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Chougran cl les Oulad-Sidi-Daho; on leur tua 80 hommes, on leur fit 200 prisoDoiers, et on leur enleva un peu de bétail, dont on commençait aussi à manquer.
La présence du général Lamoricière à Mascara eut pour principal résultat d'éloigner un peu de celte ville Mustapba-ben-Tami et de sépai-cr d'Abd-el-Kader les tribus situées entre Mascara, Moslaganem et Oran ; ces tribus, abandonnées à elles-mêmes, songèrent dès lors à se soumettre. L'Émir quitta dans ce moment sa position de Djediouia et se dirigea sur Tlemcen, car ce fut à celte époque qu'éclata la révolte de Mohammed-ben-Abdallah. Le général Bedeau, qui commandait à Moslaganem, partît de cette ville dès qu'il en reçut la nouvelle, pour aller, comme nous avons vu que l'avait fait le colonel Tempoure, appuyer ce mouvement insurrectionnel. Arrivé à l'Habra, il reçut de la part des Bordjia des propositions qui suspendirent sa marche: toute la partie de cette puissante tribu qui babitait la plaine offrait de se soumettre immédiatement; celle de la montagne hésitait, ou plutôt semblait demander l'honneur d'une espèce d'attaque. Quelques troupes qu'on fit marcher contre elle l'ayant satisfaite à cet égiird, la tribu entière fit su soumission, à la condition que ses cavaliers seraient admis dans les rangs des spahis irréguliers et traités comme les Douair et les Zmeia à notre solde. Les Bordjia demandèrent en outre l'autorisation de s'établir provisoirement sur le territoire de Mazagran, pour être moins exposés aux entreprises des autres IribuSj dans le cas où cellesci ne suivraient pas leur exemple. Le général Bedeau y consentit, et, renonçant au projet de se porter vers Mohammed-ben-Abdallah, projet contrarié d'ailleurs par la
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pluie, (itii avait rendu le Sig infranchissable, il les canduisit et les installa lui-même daus leurs nouveaux campements. Bientôt après les Beni-Chougran el toutes les petites tribus à l'est de l'Habra firent également leur soumission, ainsi que les Garaba, ces Hadjoutes de la province d'Oran. Ces derniers traitèrent directement avec le général Ougeaud, qui venait d'arriver dans cette ville pour son expédition de Tlemcen,
Après toutes ces soumissions, le général Lamoricière, assuré sur ses derrières, s'occupa d'étendre son rayon d'opérations. Il ne put le prolonger bien loin dans le mois de janvier, qui fut extrêmement pluvieux; mais dès le commencement de février, le général Bedeau lui ayant amenéun convoi qui lui élaitdevenu bien nécessaire, et le temps s'étant un peu amélioré, il prit plus d'essor. Il avait toujours en face Muslapha-ben-Tami, tiomme éclairé et habile dans le conseil, mais que son défaut de bravoure personnelle rendait timide dans l'exécution. Ce chef agissait principalement avec les Hacbem, dont les forces, tant en cavalerie qu'en infanterie, ont été évaluées à 10,000 hommes par le général Lamoricière; il avait de plus 500 fantassins et ISO spahis réguliers. Beo-Klil<a, aga des Sdama, avait relevé les ruines de Takdemt, où SiOO fantassins gardaient la famille d'Abd-el-Kader.
