LIVRE XXXIII
revint ensuite à Oran et de là à Alger^ où il arriva U M février. Il fit exposer sur là principale place de cette ville les canons pris sur Tennemi^ ou pour mieux dire ab«i^ hennés par lui. Ces trophées d'un succès qui^ quoique facile^ n'en était pas moins important^ produisirent Mi grand effet sur l'esprit des indigènes de l'Algérie centrale^ qui virent qu'il n'était plus d'asile d'où on ne put chasseir Abdr^eUKader.
Pendant l'absence du général Bugeaud^ le général de ^fiamigny av^it fait opérer quelques courses dans les moBtagnes de Khachna^ dans celles de Biida et chez les Had*jouteç. Au retour du gouverneur^ il fut chargé de con^ du|re un convoi à Médéa^ après quoi il t'entra en France. Quant à nous^ nous allons ramener le lecteur dans la pn^vioce d'Oran, aveo le désir de ne pas trop le fatigu«p par le riscit des opérations militaires qui eurent lieu sLâiultaiiément sur trois points principaux de eette proft* vinee. Mascara^ Mestaganem et Tlemceii^ événemeatè qui^ nous l'en prévenons^ ne lui offriront pas grand intèrèt; mais l'historien n'est pas^ comme le poëte^ mattre du sa matière. Au surplus^ si Ton veut pénétrer au fond 4es ehoses, on peut trouver à s'instruire dans l'étude des faits que nous niions raconter. Il faut pour cela oublielr un instant ces savantes et dramatiques batailles que les {leuples civilisés se livrent entre eu%., et considérer que cett^ stratégie de buissons^ où nous allons nous enfoncer plus que jamais, est après tout une des conditions de celte guerre, autrement fécpnde en résultats pour l'ave^ oir que l'Européen progressif semble être appelé à faire désormais partout au Musulman stationnaiire ; heureux quandi dans cette lutte, le premier n'oublie pas que le «eeond lait aussi partie de Tbl|p^^ité !
La marche des événemenls dous a conduit déjà jusqu'à l'occupation de Tlemccn; mais nous sommes maiotenant obligé de revenir un peu sur nos pas pour racoûter ce qui s'était passé, avant cette prise de possession, à Mascara et à Mostaganem.
Nous avons vu, dans le livre XXXI, que le général Lamoricière avait reçu ordre de s'établir à Mascara avec la majeure partie de sa division, c'est-à-dire dix bataillons d'infanterie formant deux brigades commandées par les colonels Thiéry et de La Torré, et quelques centaines de spahis. Il arriva à sa destination, le 2 décembre 1841, après un léger combat de cavalerie contre les troupes de Ben-Tami. A celte époque, ce chef bloquait Mascara; peu de temps auparavant, il avait enlevé le troupeau de la garnison de cette place qui se trouvait dans une situation peu satisfaisante. Abd-el-Kader était sur la Djediouia, afQuent de gauche du Chélif, entre la Mina et l'Oued- Riou, position centrale entre la province d'Oran et celle d'Alger, dans un pays riche qui n'avait point encore souffert de la guerre. Le général, dès son arrivée à Mascara, reconnut que les approvisionnements ne suffisaient pas aux besoins de ses troupes. Comme les fours et les moulins étaient même eu nombre insuffisant, il fut décidé qu'on ne distribuerait que deux rations de pain pour trois jours, et que le reste serait donné en grains que le soldat moudrait lui-même avec des moulins à bras, pour en faire des galettes à la manière des Arabes. Cependant comme il y avait également pénurie de grains, on se mit à faire des courses chez les tribus voisines pour en obtenir ; il en résulta quelques petits combats, dans l'un desquels l'aga des Hachemfut tué. La plus importante de ces expéditions eut lieu, le îi décembre, sur les Béni-