‹ Annales algériennesChapitre 48 sur 119 · LIVRE xxxvin · texte numérisé non relu

LIVRE xxxvin

c Chrétiens à Alger, le maréchal Bugeaud. J'ai reçu ta ( lettre, et j'en ai compris le coolenu. Lorsque je suis ( venu vers la frontière, je n'avais d'autre inlention que

< de faire le hien de vos sujets, et de les forcer à rester ( sur leurs limites respectives; alors il est arrivé un évé- I nement sans intention ni asseoliment de ma part.

« Lorsque tu es venu toi-même, tu m'as écrit; je me ( suis abouché avec ton représentant, avec bonne foi, et

< le cœur exempt d'arrière-pensées. Vous avez fait des i propositions : j'en ai fait de mon câté; nous ne nous i sommes pas entendus, et nous nous sommes séparés t sains et saufs, chacun de nous espérant que l'autre se

< consulterait, et qu'après de nouveaux pouvoirs des

< deux partis, nous tomberions d'accord pour un arrant gement qui pùl mettre fin à toute difficulté.

<c Je n'ai eu aucune connaissance de ce qui se passait I après mon déport, jusqu'au moment oii on vint me I dire : il est arrivé ce qui est arrivé.

« Sache que je ne puis approuver la manvaise intelliï gence entre nous, quand bien même les mauvais proi cédés viendraient de votre part.

« Mais on ne peut pas revenir sur les événements ac- K complis, car à Dieu appartient de diriger toutes cho-

« Tu nous dis que tu es encore disposé ou bien et à la I paix. Il en est de même de notre part; et, du reste, je [ n'ai pas la permission de faire la guerre.

« Aussi ne faut-il pas que l'un ou l'autre parti coni sidère comme grief inexcusable tel ou tel fait contraire ( à la paix, tant que l'amitié existera entre nous, et que ( nous maintiendrons les conditions anciennes, qui ont t été établies par nos ancêtres et suivies par leurs des*

lil^ ANNALES ALGÉRIENNES.

■ cendants ; Dieu fait ce qu'il veut et ce qu'il liésil-Pi

Il Je ne m'éloignerai en aucune façon de ces condi- A lions ; au contraire, par leur ex6cullon se conËrmeroot R J'amilié, lapais et le bien des sujets. Salut, u

La lettre du chef marocain étant, comme on le voit> très-vague, le maréchal lui écrivit de nouveau et lui posa son ultimatum en ces termes :

« Daos toutes tes lettres précédentes tu nous a accu- B ses d'avoir violé votre territoire et d'avoir enfreint les « lois de la bonne amitié qui régnait entre nous ; cela m veut dire que tu t'empresses de nous attribuer tout ce « que tu as fait, pour que nous n^ayons pas à te le re~ m procher; je n'ai pas l'habitude de toutes ces ruses de « diplomatie ; je vais droit au but avec loynuté ; je suis « un soldat qui obéit à son Roi et au\ intérêts de sou Il pays. Tu dis que tu veux encore le mainlien de la bonne « harmonie qui a toujours régné entre les deux empires; « je le veux autant que toi, mais il faut que nous nous « exphquioDs nettement : réponds-moi aussi nettement a ce que tu veux.

II Nous voulons conserver la limite de la frontière « qu'avaient les Turcs et Abd-el-Kader après eux ; nous K ne voulons rien de ce qui est à vous ; mais nous vouv Ions que vous ne receviez plus Abd-el-Kader pour lui « donner des secours, le raviver quand il est presque « mort^ et le lancer de nouveau sur nous ; cela n'est pas a de la bonne amitié, c'est de la guerre, et vous noua la « faites ainsi depuis deux ans.

« Nous voulons que vous fassiez interner dans l'ouest « de l'empire la deïra, les chefs qui ont servi Abd-ele Kader; que vous fassiez disperser ses troupes réguliè- « res, goum etasker; que vous ne receviez plus les tribus

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