‹ Annales algériennesChapitre 54 sur 119 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

Honreiles tenfalives d'Abd-el-Kader sur l'AIgÉrie. — Marche du colonel Géry dans le Sahara. — Abd-el-Kader rentre dans le Maroc. — ÂpparilioD de Bou-Maza. — Insurrection du Dhara, de la vallée du Chélif el de l'Oiienseris,— Elle est comprimée.— Troubles dans l'esl de la province d'Alger. — Espédilion du Manl-Aurës dans celle de Conslantine, — Réapparition de Bou-Maza.— Rouve! le invasion d'Âbd-el-Kader.—Sinislre de Sidi-Ibrahim.

La lassitude qui s'était emparée des Arabes après la carapagne lie 1845, leur avait fait repousser, en 1844', les excitations d'Abd-el-Kader, malgré les chances favo- ' râbles que paraissait offrir à une insurrection la guerre ' dans laquelle nous nous trouvions engagés contre le J I roc. Mais un repos d'un an avait ranimé les esprits. D'un ' atitre cdté, les nouveaux établissements que nous avious fbndés sur des points où les indigènes n'auraient jamais cru que nous eussions songe à nous fixer, étaient une [ cause d'irritation pour les hommes ardents que notre voisinage blessait. Il semblait honteux, à ceux-ci de ne pas protester contre notre présence, ainsi que l'avaient successivement fait toutes les populations, sans exception, au milieu desquelles nous nous étions successivement établis. Les nouveaux postes devaient donc avoir comme les anciens leur période de lutte; lutte qu'il était en outre dans la nature des choses que les commandants de ces postes provoquassent, d'une manière ou d'une autre, si elle tardait à se manifester.

La disposition d'esprit où se trouvaient, au commencement de i845, les indigènes de la lisière du Tel!, de la vallée du Chélif et du Dahra, était donc née de la permanence de notre présence chez eus, et pouvait se I manifester avec ou saos Abd-el-Kader; mais celui-ci était I trop habile et trop actif pour ne pas cliercher à en profiter. ' D'ailleurs, malgré le grand affaiblissement de sa puissance matérielle, la liberté d'action dont il jouissait sur la fron- I llère du Maroc, mêmeson existence seule, après nos succès |ans une guerre qui semblait devoir le perdre à jamais, L&isaieDtencore tourner vers luides regards d'espérance et b respect. Dès le mois de janvier, on commença à apercevoir dans la province d'Oran des signes d'une sourde agitation ; on acquit la cerliludc que des émissaires d'Abd- ' e)-Kader parcouraient les tribus. Enfin, le ôO janvier, il [Se passa au, camp de Sidi-bel-Abbès, un fait d'une nature ^{^mbre et étrange : le commandant de ce camp en était [ sorti avec unepartiedes troupes pour aller faire une course [ gur quelques peuplades des environs, lorsque une soisaniaioe d'Arabes, chantant des prières et sans armes appajentes, se présentèrent à la porte de la redoute ; le fac- ■ jjonnaire voulut leur en interdire l'entrée, mais il fut F^bilement frappé de plusieurs coups de poignard et jeté I dans le fossé. Aussitôt les Arabes, tirant les armes cachées I MUS leurs vêtements, se précipitèrent dans la redoute [ faisant main basse sur tout ce qu'ils rencontraient. Dansée I .premier moment de confusion, une vingtaine de nos sol- I jats succombërentj mais ils furent bientôt vengés par I leurs camarades, qui, ayant eu le temps de s'armer, se [ ietërent sur les assaillants et les massacrèrent tous. Ces nommes appartenaient à la tribu des Oulad-Brahim, une des fractions des Beni-Amer qui habitent le territoire de

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