LIVRE KtXVII
'tout le pays. Abd-el-Kader, h l'époque de son expéâilion Tcrs Aïn-Madi, voulut le remplacer par un chef à sa dévotion: mais après quelques vicissitudes de fortune et quelques combats assez vifs, Bem-Salem chassa son rival et resta maître d'El-Agrouat. Cet Arabe étant donc un personnage important, les ouvertures qu'il faisait faire .par son frère méritaient d'êlre prises e» sérieuse considération. Mais le général Marey ne pouvant terminer lui Beul une affaire de cette nature, envoya Yabia-ben-Salcm au gouverneur général à Alger. M ■ le maréchal fingeaud agréa les propositions d'Alimed-ben-Salem. Il l'investit dans la persouni: de son frère du titre de khalifa d'El- Agrouat, sous la réserve que cette investiture ne serait .définitive qu'après qu'une colonne française aurait parcouru, sans coup férir, le pays dont il demandait le commandemeot, et qu'elle y aurait fait rentrer l'impôt de l'année.
■ Conformément ii cet arrangement, le général Marey, qui sur ces entrefaites était rentre à Médca, en sortit de nouveau, le 27 avril, à la tète d'une colonne de 3,000 hommes, et se dirigea sur Tagbin, où il établit un poste temporaire de ravitaillement. Le 21 mai, il arriva à Ted-
. jemout, après avoir traversé le Djebel-Amour. Il envoya .ie là quelques officiers à Aïu-Madi, auprès de Tedjini, L qui accéda au nouvel ordre de choses et envoya au général 'le montant de sa contribution, lequel lui fut rendu comme \ grati&cation amicale. La colonne se porta ensuite à ' El-Agrouat, où elle fut reuue avec de grandes démonstrations de dévouement. Ahmed-ben-Salem fut solen-
■ ncUement proclamé khalifa. Le général Marey visita en- Euîte Ksar-Assafia, Ksar-el-IIaïram, Boudrin et plusieurs autres localités de ces contrées si longtemps fermées à la
curiosité européenne. Il revint, le 1^' juin, * El-Agrouâl, où il reçut des ordres qui l'appelaient à Tiaret par suite des événements du Maroc ; il se remit donc en routé pour le nord, et, repassant par Taghin, il arriva à Tiaxet le 11, sans avoir rencontré un ennemi dans cette longue in^ cursion.
Pendant que ces lointains mouvements de troupes s*o-! péraient dans les provinces de Constanline et de Tittery, les garnisons de nos nouveaux établissements d'Orléansville et de Tenez firent quelques courses sur les tribus turbulentes de leur voisinage. La plus sérieuse de ces petites expéditions fut dirigée par le colonel CavaignaC, commandant supérieur d'Orléansville, contre les Sbiab> toujours disposés à la révolte. Plusieurs centaines de ces indigènes s'étant retirés dans des grottes d'où il futimpossible de les faire sortir, on alluma de grands feux à rentrée de ces grottes, et ces malheureux furent étouflFés dans les flammes. If fut peu question de cet acte rigoureux, qui se perdit pour lors au milieu du fracas des événements du Maroc ; mais nous verrons que l'année suivante un fait analogue eut un grand retentissement dans le monde.
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