Le 1" février, Tefenchi, agha des Hachem-Cberaga, ayant attaqué les Bordjia d'Egbrès, pour les punir de leur acte de soumission, le général Lamoricière roarcba contre ces Hacbem, campés alors sur l'Oued-Zelaropta, les surprit au point du jour, et leur enleva un rîclie butin, dont une partie servit à indemniser les Bordjia de leurs pertes. Le 4, il se porta ù sept lieues au sud de Mascara, sur les gorges d'Ankrouf où il savait que Mustapha-beo-
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Tamî avait un dépôt de munitions de guerre ; mais ^ A l'exception de quelques barils de poudre y repnemi eut le temps de Tévacuer. Le général ayant appris sur cette position qu'une partie des populations fugitives était dau^ les gorges d'Ouzalal^ au delà de la forêt de Nozmotey f^Ua l'y surprendre dans la nuit du 6 au T* On fit à ces gens* }& plusieurs prisonniers , parmi lesquels se trouvait le marabout Sidi-Kada-ben-Moktar. Rentré à Mascara le 9^ le général Lamoriçière se servit d6 ce personnage pour entrer en négociation avec les Hacbem-Gheraga , cbe? lesquels il lui savait beaucoup d'influence. Âpres plusieurs pourparlers la soumission de cette tribu parais^ sait cert^ine^ lorsqu'il lui arriva des lettres d'Abd-eU ^der qui cbangèrent ses dispositions, L'Émir lui aur nongait qu'il était lui-même sur le point de traiter avec UD ageul qu'oi) }ui avait envoyé de Paris ; qu'ainsi ceu:|^^ qui étaient fatigués de la guerre seraient bientôt satisr faits, mais qu'une fois en pai:i^ avep les Français, il ferait sentir son indignation aux tribus que ti*op de précipitatioi^ auraient conduites à vouloir traiter séparément.
Il y avait dans oa qu'annonçait Abd-el-Kader quelque chose de vrai : à peine arrivé en Afrique, le général Bugeaud avait envoyé auprès de lui un agent secret, qu| était un certain Nicolas Manucpi, un de ces levantins chez qui une ignorance barbare s'allie à une extrême dextérité, et des vices turpides à des qualités très-louables^ Cet homme avait mission ou d'amener Abd-el-Kader 4 une soumission complète, manifestée par une remise considérable d'armes et de chevaux de guerre, ou de corrompre ^es principaux lieutenants. Dans le courant de 1841 et 1842, il alla souvent du général Bugeaud à Abdel-KadeTi Qt d' Abd-el-Kader ii^ général, Jl était auprès
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e l'Émirj lorsque la lettre dont nous venons de parler bt écrite.
Voyant qu'il n'avait plus rien à attendre de la voie des négociations , le général Lamoricière ne tarda pas à se remettre en campagne. Le 16, il se porta sur les Metchachine, fraction des Hachem-Garaba qui hiibite la vallée de rOued-Hamraam. Il força ces Arabes à la soumission et s'assura par là des communications faciles et directes avec Oran. Le gros des Ilachem-Garaba s'était replié sur la rive gauche de l'Oued-Hounet , un des afQuents de rOued-Hammam, au delà des gorges de Kersout vers le , ïnidi. On marcha vers celte position le 26 ; mais il y eut, I-AVant d'y arriver, un petit engagement avec quelques cavaliers qui observaient la roule, et le bruil de cette escarmouche donna l'éveil aux Hachem qui s'éloignèrent. Quelques-uns, sous la conduite d'Ali-bou-Taleh , oncle de l'Émir, se portèrent chez les Djafra ; les autres , en plus grand nombre, restèrent avec Muslapha-ben-Tami , et continuèrent à s'avancer vers le sud. On poursuivit ceux-ci jusqu'à AïD-Manaa, à quatre lieues au sud-ouest de Saïda, mais on ne put les atteindre. La colonne française rentra à Mascara le 8 mars, ramenant quelques prisonniers.
Le 10, le général Lamoricière sortit de nouveau, et comme les Hachem-Garaba étaient un peu revenus vers le nord , il se retrouva bientôt sur leurs traces. Par suile de la chasse qu'il leur donna, les uns, avec Ben-Tami, se retirèrent chez les Flitta, et les autres auprès de Ben-Klika, chez les Sedama. Le général Lamoricière résolut de marcher successivement contre nés deux tribus. Il manda au général d' Arbouville qui avaitrempIaeé,àMostagaiicm, le général Bedeau, de venir le joindre & Fortassa sur le
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' territoiredesFlittaoùilscrendit deson cflté; laionclioo eut lieu le 22 ; il c'en résulta que quelques soumissioDs partielles. Les deux généraux se séparèrent de nouveau dès le leudemain. Le général d'Arbouville descendit dans la vallée du Chélif, et le général Lainoricière marcha sur Frenda à travers le pays des Sedama, dont la principale firactioD, les Eou-Ziri, eut extrêmement ù souffrir ; on leur tua plus de 80 hommes, on leur enleva plus de 12,000 tètes de bétail, et on leur prit un grand nombre de femmes et d'enfants.
