‹ Annales algériennesChapitre 45 sur 119 · LIVRE XXXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXVIII

Gloire du Maroq.~GQmbat de Sidi-Aziz.— -Combat de Sidi-rMoh^mmed-OuissiDÎ. — Djama-Ghazouat.-'Le prince de Joi avilie sur les côtes du Maroc — Intrigues des agents anglais. — Bombardement de Tanger. — Bataille d'Isty. — Bombardement de Mogador. — Traité de paix. -^ Expédition centre les Kbaïles de l'est de la province d'Alger.— Situation d'Abdel-Kader à la fin de 1844.

Nous avons laissé en présence les troupes françaises et les troupes marocaines à Leila-Magrnia et à Oudjeda. Ces dernières étaient commandées par Si-Ali-el-Taieb-el- Ghenaoui ; elles se composaient, outre les cavaliers irréguliers des tribus qui étaient très-nombreux, de 300 fantassins et de 1,800 cavaliers réguliers, parmi lesquels était un fort détachement de la garde noire de rempereUr appelée les Abd-el-Bokari, barbares enrégimentés, d'une grande réputation de bravoure, mais plus fanatiques que redoutables. Abd-el-Kader était aussi en ligne avec 300 fantassins et 500 cavaliers. Muley-Abd-er-Rhaman avait recommandé la plus grande circonspection à El-Ghenaoui. Il était interdit à ce chef de prendre l'initiative de l'attaque. Il devait se borner, & moins qu'il ne fût lui-même attaqué, à sommer le général Lamoricière d'évacuer Lella* Magrnia et de se retirer jusqu'à la Tafna. Il lui était prescrit d'attendre les ordres de son gouvernement pour toute opération ultérieure. La sommation d'évacuation 6ttt lieu le 22 mai. La réponse négative qui y fut faite fiit transmise à l'empereur ; eo attendant ses ordres^ le ehef

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marocain renvoya provisoirement chez eux le plus grand nombre de ses irréguliers qui affamaient Oudjda, C'était une preuve convaincante de sa ferme résolution de ne pas s'écarter de la ligne que lui avait tracée son maître. Mais les circonstances furent plus fortes que lui. Le 30 mai au matin, il reçut un renfort de SOO fantassins conduit par Sidi-el-Mamoun-el-Cbérif, allié de la famille impériale. Ce personnage, fanatique et impétueux, voulut s'avancer avec la cavalerie pour voir au moins, disait-il, le camp des Chrétiens. El-Ghenaoui n'osa s'opposer à ce caprice, qui amena une conflagralion. En effet, h peine les Abdel-Bokari furent-ils à cheval qu'ils se disposèrent, non à une simple reconaaissauce, mais au combat. Les troupes françaises les voyant s'avancer, se mirent, de leur côté, en état de défense^ et bientôt la fusillade s'engagea. L'affaire ne fut pas longue j les cavaliers marocains, d'abord ébranlés par notre feu, puis chargés par notre cavalerie, furent taillés en pièces. Les fuyards ne s'arrêtèrent qu'à Oudjda. Ce combat eut lieu près du tombeau du marabout Sidi-Àziz, sur la Moulouïa. Le lendemain, les ennemis envoyèrent enterrer leurs morts, sans qu'on cherchât à les troubler dans l'accomplissement de ce devoir.

Abd-cl-Kader voyant la guerre allumée de fait entre nous et les Marocains, et convaincu que les hostilités n'en resteraient pas là, quitta les environs d'Oudjda, peu de jours après ce combat, avec sa petite troupe, pour aller fomenter un mouvement insurrectionnel sur nos derrières. Il pénétra en Algérie par le sud de Zebdou et se porta vers le pays des Sedama. Pendant qu'il s'éloignait du thé&tre de la guerre que ses habiles intrigues avaient fait naître, M- le maréchal Bugeaud y arrivait avec des renforts

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