LIVRE XXXÏill
t swls avez troublée par les procédés les plus hostiles, k« et je l'ai offert une entrevue.
« Tu y es venu, et lu nous as proposô pour pris des l« relations de bon voisinage, qui auraient dû toujours L régner enlre nous, d'abandonner notre frontière et de I nous retirer derrière la Tafiia.
: Nous ne tenons assurément pas à l'étendue du ter- I ritoire, nous en avons bien assez ; mais nous tenons à F rhoaiieur, et si tu nous avais vaincus dans dix com- I bats, nous te céderions encore moins la frontière de la |ifl Tafna, parce que une grande nation comme la France I qe se laisse rien imposer par la force, et surtout par I les procédés conime ceux que vous avez employés avec Wm nous depuis deux ans.
< Je t'ai dit dans ma lel tre d'avant-hier que la modéra- I tioQ avait un terme, que Dieu seul était éternel. Eh f bien ' je te décljire aujourd'hui que la mienne est arri- I vée à sa dernière limite,
« le ne suis pas accoutume k laisser prendre à dos
f ennemis une attitude d^ supériorité. Oefaao^ plutôt
i Abd-el-Kader.
tt Or, hier, pendant qus dioq lieutenant^ 1q général
, était, lui quatrième, au milieu des tiens,
^ ,1f n'ayant d'autre garde que voire loyauté, il a dû cu-
i « tendre des paroles offensantes, tes troupes ont fait feu
1^1 sur les miennes, un de mes orQciers et deux bommes
T » ont été blessés; cependant, malgré cette indigne con-
i ,f duite, nous n'avons pas répondu un seul coup de fusil,
[ « et nous avons fuit retirer nos troupes. Les tiennes OQt
[ pris notre modération pour de la faiblesse, et elles ont
1 attaqué mon arrière -garde : nous avons bien été forcés
I de nous retourner.
iSS ANNALES ALGÉRIENNES.
« Après de tels faits, j'aurais le droit de pénétrer au K loin surle lerriloirede ton maître; de brûler vos vil- « les, vos villages et vos moissons, mais je veux encore « te prouver mon humanité et ma modération, parce ^ que je suis convaincu que l'empereur Mouley-Abd- « er-Rahman ne vous a pas ordonné de vous conduire « comme vous l'avez fait, et que même il blâmera cette « conduite. Je veux donc me contenter d'aller à Ouchda, a non point pour le détruire, mais pour faire comprendre « à DOS tribus, qui s'y sont réfugiées , parce que vous « les avez excitées à la rébellion , que je veux les at- « teindre partout, et que mon intention est de les ra- « mener ù l'obéissaDce par tous les moyens qui seprét senteront.
« En même temps, je te déclare que je n'ai aucune « intention de garder Oucbda, ni de prendre la moindre ■ parcelle du territoire du Maroc, ni de lui déclarer ou- H vertement la guerre; je veux seulement rendre à ses cr lieutenants une partie des mauvais procédés dont ils « se sont rendus coupables envers moi. Après leur avoir « prouvé que je le puis, je leur rendrai leur ville, et « quand ils seront revenus à de meilleurs sentiments, je « serai toujours prêt à traiter avec eux, pour rétablir la a paix et cimenter l'ancienne alliance qui existe depuis K des siècles entre la France et le Maroc.
« Je te préviens que j'envoie copie de cette lettreà mon
«t Gouvernement, qui la communiquera à l'empereur
« Mouley-Abd-er-Rahman ; c'est â loi déjuger s'il n'est
« pas de ton devoir de la lui communiquer aussi. ^^M
Voici maintenant la réponse d'Ël-Gbenaoui : ^^H
« Louanges à Dieu, etc. ^^1
« Du aenrileur de Dieu, Ali-ben-el-Taîeb, au clief des