‹ Annales algériennesChapitre 46 sur 119 · LIVRE KIXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE KIXVIII

msidérablcs. n fit jonction, le 11 juJQ, avec le général iBmoricière et prit aussitôt le commandement suprême s troupes réunies à Lella-Magrnia. Les instructions p'il avait reçues du Gouvernement lui recommandaient iPagir avec mesure et circonspectiou. D'ailleurs, il était iclle de voir qu'une expédition dans riotérieur du Maroc ) pouvait être pour nous qu'une nécessité fâcheuse, [aels qu'en pussent Être les facilités et l'éclat. L'Algérie IQffisait amplement à notre activité. Cette conquête, iorieuse sans doute, mais plus utile à la cause de la vilisalion européenne en général qu'à nous-mêmes en trticulier, nous imposait de tols sacrifices, qu'il était s de redouter tout ce qui était de nature à les augleater. Il était donc d'une sage politique d'employer ■abord les moyens de conciliation. A cet effet, le ma- Schal écrivit à El-Ghenaoui pour demander une entrevue ntre lui et le général Bedeau. Le chef marocain accéda hla proposition avec empressement. L'entrevue fut fixée ( 16 juin, au maiaboul de Sidi-Mohammed-Ouissioi, IDtre les deux camps. Ël-Ghenaoui se présenta avec Vj^ëOO cavaliers de la garde marocaine, 600 fantassins et ^000 irréguliers. Le général Bedeau arriva avec quatre kstaiUons et toute la cavalerie de Tarmée française sous IS ordres de M . de Lamoricière. De part et d'autre, c'était rop pour une conférence. Les deux troupes s'arrêtèrent l'une certaine distance l'une de l'autre, les deux chefs «avancèrent avec les interprèles et la conférence com- Bença. Mais peu à peu les cavaliers irréguliers des Malins s'approchèrent des parlementaires avec des cris e fureur et de menace, les entourèrent malgré les efi'orts ifEl-Ghcnaoui et commencèrent le feu. Jamais, dit le l'iBaréchal daos son rapport sur cette affaire, on n'avait vu

m . ANNALES ALGÉRIENNES.

tant d'insolence et de barbarie. La conférence fut natorellement rompue. Les troupes françaises reprireDt le chemiD (le leur cimp, suivies par les Marocains qui tiraillaienl avec notre arrière-garde.

Le maréchal Bugeaud, que l'on avait envoyé prévenir de ce qui se passait, sortit du camp avec qualre bataillons pt se porta rapidement dans la direction de Sidi-Mohammed- Ouissini. Dès qu'il eut rejoint le général Lamoricière, il fit reprendre l'oETeaBive. Pendant que notre infauterifl, dit^posée en éeliclons, marchait contre la droite des Mft" rocains^ notre cavalerie les chargea par leur gauche. La défaite des barbares fut complète. Ils laissèrent trois cents cadavres sur le champ de bataille. Notre perle fut légère; mais nous comptâmes parmi nos morts deux officiers de spahis forts regrettables, les capitaines Savary de Rovigo et de La Chèvre.

11 devenait manifeste que, quelle que fût la répugnance du gouvernement marocain à s'engager dans une guerre ouverte, son impuissance à se faire obéir de ses fauatîiques sujels ne laissait que peu d'espoir de rétablir la paix, avant que ces masses stupides n'eussent été frappées d'un grand coup. Le maréchal se décida donc à marcher sur Oudjeda ; mais, voulant laisser une porte ouverte aux arragements paciSques, il écrivit ù Ël-Ghenaoui une lettre que je vais mettre sous les yeux du lecteur, ainsi que la réponse qui y fut faite, parce que ces deux pièces résuoieiit bien l'état de la question. Voiei la première :

« Les Marocains ont violé plusieurs fois notre terri- « toire; deux fuis ils nous ont attaqués sans aucune dé- « claratioQ de guerre; et cependant j'ai voulu, dès mon « arrivée au camp, le donner une grande preuve du dé- ■ sir que j'avais de rétablir la bonne harmonie que vous

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