LIVRE SXXVIl
Convoi, composé de muletiers arabes qui, perdant la tète, ne songèrent plus qu'à jeter leurs charges pour 8e sauver avec leurs hôtes. Un brouillard épais, qui s'éleva dans le moment, augmenta encore la confusion. Elle fui telle, qu'il fallut se replier sur Mgaous, bien que l'ennemi, partout où il voulut serrer nos troupes de trop près, eût été vigoureusement repoussé. Mais il n'y avait plus de convoi. Cette affaire^ dont la désagréable issue fut uniquement causée par la panique des auxiliaires, nous coûta une vingtaine d'hommes tués et près de cent hlessés. Le chef d'escadron Gallias, du 3" de chasseurs d'Afrique, officier très-avanlageusement connu, fut au nombre des morts.
Le 1" mai, le duc d'Aumalc conduisit de nouveau ses
I troupes dans la montagne. Elles y prirent une éclatante
[ revanche de l'affaire du 34 avril. Tout ce qui se présenta
' devant elles fut culbuté. Elles bivouaquèrent ce jour-là à
Bira au centre du pays. Le duc d'Aumale ayant appris
dans cette position qu'un rassemblement s'était formé
: dans l'Aurès, pour venir au secours des Oulad-Sultan,
j se porta le â sur Bntoa, avec toute la cavalerie. Ce mou-
f vemenl rapide suffit pour retenir les gens de l'Aurès dans
leurs montagnes.
Le prince revint ensuite sur son infanterie, qui, sous le commandemeut du général Sillêgue, s'était rapprochée de Mgaous. Le 8, on revint sur Bira. Les Oulad-Sultan, loin de songer h la résistance, fuyaient vers le sud. La queue de leur colonne d'émigration fut atteinte par nos troupes, qui, entre autres dépouilles, s'emparaient de la tente d'Ahmed-bey. La tête fut rencontrée par Beo-Ga- Dah qui accourait du Sahara avec ses Arabes. Les Oulad- Sultan et leurs alliés, traqués comme des bêles fauves
pendant plusieurs jours, lues parles Français, pillés p»F les Arabes, vinrent enfin implorer la piiié du vainqueur qui reçut leur soumission. Alimetl-bey était parvenu à se sauver dans le Djebel-Aurès.
Celle affaire des Oulad Sultan venait de se terminer, lorsque le duc d'Auiriale reçut du Zab une bien fâcheuse nouvelle : le commandant Thomas avait quitté le pays, après avoir installé dans la Casbah de Biskura le petit corps d'indigènes qu'il avait été chargé d'organiser, et où il avait admis plusieurs déserteurs du bataillon de Mobammed-bel-Hudj. Celle troupe était commandée par le lieutenant Petitgrand, qui n'avait avec lui que huit Français. Dans la nuit du 11 au 12 mai, les anciens soldats de Mohammed-hen-Hadj ouvrirent traîtreusement I les portes de la Casbahà 150 des leurs, et, conjointement avec eux, s'emparèrent delà place, forcèrent les indigènes i mettre bas les armes, et tuèrent quatre Français sur les I buit qui étaient dans la Casbah ; trois furent faits prison- I oiers; un seul, le sergent-major Pelisse, parvint à se sauver. 11 se retira à Tolga, avec le kaïd de Biskara, qui , resta fidèle à notre cause. Mohammed-bel-Hadj vint I prendre de nouveau possession de Biskara. Ses soldats I lui présentèrent une jeune Française, avec laquelle vivait le malheureux Petitgrand; il s'y attacha ot en fît sa > femme (1).
A la nouvelle de ce triste événement, le duc d'Âumale
(1) L'aulenr de cet ouvrage s'esl tronvé en tSifi en relalions in- ' ffirentcs avec celle femme danf* le DJerid, où Mohsmmed-bel-Hadi B'étiit relire. Elle paraissait beureusâ avec cet Arabe, qui la Irail&il Uea et ea av^l ud eataat.