‹ Annales algériennesChapitre 5 sur 119 · LIVRE XXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIII

à l'Émir ; tournés par dos coloanes ^ chargés par notre cavalerie^ ils perdirent plus de 200 de leurs plus braves guerriers^ et la plus grande partie de leurs troupeaux. Réduits aux abois ^ ils vinrent le lendemain faire leur soumission et implorer la pitié du vainqueur.

Celte affaire terminée , l'armée alla coucher sur les ruines d'EI-Senam. Le 29, elle arriva sur TOued-Fedda, et le 30, sur l'Oued-Rouina, où elle '6t jonction avec la division d'Alger , qui venait d'y arriver conduite par le général Cbangarnier.

Gomme les opérations qui suivirent cette jonction nous éloigneraient trop de la province d'Oran, nous en renvoyons les détails au livre suivant. Nous nous contenterons de dire dans celui-ci que la brigade du général d'Arbouville, après s'être avancée jusqu'à Blida avec le gouverneur général, reprit la route de Mostaganem où elle rentra paisiblement vers la fin de juin.

Au moment où l'expédition du Chélif allait se mettre en marche, le général Lamoriciëre avait reçu ordre d'opérer dans le sud de sa province, parallèlement à cette rivière, pour couvrir les flancs du corps d'armée du gouverneur général. A cet efi'et, il sortit de Mascara le 15 mai, traversa le pays des Hachem-Cheraga, eut, le 22, un petit combat insignifiant de cavalerie, et arriva le 23 à Tdkdemt qu'il trouva abandonné. Pendant qu'il s^occupait à détruire ce que les Arabes y avaient reconstruit après les dévastations de l'année précédente , il reçut des députés des Oulad-Chérif , tribu située plus au sud, qui l'engagèrent à continuer à s'avancer dans cette direction , promettant que leurs compatriotes s'uniraient à nous comme l'avaient fait, l'année dernière, les Arabes de l'Yaooubia qui nous étaient restés fidèles, et avaient plu-

sieurs fois envoyé des détachements de leur cavalerie au général Lamoricière. Ce général hésita d'autant moins à accepter les propositions de ces nouveaux alliés, qu'il désirait poursuivre le plus loin possible la famille d'Abdel-Kader, laquelle^ après avoir été forcée d'abandonner Takdemt, se dirigeait vers le Sahara. Il s*avança jusqu'à quelques lieues des sources du Chélif ; il reçut en effet la soumission des Oulad-Ghérif et de quelques autres tribus. Il revenait sur ses pas, lorsqu'on lui apporta une assez fâcheuse nouvelle : Abd-el-Kader, repoussé de l'arrondissement de Tlemcen par le général Bedeau, avait reparu dans celui de Mascara ; sa présence ayant réveillé les sympathies de la partie des Hachem qui avaient paru se rallier à nous, ces Arabes s'étaient réunis de nouveau à leur Emir vénéré, et il était à craindre que d'autres tribus ne suivissent cet exemple. L'avis d'un tel événement fit hâter le pas au général Lamoricière^ qui rentra à Mascara le 2 juin. L'Emir s'en était éloigné après avoir fait le vide autour de œtte place.

Abd-el-Kader avait conduit chez les Djaffra les Hachem- Garaba qu'il venait de reconquérir. Le général Lamoricière, instruit du fait, marcha, le 6 juin, contre ces deux tribus qui décampèrent à son approche et se dirigèrent vers le sud. Il les poursuivit jusqu'à Sfide où il arriva le 9. Gomme les fugitifs se trouvaient dans un pays sans ressources, acculés au Ghot, vaste lac salé qu'il leur était très-difficile de franchir, il s'arrêta dans cette position. Il n'aurait pu arriver jusqu'à eux sans s'exposer à manquer d'eau, et il espérait que cette même privation les forcerait à se soumettre. En effet, le 12 juin, les Djaffra, abandonnant les Hachem-Garaba, vinrent lui demander merci, et obtinrent de lui l'autorisation de retourner ^ur

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