LIVRE xxsv. m
Ffiedeau surprit, chez les Djaffm, le bivouac de Zethouni,
^nouveau chef qu'Abd-el-Kader venait de donner à cette
^u. Il lui tua une quarantaine d'hommes et le fit lui-
'léme prisonnier.
; A Tiltcri, les Adoura el les Oulad-Alane, tribus du
Ind-est de cette province, étaient en querelle ; les tribus
h>isines ayant pris fait et cause pour l'un ou pour l'autre
il en résultait des désordres dont Ben-Aouda-el-
biktari comptait profiter dans l'intérêt de l'Émir. Le duc
^Aumale, voulant faire cesser cet état de choses, se porta
B milieu de ces tribus, où il arriva le 20 avril. Après un
l^tit combat de cavalerie contre les Rahman, principaux
Éuteurs du trouble, il apaisa le désordre et se replia sur
llédéa. Il y était à peine rentré qu'il reçut l'ordre d'oc-
liper Boghar, et de se servir ensuite de ce point, comme
btse d'opéralion, pour manœuvrer vers le haut Ghélif,
) manière à surprendre, s'il était possible, la Smala
jjTAbd-el-Kader, que l'on savait être dans ces parages.
i vigueur avec laquelle ce jeune prince accomplit celte
piissioa en fit le plus intéressant épisode de la campagne
f fde 1843.
Après s'être assuré de la position de Boghar où il établit un dépôt considérable de munitions de guerre et de bouche, et où il laissa une garnison de 250 hommes, le duc d'Aumale partît de ce poste le 10 mal, avec 1,300 fantassins, 600 clicvaux et ua convoi de près de 800 chameaux et mulets, portant un approvisionnement de vingt jours de vivres. D'après des renseignements qui lui furent donnés par le kaîd des Oulad-Aïad , il dut croire que la Smala était dans les environs de Godjilah ; il se porta donc sur cette petite ville où il arriva le 14 au matin, après une marche de nuit. 11 sut là que la
?d ANNALES ALGÉRIENNES.
Smala était à Ouessek-ou-Rèkaï à 15 lieues au sud-ouëst; Le pritice se dirigea sur ce point, mais il apprit en route qu'elle avait levé le camp la veille au soir, et s'était portée sur Taguin, avec l'intention de se rendre dans le Djebel* Atnour. Abd-el-Kader, disait-on, observait, avec 25 cavaliers seulement j les mouvements du général Lamoricière, et paraissait né rieri craindre dfe la colotitie dft prince qu'il croyait arrêtée à Boghar. La précision de ces indications semblait en garantir l'exactitude ; d'ailleurs dans ces contrées brûlées une source est nécessairement un lieu d'étape ; le prince avait donc quelques chances de rencontrer à Tàguiri ce qu'il cherchait. Prenant aussitôt son parti, il forma deux subdivisions de sa colonne ; l'une, à la tête de laquelle il se mit, fut composée de la cavalerie, des zouaves et de l'artillerie de montagne ; l'autre, composée de deux bataillons d'ili* fanterie et de cinquante chevaux, devait escorter le coiivoi sous les ordres du lieutenant-colonel Chadeyssoii. Après une halle de quelques heures^ les colonnes partireni ensemble; la première eut bientôt gagné lès devants. Le 16, à la pointe du jour, on saisit quelques traînards de la Smala. Trompé par les indications qu'ils donnèrent, le prince fit avec la cavalerie une reconnaissance vers le sud. Voyant qu'il ne découvrait rien dans cette direction, il reprit celle de Taguin ; mais ce mouvement l'éloigna considérablement des zouaves et de l'artillerie. Vers onâe heures le kaïd des Aiad, envoyé en avant pour reconnaître l'emplacement de l'eau, revint au galop annonçant que la Smala tout entière était établie à la source mènie de Taguin. Un' repli de terrain la cachait à notre petite colonne, mais on n'en était pas à plus d'un kilomètre. La $mala était composée de SOO Douars présentant une