‹ Annales algériennesChapitre 38 sur 119 · LIVRE XXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVII

!e voyant venir à lui se hâla de jeter son convoi sur la rive gauche sous la garde d'un bataillon, et faisant ensuite volte-face, U prit l'initiative de l'atluque. 11 culbuta la cavalerie de Ben-Salem, qui se replia en désordre sur son infanterie. Cetlc-ci avait pris position au village de Tflzourga, à l'entrée des montagnes ; attaquée à son tour par la uûtre, elle fat promplement mise en déroute, laissant quelques centaines d'hommes sur le champ de bataille. Le village de Tazourga fut incendié.

Après ce combat, le convoi, njoins ce qui était indispensable à l'approvisionnement de la colonne pendant quelques jours, rentra au camp retranché de Bordj-el- Uenaïl; le maréchal se dirigea sur Bordj-Sebaou, où le général Gentil reçut ordre de se trouver le 15, avec le teste de la division. Ce général, laissant un bataillon pour )a garde du camp, se conforma fi ses instructions, et, le tG, la division se trouva réunie à Tamdaïl, à l'entrée du |iays des Flissa. Elle était là en face de l'ennemi avec mgea toute la journée des coups de fusil sans résultat. Le 17, le maréchal attaqua les Kbaïles embusqués sur une chaîne de positions très-fortes qui furent toutes successivement enlevées. Mais ces braves montagnards, h mesure qu'ils en cédaient une, forcés parla supériorité de nos moyens d'attaque, en occupaient immédiatement une autre, en arrière de la première. Aus- «tâtque nos troupes harassées s'arrêtaient pour prendre on peu de repos ou mettre de l'ordre dans leurs colonnes désunies par les difEeultés du terrain, les Kbaïles reprenaient l'offensive. Il fallut revenir à la charge jusqu'à quatre fois, pour assurer leur défaite. Noire perle ne fut cependant que de 51 tués et 105 blessés. Ou évalua celle de renaeini à 600 hommes. Nos troupes bivouaquâreut

tW ANNALES ALGÉRIENNES.

auprès du raarahovit de Si(li-bou-Nacer, sur lespasiMooQ dont elles s'étaient emparées dans la journée,

L'armée resta quelques jours dans eette position, envoyant des détachements au dehors pour dévaster le paya. Ben-Salem, qui n'avait rien de guerrier dans le caractère, avait ahandonné les KhaïJes au moment du comhal et s'était enfui chez les Beni-Yaha, au Djebcl-Affroun, dans les montagnes de Bougie. Les Flissa, indignés de cet abandon, affaiblis par leur défaite et craignant d'ailleurs que tout leur pays ne fût ravagé, se décidèrent à implorer la clémence du vainqueur. Le fils du célèbre Ben- Zamoun, se rendit dans le camp du maréchal, à la tête d'une députation. Il fut facile de s'entendre ; car, si les Flissa désiraient voir la guerre s'éloigner de leurs montagnes, M. Bugcaud ne désirait pas moins en finir avec eux; il venait de recevoir, de la province d'Oran, des nouvelles de la plus haute importance qui rendaient sa présence nécessaire sur les frontières du Maroc. Les Flissa promirent de payer l'impôt foncier comme signe de soumission, et le maréchal leur accorda la paix. Les jours suivants, les Amaroua, les Flissa-el-Bahr, les Beiii- Thor, les Beni-Ouaknoun et plusieurs autres tribus se soumirent également. Ou forma de tout cela trois aghaliks dont le premier fut donné à Ben-Zamoun. Cette organisation n'avait rien de bien solide, même aux yeux de l'autorilé qui la constituait; mais enfin, on n'avait pas le temps de faire mieux (1).

