisantes pour qu'on put l'occuper immédiatement ; en conséquence, il avait conduit ses troupes à Cherchel, et de là à Blida, où elles arrivèrent le 4 janvier. Il n'eut pas un coup de fusil à tirer dans tout le trajet du Chélif à cette ville, trajet que la pluie et la nature du terrain rendirent du reste très-difficile; mais les populations paraissaient partout découragées et lasses de la guerre. Le hakem et le cadi de Tenez s'étaient portés & sa rencontre avec empressement , ainsi que la plupart

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