‹ Annales algériennesChapitre 56 sur 119 · LIVRE JSXIX · texte numérisé non relu

LIVRE JSXIX

que par sa population, lui montrèrent les dispositions les plus pacifiques, ainsi que les tribus du voisinage, savoir : les Oulad-Moumen, les Trafi, les Derraya, les Akenna et les Abd-el-Kerim, qui envoyèrent le cheval de soumission. Mais les Oulad-Sidi-Chirk, soumis à l'influence héréditaire de leurs marabouts, se disposèrent à la guerre. Le colonel Géry n'en continua pas moins sa marche ; le 27, il arriva au village de Rassoul, dont les habitants avaient d'avance tait leur soumission.

Le 50, nos troupes arrivèrent au défilé d'Ârouïa qu'il faut traverser pour descendre à Brezina. Ce passage était défendu parSidi-Hamza, un des chefs des Oulad-Sidi-Chirk; il fut forcé après un court combat, et la colonne arriva à Brezina. Les indigènes de cette oasis étaient dans la dépendance des Oulad-Sidi-Chirk; cependant ils ne cherchèrent pas à résister et vinrent faire acte de soumission. Il y avait dans cette oasis un petit fort que le colonel Géry fit sauter. Il se remit ensuite en marche vers le nord on suivant la même route qu'en venant. Dans cette marche rétrograde il eut encore à combattre les Oulad-Sidi-Chirk, à qui il tua une cinquantaine d'hommes, ce qui leur fit perdre toute envie de chercher plus longtemps à nous inquiéter. Le 9 mai, le colonel Géry était à Godjilah, d'où il retourna à Frenda.

- Cette marche hardie du colonel Géry vers le désert arrêta Abd-el-Kader dans son mouvement vers l'est. N'osant dépasser le méridien de Stitten, il rétrograda vers les chots, et s'arrêta dans un lieu appelé Krenek-Azir, à trente-cinq lieues au sud-est de Saïda. Il était parvenu à entraîner à sa suite une partie des cavaliers de celle contrée ; mais ceux-ci, le voyant ainsi en retraite, le quittèrent ; il ne lui resta plus que les quelques fidèles III. 11

lu ANNALES ALGÉRIENNES.

avec lesquels il était venu du Maroc. Le colonel Géry, instruit de ces Tuits, quitta de nouveau Frcnda et se porta à Âin-Kctifa, à la pointe orientale du chot El-Chergui. Abd-el-Kader, abandonnant aussitôt sa position, se disposa à rentrer dans le Maroc, voyant que son entreprise ne lui présentait plus aucune chance de succès. Vers le même temps, le général Cavaignac se portait vers le chot El-Garbi par Kerbaïa. Les deux troupes auraient pu se rencontrer; mais le hasard voulut que cette rencontre, dont les suites

I je pouvaient qu'être extrêmement funestes àÂbd-el-Eader,

Iweût pas lieu.

' Le colonel Géry avait trouvé sur le chot plusieurs douars en grande partie de la tribu des Hamîan-Cheraga, qui, ayant eu beaucoup à souITrir des réquisitions de tout genre que l'Émir avait été obligé de faire sur eux, demandaient l'aulorisatioa de venir s'établir dans le Tell. Cette autorisation leur ayant été accordée, ils dressèrent leurs lentes enlre Frenda et l'Oued-el-Abd.

Pendant que ces choses se passaient dans l'ouest do l'Algérie, une insurrection se préparait, puis éclatait dans le Dahra et la vallée du Chélif. L'instigateur en fut Mohammed-ben-Abdailah, surnommé Bou-Maza, qui pendant près de deux ans a joui en Algérie d'une certaine célébrité. Pour bien comprendre le rôle qu'a joué cet homme, il est nécessaire de savoir qu'il existe dans le nord de l'Afrique, comme dans tous les pays soumis à l'islamisme, des confréries religieuses, assi'Z semblables h ces confréries dites de pénitents, qui auraient chez nous déshonoré le catholicisme s'il avait pu Fëtre. Ces associations ont toutes eu pour fondateurs des marabouts, et ont h leur tête des prieurs ou mokadem, successeurs spirituels du fondateur. Le plus souvent le liea qui en unit les membres, les frires

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