(1) Dans un rapport du 98 octobre de la aérae année, le maréchal Bogeau^ avoue qu'ï vrai dire les FtiaHa-^i-Bahi el les Beoi-llJCDiiad

«ffftÎF^^ des Kbwlp3 étaient tellement graves, qu'il? ame-i »èHi»t HP© gHflfFQ OPfFP l* Franpp et le Marop. péjà ^ fUmmv^ époqqes^ depuis qu^ pqqs ocpupious l'Algérie, rîpteini^^|iUon plps pq mpin^ dirQPtp de^ M^rqpaips d^q§ tea #>WMr PAS Mbep. ^yai^ f^U n^ifrp, ^ipsi gu'oi) •P^^^MlP^ ^* QHVf?ge, de juste? rpc|arflfitiqfls ^e la panpii||P^uvem^ fraiiçais^ e\ motivé 1q$ misi^iqn^ i Méquioez de M. de Mopnaî^ ep 1^^3^ et dp ^' de L«^r4:te| «A ISSa. Oo a ¥U, dans Ip Uvrp }()^Xlil, qu'en ^84^ i) s'était produit des faits qui auraient pu faire éplater ^ guerrd dp$ cettp époqup^ $£(p? l'p^prjï tout ^ l;]^ foi$ fe^^me el CQûpiU^nt dw géoéfal Pedeî^vi. 4M-el-Kader s'éts^p^ ep^uite éloigné de^ frqpli^i^ps de Toups^^ le^ pcpasions de ^Qqflit Q'ploignèrept fiyec Iqi ; p^ais d^ps le piQis dP mar^ iM^, quelque^ tribu? p^afocaiues ^ypnt taf\\ des courseg di^s le» H^r^^r rpcpipipept soppf^is ^ ^ France, |e gépérî^j Li^mompière pre?pnyit (j^m gépéfal Qedeau de çp p^ontrpr v^r$ h sud-oue^ de ?a province, pppf ep iippqspr à cp? population» turbulepties. M. ^pd^f^u, dans re^écutiou de œt prdrpy re?pepta religieusemepf ip territoire marpc^ip. Ci^pepdwt quelqups centaines de cavalier» de ce territqifç se livrèrent cpptrP PP? trqppps è^ <^es î^pjes d'bqstjUté quç le général fronçai» up repous»^ qu'^PFés gp'il» eurent été bien constatés. Cet acte d'agre»sipn aipepa pfature|lenipnt une demandp eq répar^^^iqu, pt cellp-ci upp enf reyqe entre le général Bedeau et ïp Jtpi'd d'Pucheda. Cette entrpvvjp fut amicale ; elle parai»»ait promettre des réaultats satisr

n'avaient pas ^é soumis au pcintemps; que la néoessîté dQ cqurir

vs» feotièrfl? dtt ¥ap()6 Vm^\ oUig^ dQ )ftis»ar \9^^^ iQPWplM^!

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faisants pour le maintien de la paix entre les deux pays, lorsque plusieurs coups de fusil furent tirés sur l'escorte du général français ; ils le furent par des émigrés algériens ou à leur instigation : ce fut du moins l'esplicalion qu'en donna le kaïd d'Ouchda. Cet agent promit de punir les coupables de ce fait et ceux de l'acte d'agression précédent. On sut qu'en effet quelques Arabes avaient été mis en prison. Ou se contenta de cette demi-satisfaction ; mais quoique cet incident n'eût pas pour le moment d'autre suile, il était le précurseur d'un orage qui devait éclater plus tard.

Nous avons dit quelle était la fâcheuse position de l'Émir à la fin de 1843, après la journée du 11 novembre. Le lecteur sait qu'il avait établi sa Smala ù l'ouest des Cliot, et qu'il employait tous les moyens que l'activité de son esprit pouvait lui suggérer pour amener une rupture ouverte entre nous et les Marocains. La plupart des tribus des frontières, les Beni-Senacen surtout, lui étant fort dévouées, il lui était facile d'exploiter la haine sauvage que ces populations barbares professent conlrc les Chrétiens pour les amener à de nouveaux actes isolés d'hostilité. Mais il savait fort bien qu'il n'en résulterait pas grand mal pour nous, et qu'après les avoir battues, nous aurions assez de modération pour ne pas rendre le gouvernement marocain trop responsable des actes de ces tribus indisciplinées, sur lesquelles il n'exerce guère qu'une domination nominale, modération qui nous aurait été d'autant plus facile, qu'il était manifeste que nous n'avions aucun intérêt actuel ù faire la guerre à Abd-er-Rahman. C'était donc le gouvernement de ce prince lui-mCme qu'il fallait engager dans la lutte. Mais ce triste monarque, que nous décorons en Europe du titre d'empereur, avait encore

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