LIVRE XXXIV
rdes chefs des tribus qu'il traversa. Le gouverneur géné- I rai rentra à Alger en quittant la rade de Tenez, où il ne l s'arrêta qu'un instant, voyant que ses ordres n'avaient I |iu être exécutés.
H ne se passa rien qui mérite de fixer l'attention, dans a province de Conslantine, dans les quatre premiers mois *Se l'année 1842, si ce n'est que le colonel Briche, comitnandant du cercle de Philippeville, se rendit à Bâue par I "terre avec une faible colonne et en revint sans coup fé- , ayant ainsi établi des communications intérieures I entre ces deux poinis importants de l'occupation fran- Jçaise. Zerdoude, obligé d'abandonner l'Edougb depuis ■Texpédition du général Randon dans ces montagnes, s'él îait porté dans celles de Djidjeli.
Vers les premiers jours de mai, le général Négrier s'é- I tait établi chez tes Harakta, où sa présence avait eu&n lâéterminé la soumission entière de cette tribu. Le rap- I port de celte petite expédition arriva k Paris fort à pro- I Jio8 pour le général Négrier, qui se trouvait alors en Ibutte aux attaques des journaux, et même de la tri- I bune, au sujet de plusieurs actes acerbes qu'on lui reprof 'ehait. Nous avons déjà parlé de quelques-uns de ces actes, qui furent tels, que le ministère avait dû, par des ordres formels, modérer la rigueur de ce général, rigueur nulle part moins nécessaire que dans une province où notre domination était presque partout acceptée sans répugnance. Il y a sans doute des mesures sévères, que la Taison approuve et que le droit des gens consacre ; mais il ne faut pas faire des supplices un système politique ; il ne faut pas qu'un homme qui a en main un immense pouvoir, croie grandir encore en coupant des têles. Il est, au contraire, à désirer, lorsqu'il est forcé d'en venir
^, qu'il ail dans le cœur, ou au moins dans l'esprit, une [■pensée qui lui montre cette extrémité comme un aveu nu peu humiliant d'impuissance morale : car le premier f-Sfenu, si on le suppose revêtu d'une autorité dictatoriale, ■peut couper des têtes ; il n'y a rien à cela de difficile, pi qui ne soit au-dessus de l'intelligence la plus vulgaire; c'est ce que fait le plus grossier pacha turc; mais savoir faire en sorte qu'où ne soit pas obligé d'en couper, voilà ce qui n'appartient qu'à un homme supérieur, et ce qui constitue un triomphe aussi flatteur pour l'esprit que Xt^ doux pour le cœur.
Pendant que le général Négrier était chez les Harakta, les Kbaïles, excités par Zerdoud, attaquèrent simultanément le camp d'El-Arouch, le bloekaus d'El-Dis, et la place de Djidjeli. Il est presque superflu de dire qu'ils fiirent partout repoussés, car le lecteur doit savoir main- ^nant aussi bien que nous de quelle nature sont ces attaques des Africains contre des postes fermés. Le 27 mai, le général Négrier, qui était ce jour-là à Aïn-Babou- ' cixG, eu partit pour se porter sur la petite ville de Tehessa, et alla bivouaquer le même jour à Aïoun-el-Rebaa, sur l'Oued-Tourouch. I! s'arrêta sur ce point le 2S et le 29. Le 50, il traversa l'Oued-Tourouch, franchit ('le Djcbel-Amama, descendit dans le bassin de l'Oued- 1 Mcskiana, et campa sur la droite de cette rivière, à la ' limite du territoire des llarakla et de celui des Oulad- Sidi-Yaliia-hou-Taleb. Le oJ , après une marche de douze [ jieues, il arriva à Tebessa à sis heures du soir. Le kaïd et le cadi de cette ville allèrent à sa rencontre avec les 'notables du lieu, et lui montrèrent les dispositions les plus pacifiques et les plus soumises. Tebessa est l'antique Thevesle, ainsi que l'indique une inscription très-appa-