‹ Annales algériennesChapitre 40 sur 119 · LIVRE XXXVIl · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIl

f-iiée et prompte des musulmans, à l'administration hon-

I iiête, mais lente et tiacassière , de notre société civile,

I c'était s'exposer à de graves inconvénients el à de fâcheux

1 nécomptes. Il fallait quelque chose qui à la probité et è

I la prévoyance de notre administration civile joignit une

I grande promptitude d'exécution et une grande sobriété

ide formes. De !à la création de la direction el des bu-

|jeaux arabes. Celte utile institution se trouvait surtout

applicable à la province de Constantine; cependant elle

In'y était encore qu'à l'état rudimentaire, à l'arrivée du

lue d'Aumale, le véritable directeur des affaires arabes

tant le kaïd Ali. Le prince modifia profondément cet état

e choses, tout en ménageantun homme dont la fidélité à

lotre canse était éprouvée, malgré des écarts de morale

^ lui étaient communs avec la plupart des siens; il res-

eignit et réglementa son pouvoir, et fortifia l'action des

[fidera chargés des affaires arabes. Les principes demo-

ration et de justice, qui avaient dirigé les actes du gé-

Ëral Galbois, furent remis en pratique, principes qui ne

h)nt nullement exclusifs de la fermeté et n'empêchent en

aucune façon de recourir à la force, lorsqu'il est conve-

table de l'employer.

La situation politique du Zab, depuis la malheureuse

V^ièchauffourée des Sahari, appela naturellement l'attention

i duc d'Aumale sur cette partie de sa province. Beo-

■anah y avait à peu près perdu toute autorité; Ahmed-

teyy intriguait du haut des montagnes des Oulad-Sullan,

i il se trouvait alors, et Mohammed-ben-Hadj-el-Sghir,

e successeur de Fahrat-ben-Saïd, après avoir organisé à

Bidi-Okha un petit corps d'infanterie avec les débris du

hitaillon régulier de Bel-Asouz, s'était établi dans la for-

Bse de Biskara. Une expédition dans cette contrée,

ilS ANNALES ALGÉRIENNES.

expédition pressentie depuis longtemps, était devenue Indispensable, et le duc d'Âumale se décida à l'entreprendre.

Le 8 février, le lieutenant-colonel Bultafuoco partit de Conslantine avec mille hommes d'infanterie, une centaine de spahis, une section d'artillerie et un convoi considérable, pour aller établir un poste de ravitailleracnl à Baina, à 80 kilomèlres de cette ville, à moitié chemin de Siskara. Cette localité est une ancienne ville romaine située dans une contrée fort élevée à l'entrée d'une longue et large vallée qui sépare le Djcbel-Aurès du Djebel- Mestaoua, et conduit du Tell dans le Sahara. Nos troupes s'y établirent sans combat. Bcn-Ganab élail avec la co- I lonne française. Il s'était fait fort de procurer au prince les {hameaux dont il avait besoin pour le voyage du Zab. L'annonce de ce voyage et nos mouvements de troupes lui ayant rendu un peu d'inllucnce, plusieurs Iribus répondirent en effet à ses réquisilions; un nombre considérable de chameaux furent dirigés vers Baina de diverses fiarties du Zab. Mais Ahmed-bey s'élant emparé du défilé d'El-Kantara, leur interdisait le passage avec une troupe d'OuJad-Sultan et d'Akdar-el-Halfaouîa. Le colonel Buttafuoco, instruit de ce fait, fil aussilfit marcher sur El- Eanlara Ben-Ganali et un délachemcnl français qui ré* lablit la liberté de la circulation et mit Ahmed-bey en fuite. Les Oulad-Sultan étaient d'ailleurs inquiétés sur leurs derrières par le général Sillègue, qui , parti de Sélifle 18, venait d'arriver sur leur territoire. En revehant d'Et-Kantara, ils se ruèrent, dans la nuit du 24 au 25, sur son petit camp, mais ils furent repousses avec perte. Le général resta jL l'entrée de leurs montagnes jusqu'i ce que le duo d'Aumale eût débouché dans le

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