LIVRE XXXVl
e général Baraguey-d'HîUiers îi Constanliue.— Mort de Zerdoude. — Expédilion de Collo.— Suiimiasioa des Hanentha.— Le général SillÈgue à Sélif. — Le duc d'Aumale prend le conimondemeûl de la province de Constanline. — Créatiun de plusieurs villages Eu-
~ ropéens et nouveaux essais de colonisaliou. — Examen de divers
• actes administralik.
Vers la fin de 1842, le général Baraguey-d'HiUiers nvait remplacé à Constantine le général Négrier, qui avait 5 rappelé en France. Ce nouveau général, après avoir kudié l'état politique delà province dont le connnaDdenenl lui était confié, résolut de travailler méthodiquement k l'extirpation des quatre causes de troubles qui y ixistaient encore et que nous avons indiquées à la fin 1 livre sxxiv. Il commença par Zerdoude et ses parti- , dont les plus ardents étaient les Kbaïles des montagnes des Zerdeza, qui, s'étendant entre la route de KCoQstantine à Bône et celle de Philippeville k Constanine, avaient un action fâcheuse sur ces deux lignes de sommunication. Il les attaqua, dans le mois de février, mr quatre calés à la fois, avec des troupes venues de i^onstantioe, de Bône, de Glielma et de Pbilippeville, ■-Entourés de toutes parts, ces montagnards, après avoir liprouvé des perles considérables, se mirent à la discré- |fion du vainqueur. Au mois de mars, une expédition à ■ peu près semblable fut dirigée contre celles des tribus
de l'Edouk qui tenaienl encore pour Zerdoude, et eut le m^me résultat. Ce fauteur d'insurrection, réduit à se cacher, fut trahi par son secrétaire qui, pour quelque argent, découvrit sa retraite, où il fut tué par des soldats qu'on y envoya.
Après la mort de Zerdoude, le général Baraguey-d'Hilliers pensa qu'il devait porter ses armes contre les Kballes des environs de Collo, qui s'étaieut toujours maintehlis à notre égafd dans les dispositions les plus hostiles elles plus haineuses. Comme il l'avait fait pour lesZerdeza, il envahit leur pays simultanément par plusieurs points. Le colonel Barthélémy, partant de Philippeville, s'y porta par la crtile des montagnes situées entre la mer
têt rOued-Gheibi ; le colonel Buttafoco, venant d'El- Arouch, avec des troupes de ce camp et d'autres tirées àe Bône, y arriva par la vallée de cette rivière ; enfin le général Baraguey-d'lîillicrs y pénétra par la rive gauche de ce mSnae cours d'eau. Le 10 avril, les trois coloDùeâ se trouvèrent devant Collo, après plusieurs petits engagements assez vil^ contre les Kbaïles. Quant aux habitants de la ville, qui depuis longtemps s'étaient mis ed Relations avec nous, ils se portèrent au devant du général et lui prodiguèrent des assurances de soumission. Lft 14, M. Baraguey-d'Hilliers marcha contre les Bsni-Toufoul, la plus forte tribu de la contrée. Il y eut à lltrÊ^ d'assez rudes combats du 15 au 19 avril. Ce jour-là aiirtoul les Kbaïles déployèrent une audace et un achatûèmenl extrêmes ; ils eurent, à mon avis, les honneurs de la journée, ils durent en être persuadés, lorsque, le leiidemain, ils nous virent nous replier sur Collo, oiï le besoin db se ravitailler ramena nos troupes. N'ayant pd dbtenir de ces montagnards la soumission qu'il leù^ de-
LIViRE XXXVI. 91