Le 26, les Bou-Ziri étant venus faire leur soumission, on leur rendit leurs femmes, leurs enfants et leurs troupeaux. Le mi^me jour, la colonne française arriva àFrenda. Celte ville, qui est de la grandeur de Mascara, est bâtie sur un escarpement de roches, au point culminant d'un haut plateau. Toute la colonne trouva à s'y loger; elle s'y reposa le 27. Les habitants fugitifs et les tribus des environs firent leur soumission. Le 28, le général Lamorlcière reprit la route de Mascara où il arriva sans événement.
Le général d'Arbouville, qui de Fortassa s'était dirigé sur la vallée du Chélif, y déboucha le 28 par Dar-ben- Arach, entre l'Oued-Riou et la Djediouia. 11 reçut dans cette vallée lasoumissiou deslribusqui, en 1S36, avaient si bien accueilli le général Perrcgaux, de celle surtout des Oulad-Sidi-el-Aribi; il rentra à Mostaganem le l" avril.Peu de jours après, il alla relever avec sa brigade à Mascara ks troupes du général Lamoricière qui rentrèrent momentanément à Oran.
Ayant d'aller plus loin, voyons ce que faisait pendant ce temps-là à Tiemcon le général Bedeau que le gouverneur général y avait établi ; ce général avait en face
Abd-et-Kader lui-mCine. Après la prise de TIemcen l'Éinir n'avait pu se résoudre à abaDdonner complètement fine contrée Itmilroplie du Maroc, qui lui fuurDÎssait un appui moral et assez souvent même matériel. Il s'était établi dans les montagnes de Trara. Le 6 murs, le général Bedeau marcha contre lui avec 2,S00 hommes d'inhnterie, trois pièces de montagne, les irréguliers du gé- "fl(6ral Mustapha, et une partie des cavaliers des Beni- Amer. Le 7, il passa la Tafna. Le 8, il arriva à Nédrouma. Cette ville kbaïle, qui compte près de 5,000 habitants, est située sur le versant septentrional des montagnes, et domine le pays de Souhalia. La population, travaillée depuis quelques jours par les émissaires du général, n'avait pas fui à l'approche de nos troupes, comme il était presque continuellement arrivé aux autres populations urbaines de l'Algérie; elle fit tous les actes de soumission qu'on lui demanda, y compris la remise d'otages. Le général la traitii de son côté avec une juste bienveillance, et s'abstint d'introduire ses troupes dans la ville, Abdel-Kader voyant celte ville perdue pour lui, abandonna sa position ,en loule bâte, en se dirigeant vers la haute Tafna, Le général fran^'aîs prit la même direction plutôt dans le but de chAlicr quelques tribus qui lui avaient fourni du secours que dans l'espérance de l'atteindre. Le i 1, il eut un petit combat assez vif contre les Kbaïle» de Kef dont il enleva les troupeaux, et à qui il prit des femmes et des enfants. Le 13, il renira à TIemcen ramenant quelques centaines d'habitants fugitifs de cette
Abd-el-Kader dans sa retraite s'était porté sur les terres du Maroc. Il y réunit, par la coopération ou au moins avec le consentement des autorités du pays, les guerriers
