‹ Annales algériennesChapitre 32 sur 119 · LIVRE XXXV. 8S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXV. 8S

l'Émir 400 fantassins ou cavaliers réguliers lues, 364 prisonniers el trois drapeaux. Ses affaires parurent alors si coTnplélemeot désespérées, que le maréchal Bugeaud put, avec une apparence de raison, dire quelques jours après dans un banquet public : « Après la campagne du priait temps, j'aurais pu proclamer que l'Algérie était domptée K et soumise ; j'ai préféré rester au-dessous de la vérité. « Mais aujourd'hui, après le beau combat du 11 de ce « mois, qui a détruit les restes de l'infanterie de l'Émir 15 el fait tomber son premier lieutenant, je vous dis bar- « diment que la guerre sérieuse est fiuie. Abd-el-Kader f pourra bien encore, avec la poignée de cavaliers qui m lui restant, exécuter quelques coups de main sur les « Arabes soumis de la frontière; mais il ne peut rien tenter r« d'important, u

Ces confiantes paroles, auxquelles un avenir bien rapprocbé devait donner tant de démentis, ne paraissaient «pie justes alors. En eCfet, Abd-el-Kader était aux aboia : W Smala était réduite à la plus extrême misère. Dans celte triste position, forcé de songer avant tout à sa fabsislance et à celle des siens, et ne pouvant plus rien entreprendre sur noire territoire^ il attaqua, conjointepient avec quelques cavaliers des tribus de la frontière, les Hamiao , grande tribu de ces contrées alors en état ^'hostilité avec l'empire de Maroc, Il fit sur eux un butin Considérable et cinquante prisonniers qu'il envoya endaines à Oucheda. En remettant ainsi ces Arabes entre les mains du gouvernement marocain, il se posait, aux yeux des populations, en allié avoué d'Abd-el-Raman et engageait ce prince malgré lui. Ce coup de main ayant, en outre, provisoirement pourvu à ses besoins les plus Cessants, il se mil à agiter par ses émissaires les tribus

de rarfoïidisseméht dé Tlemcéh, doilt il re$ta de stt pér^ sohriè prudemment éloigné. Dans cet état de choàes, ft généi^al Bedeaii crbt devoir se montrer dans les fenVifôBS dé SebdôU. A cet efiffet, il sortit dé Tlemôeii le B dééènibïfe> et parcourut le territoire des Beni-Snous, des Bétii-boti-»- Sàïd, des BeniSmiel^ déS BeniOuriach et dés Bedi-Orllid. Il né rencontra partout que dés dispositions pacifiijlielsj^ A èe n'est chez les Beni-Shôus, dont une fraction ise HVîfa à des actes hostiles prômpteitient et sévèremeht réprimée.

Le général Bedeau se porta ensuite chez les Oulâça, dont deux fractions avaient prêté Toreilleaux étiiissàireSi de l'Émir. Il les fit rentrer dans le devoir et assut*a là tranquillité dans tout le Trara. L'Émir voulut profiter db son éiôigttement pour tentet quelques coups de main veit . Tlemcen ; mais ayant rencontré chez les Beûi-Lediel Un6 résistance à laquelle il ne s'attendait pas, il se retira avec ses forces actives à Messiôuen, à une journée m sud d'Oucheda. Sa Smalà s'établit à Bbùka-Chebà, âii delà dii Chôt-el-Gàrbi. DanS cette position, Abd-el-Kadet se livW à une série d'habiles intrigues qui devaient amener, Tannée suivante, une collision entre la France et le Maroc ; mais, quoique l'horizon comtaençât à s'assotnbHt^ dé ce côté, la province d'Oran, après tant d'agitations. Jouit d'uh repos comt)let à la fiii de l'année 1843; Le goti-* verriéur général, dàris un voyage qu'il fit à Tlemceti à oéttô époque, ne trouva sur son chemin que des population» soumises^ pleines en âppatencé de reconnaissance pour le nouveau régitne sotis lequel le sort des armes les avait t)lacées.

Au mois d'octobre précédent^ le gouverneur général s'était Iporté de nouveau dans l'Ouenseris dont les dispo* sitions paraissaient suspectes. Quatre colonne^ envahirent

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