‹ Annales algériennesChapitre 31 sur 119 · LIVRE XXXY · texte numérisé non relu

LIVRE XXXY

r^taiFj^ dont il fit en même temps charger l'infaiiterie par dei)]^ escadrons commandés par le capitaine Cotte. Ces deux charges furent d'abord vigoureusement repoussées ; il y eut même un instant de désordre. Le capitaine Gotte^ dont le cheval avait été tué, serait tombé entre les mains des Arabes, sans un trompette nommé Escoffier^ qu| lui dpnnia le sien. M. Cotte na voulut pas d'abord accepter un acte de dévouement qui pouvait entraîner la perte de son auteur ; mais Escoffier lui dit avec une 1|^le et touchante simplicité : a Prenez, capitaine, prem nez mon cheval, car ce n'est pas moi, c'est vous qui « rallierez l'escadron. » Le généreux Escoffier fut pris p^ les Arabes, qui eurent pour lui les égards que le$ hommes, même les plus barbares, refusent rarement au courage uni à la vertu. Il fut échangé l'année suivante;^ et reçut la récompense de sa belle action. Nos cavaliers, ralliés par leurs officiers, ne tardèrent pas à reprendre l'of* fensive, et bientôt l'arrivée de l'infanterie française détermina la retraite de l'ennemi. L'Émir perdit dans ce combat un de ses lieutenants, Abd-el-Baki, et six officiers d'un rang inférieur. Après celte affaire, il se porta chez les Beni-^mer, où il enleva quelques tentes de cette tribu soumise , mais les Beni-Amer, soutenus par une petite colonne française commandée par le chef de bataillon de Barrai, du 15' léger, le harcelèrent dans sa retraite; il courut personnellement lui-même un assez grand danger, car un de nos Arabes auxiliaires, appelé Abd-el-Kader-ben-Hamedi , lui tira à bout portant un cqup de fusil qui rata. L'Émir lui riposta par un coup de pistolet qui l'étendit mort.

L'été et l'automne se passèrent ainsi, dans la province 4|^ Mascara^ en une série de courses qui avaient enfin u^

tÉÊ ANNALES ALGÉRIENNES.

1 but bien marqué, Abd-el-Kader, et pouvaient toutes faire espérer un succès décisif, sa mort ou sa captivité. Nous

l BTODS VU qu'eu effet l'Ëaiir se trouva plusieurs fois bien

I près de sa perte.

' Le général Bedeau avait presque continuellemeat opéré depuis le printemps daus le pays des Djaffra. Un poste-

I magasin avait été établi à Sidi-bel-Abbès, sur l'Oued- Me-

I fcarra, ce qui permettait à nos troupes de tenir longtemps la campagne dans celte contrée. Lorsque le général Bedeau la quitta pour retourner à Tlemccn, le colonel Tempoure l'y remplaça. A celle époque, Abd-el-Kader n'ayant plus rien à ramasser dans les champs, s'était rapproché de sa Smala; mais nos troupes avaient toujours en face son lieutenant Gen-Allal. Celui-ci cependant cherchait aussi à se rapprocber de la Smala, lorsque, le 11 novembre, il fut atteint dans sa retraite par le colonel Tempoure, sur rOued-Kacheba. Il fit de bonnes dispositions de défense; mais ayant vu son infanterie taillée en pièces et ses dernières ressources détruites, il prit la fuite avec quelques cavaliers. Chaudement poursuivi par le capitaine Cassaignole, des spahis, et par trois autres de nos cavaliers, il fit subitement volte-face, décidé à mourir les armes à la main. Dans cette lutte d'un contre quatre, Ben-Allal démonta le capitaine Cassaignole, lua un de ses assaillants, en blessa un autre, et succomba enhn sous les coups du brigadier Gérard. Les Français rendirent à ce vaillant ennemi tes honneurs funèbres dus au rang qu'il avait occupé parmi les siens; par ordre du gouverneur général, son corps fut transporté à Coléa, oi!i il fut déposé dans la sépulture de ses pères.

Outre la perte sensible du plus actif et du plus brave de ses lieutenants, le combat du 11 novembre coûta à

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