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ééi Béhi-^àâseti et de qtièlqaès autres tribus^ ét^ ati bral de quelques jo^ts, il repartit sur le territoire de T Algérien hb SO mars, ses coureurs eurent un petit engagetnenl^ à E3-Bi^idj^ ave(i les cavaliers dii général Mustapha. Le g^ lierai Bédêaii était en marche pour se rendre sur ce points lorsqu'il apprit que l'Éinir débouchait suf laTafha moyenne ateu l^SOO cavaliers et plus de 3^000 fantassins. II revint ^ aussitôt sur ses pas et se porta vers Hanaya> où ses itt^''^ ^ gttliers battirent l'avant* garde de l'Émir. Laissant itjf^'^ €8 point ses bagages sous la garde de trois bataillons^ il s'avança ensuite vers la Sikak^ où il se trouva en face d'Abd-el-Kader. Gomme l'ennemi était très-supérieur en nombre^ surtout en cavalerie^ le général Bedeau erut devoir lui laisser l'initiative de l'attaque. Les Marocains se présentèrent d'abord avec une apparence de résolution^ mais ils tournèrent le dos dès les premières déchargea. Les spahis réguliers de l'Émir^ qui n'étaient pas plus de deux cents^ se conduisirent seuls en gens de cœur ; ils perdirent le quart de leur monde ^ Nos pertes furent légères . Parmi nos morts fut le capitaine Guide^ du 10^ bataillon de tirailleurs^ Ce combat eut lieu le 31 . Abd-ei-Kader^ battu^ se retira sur le marabout de Sidi-Ibrahim. Le général Bedeau rejoignit les bagages et passa la nuit au lieu où il les avait laissés. Le lendemain^ il marcha sur Sidi-^ Ibrahim ; mais l'Émir en était déjà parti. La colonne fran* çaise rentra ensuite à Tlemcen«
Les Marocains^ découragés^ abandonnèrent pour la plu<-' part Abd-el*Kader ; mais il parvint bientôt à faire de nouvelles recrues par le moyen de Sidi-Hamza, homme très-^ influent parmi les tribus limitrophes. Dès les premiers jours d'avril, il reparut sur la rive gauche de la Tafna. Le général Bedeau sortit de Tlwicen le 4 ; mais il oe le
rencontra pas, et le mauvais temps le força de rentrer sans avoir rien fait. Le 9, ayant appris que les cavaliers de l'Émir avaient passé la Tafna, il se remît en campagne e se porta au conduent de cette rivière et de l'Oued-Zeithoun. A la vue de la colonne française, les coureurs de l'Émir repassèrent la Tafna, que nos irréguliers franchirent sur leurs traces, Il y eut entre les uns et les autres un petit combatj que quelques obus tirés de la rive droite firent cesser. Comme la Tafna était trop enflée par les pluies pour que l'infanterie pût la passer, le général resta dans sa position jusqu'au 11. Ce jour-là, voyant que les eaux ne diminuaient pas, il feignit de se mettre en retraite. A peine s'était-il éloigné d'un quart de lieue que, ainsi qu'il l'avait prévu, toute la cavalerie de l'Émir se jeta sur la rive gauche ; le général, faisant alors volte-face, fit charger cette cohue par les irréguliers et par un escadron du 2° de chasseurs d'Afrique, commandé par le lieutenant colonel Sentuary. L'ennemi fut mis en pleine déroute et poursuivi jusque dans la rivière. Sidi-Hainza fut blessé et pris.
Ce nouvel échec réduisit encore Abd-el-Kader au noyau de spahis qu'il avait avec lui; mais toujours supérieur à sa fortune, sa constance n'en fut pas ébranlée. Décidé à n'abandonner qu'à la dernière exlrémilé une contrée qui le mettait en communication avec le Maroc et aussi avec Gibraltar, d'où il paraît certain qu'à diverses époques il a tiré des munitions, il parvint à réunir encore quelques milliers de Kbaîles des pays de Msirda, Souhalia et Trara. il vint avec ces forces bloquer Nédrouma, qui nous était restée fidèle. Le général Bedeau courut aussitôt au secours de cette place. Le29avril, il attaqua les troupes de l'Émir à la position de lîab-el-Taza, et les mit en pleine déroute.