mâfadait, le général ravagea toute là partie du pays qu'il parcourut, coupant même les arbres fruitiers partout où il en trouva. Le désir de faire cesser ces dévastations ametia alors quelques soumissions partielles. Le général s'eû Contenta et quitta la contrée pour marcher contre Èl-Hàsnàoûî. Il pénétra sur le territoire soumis à Tinfluéncê de ce chef, le 25 mai, par Touést. Le même jour, les troupes de Bône, cohduites par le colonel Senilhes, y arrivaient par le nord, et celles de Philippeville et de Ghelina, sous les ordres du colonel Herbillon, y entraient par Hadjara, en suivant une direction intermédiaire aux deux pretiaières colonnes. El-Hasiiâoui, instruit d'abord du mouvement qui s'opérait de Ghelma, et qu'il crut être le sèiil, se porta vers le colonel Herbillon ; rfepoussé pàf cèlUi-ci, il alla se heurter daiis sa retraite contre le ëoloDèl Setiilhëè. Voulant se dégagea de ce nouvel adversaire, il se jeta sur la gauche ; maià, apprenant bientôt qu'il allait indubitablemeiit réncôtitirer daiià cette di« réctiôii le général BârâgUéy-d'Hilliers, il fraiiôhit la frontière et àe retira sur les terrés dé Tiinis. Lés fianencha, abandonnés par l'hoinmé qui, depuis Quelques années, \ei etitréteiiàit dans un état pérmatiéht dé révolte, se sounllréàt àlôts, payètènt les côiitrlbutiôiis, fort iriôdétééà dii teste, qui leur fut-ent iiûposéeSy et fournirent deà Àtàgës.
Aptes là mort dé ÉerdbUdè et la disparition d'El-Has* iiàoui, il restait au général Baragiiéy-d'Hilliers à éteindre complètement lés faibles partis d'Àhméd-Bey et de Môhânimed-bel-Hàdj-el-Sghir, et à mettre fin aiix petites àgitattotis dont Ben-Omar était la cause, vers l'ouest de la l^rovince. PôUr atteindre cotnpléteinent le pfemier but, tibè expédition vers le tnotit Âurès et au 2àb était né-
cessaire. Il n'était pas donné au général Baraguey-d'Hilïiers de la faire, mais il chercha à la préparer, eo se met- I tant en rapport avec El-Arbi-ben-Abou-Diaf et d'autres ' chefs de ces contrées. Pour ce qui est des petites agita- ' tions de l'ouest, plusieurs courses du général SillÈgue y mirent 5a, et firent rentrer Ben-Omar dans l'oubli et l'obscurité. Ces courses, qui eurent lieu au printemps, conduisirent le général Siilègue jusque sur les frontières de la province de Tiltery, à travers l'Oucnnougha. Au mois de septembre suivant, ce général reçut l'ordre de se porter, avec toutes ses forces disponibles, sur le Djebel-Dira,poursecoDderuQ mouvement que devaileffecluer sur cette montagne le général Marey, successeur de M. le duc d'Aumale à Médéa. Il s'agissait de mettre à la raison quelques tribus récalcitrantes. Le général Siilègue partit de Sétif le 21 septembre ; laissant les Biban à droite, il arriva, le 24, chez les Oulad-Trif, dans l'Ouennougha. Le 27, il arriva sur l'Oued-Djenan, oii il se mit en communication avec le général Marey, arrivé de Médéa. L'attaque du Djebel-Dira eut le succès qu'on en espérait, et les deux généraux s'élant séparés, M. de Siilègue se porta sur Bou-Sada, en descendant l'Oued-ei- Djenan et en passant par Tarmout, où se voient des ruines romaines fort considérables. Il arriva à Bou-Sada le 24 octobre. Cette ville, ou plutôt cette oasis, qui compte une population de près de 5,000 âmes, divisée en sept fractions, n'était pas dans un état de tranquillité très-satisfaisant : l'autorité du cheick Ahmed n'y était pas suffisamment consolidée ; les Oulad-Hamida, une des sept fractions, avaient quitté i'oasis à la chute du parti d'Abdel-Knder et s'étaient établis dans une localité voisine, d'où ils exerçaient des actes de brigandage sur les routes