‹ Annales algériennesChapitre 43 sur 119 · LIVRE XXXVII. 1S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVII. 1S

86 dirigea en toute tiâte sur la localité qni venait d'en être le témoin. Le bruit de sa venue siiffil pour mettre en fuite MohainmeJ-bel-Hadj, qui se retira une seconde fois dans le Djebei-Aurès, emportant avec lui les approvisionnemeols qu'il avait trouvés dans la Casbah. Lorsque le prince arriva à Biskara, il y trouva, au lieu d'ennemis, le serjrent-tnajor Pelisse, qui y étail rentré aveclekaîd et un détachement d'indigènes de Tolga. Sur beaucoup d'autres points, les indigènes avaient également pris les armes conlreMoharamed-bel-Hadj.

Le duc d'Aumaie, voyant que tout était rentré dans l'ordre, mais ne voulant pas exposer le pays à quelque Bouvelle entreprise de Mohammcd-hel-Fladj, fit occuper provisoirement Biskara par deux bataillons français, se réservant de n'y laisser plus lard que des forces moindres. H. le chef de bataillon Thomas fut chargé de ce commaadément. Le pays, situé à l'ouest et au nord des oasis, fut •oustrait à l'autorité de Ben-Ganah, et placé sous celle d'un marabout appelé Si-.Mokran, homme puissant et WDsidéré dans ces contrées.

En quittant Biskara, le prince se porta dans le Hodna, chez les Oulad-Deradj, où il avait déjà envoyé une eolonne pour y lever les cimtribultous de l'année. 11 se rabattit de là sur le Bellezma où le colonel Lebrelon faisait la même opération; enfin il rentra à Constanlinc, le i juio. Le nord et Test de la province étaient restés dans une pais parfaite pendant cette série de mouvements vers k midi. Le géncral-Randon, qui s'était porté à Tebessa, s'avait trouvé partout que des populations paisibles.

Cet état de complète tranquillité régnait aussi dans la province deTitlery. Dans le courant de mars, le général H^ysB porta avec quelques troupes au sud de eette ^o-

tSt ANNALES ALGERIENNES.

vince, dans la direction du Djebel-el-Sahari, qu'il franchit, il s'avança jusqu'à Rsar-Zakar, au centre de la tribu des Oulad-Naïi, dont il ne reçut que des marques de soumission. Ben-Saiem, cbeik de la ville d'El-Agroual, qui est plus au midi, lui députa son frère Yahia pour lui proposer un arrangement politique consistant en ce que lui, Ben-Salem, serait nommé khalifa, pour la France, sur tout le midi de la province où il s'engageait à maintenir l'ordre et la soumission. Avant d'aller plus loin, il convient de faire connaître ce que c'était que ce Ben- Salem.

Les villes du Sahara sont rarement de véritahles villes, dans le sens que nous attachons à ce mol, qui fait naître dans notre esprit une idée de centralisation et d'unité ; ce sont presque toujours des agglomérations de villages, jetés au milieu de verdoyants massifs de jardins et de vergers de palmiers. Généralement de vieilles haines divisent les habitants de ces villages, qui se partagent communément en deux factions à peu près d'égale force, A en croire la tradition, et même quelques documents

. historiques, ces factions auraient été jadis dans un état si complet d'hostilité et de méfiance réciproque, que les besoins de la vie, impuissants à les faire vivre en paix, les avaient seul forcées à désigner des terrains neu-

, très, où l'on pouvait venir trafiquer librement, sur la garantie du droit des gens. Cet état de choses s'est con- «idérablemeut modifié, et tout m'a semblé se réduire maintenant à des inimitiés puériles, assez semblables à celles qui régnent chez nous entre des villages voisins. L es deux factions d'El-Agrouat étaient les Oulad-Segrine et les Hallaf. Ces derniers ayant eu le dessus, Ahmedben-Salem, leur chef, dont il est ici question, le devint de

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