‹ Annales algériennesChapitre 61 sur 119 · LIVRE XSXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XSXIX

restait à examiner la question de savoir si l'holocauste de loule une tribu devait produire d'assez grands résultats politiques pour que la fin justifiât les moyens; or, nous sommes loin de penser qu'il en fut ainsi; nous sommes encore plus loin, au reste, de nous associer aux déclamations dont ce Irisle épisode de notre histoire algérienne a été le sujet. La guerre est un fléau, nous le répétons, et chacun la fait avec ses passions et ses idées. La morale des peuples civilisés lui a imposé, il est vrai, quelques restrictions qu'on appelle les lois de ta guerre; mais ces lois n'ont été positivement violées ni par le colonel Cavaignac, chez les Sbiab, ni depuis par le colonel A. Pélissier, chez les Oulad-Riah. Si ces officiers n'out pas trouvé dans leur cœur quelque chose qui les ait empêchés d'arriver jusqu'aux dernières limites de ce que ces lois permettent, c'est que probablement les cruautées commises

I ^r les insurgés étaient de nature à ne pas disposer les

y les esprits fi l'indulgcuce (1).

(1) Les guerres d'Italie, au 16' siècle, présentent un fait de

aime nalure que celui des grottes des Oulad-Riah, njais bien plus

r «oodamoable, puisqu'il eut pnur unique mobile l'amour du pillage.

Toici commeul le racoule, dans sou langage naïf, TbistoHeu de

^ Ayard :

■ Près d'un village appelé Longare, il y eut une grande pitié; car, mme chacun s'en éloilfui pour la guerre, en une cave qui éloit ne moDiaigne, laquelle duroit un mille au plus, s'étoient itirées plus de deux mille persounes, tant hommes que femmes, et ) plus apparents du plat pays , qui y avaient force vivres et y fuieut porté quelques barnoys de guerre et des baequebules pour lifendre l'entrée, qui estoil quasi imprenable, car il o'y pouvoil venir r Vung homme de froot. Les aventuriers qui sont voutenliers cousiu- I aiers d'aller piller, vindrent jusques à l'entrée de cette cave, qui en

Les généraux Boiirjolly et Revue, les colonels A. Pêlîssier, de Sainl-Arnaud et Ladmiruult, «yaiit étouffé, en

langue ilalienne s'appelle la grotc de Longare ; el croy bien qu'ils vouloienl entrer dedaus^ mais douiccm eut on les pria qu'iU se dëportas^eiU et que séatis ne pourraient riens gaigner , parce que c(!uU qui y éloienl avuienl laissé leurs biens à leurs maisons. Ces coquins ne prioiirenl point ces prières eu payement et s'efforcèrent d'entrer, ce que l'on ne voulut permettre, et lira- t'on quelques coups de bacquebule qui en Qrent demourer deulx sur le lieu. Les autres allèrent cliercber leurs compaignons qui plus prels de mal faire que autreneul, tirèrent ceste part : quand Ils lurenl arrivés, cogneurent bien que par force jamais n'y enlreroienl. Si s'avisèfeni d'une grande lascbetë et meschanci'IÉ , cur auprès du pertuis mirent forée bois, paille et foing avec du feu, qui eu peu de lemps rendit si borrible tuaite dedans celle cave, où il n'y avnit air que par là, que tous tui-ent étoutTi's el morts i martyre sans ^ire aucunnement touchés du feu. Il y avaient plusieurs genlilB- hommes el gentil les- femmes qui, aprË.1 que le Teu fut Failly et qu'on entra dedans, furent trouvés e*laincts, el eusl-on dit qu'ils dnrmoient. Ce fut une horrible pitié; mesmement eusl-on vu à plusieurs belles d^imes sortir les enfants de leur sein tous moris. Les aventuriers y lirenl gros bulinj mais le seigneur grand-iualtre et tous les cappilaines furent à merveilleE déplaisans, et surtout le bon chevalier sans paour et sans reproche, qui tout au long du jour mit peine de trouver ceuli qui en avoient été cause, desquels il eo prit deux, desquels l'ung n'avoil pa^ d'oreilles el l'autre n'eu avoit qu'une. Il Gl si bonne inquisition de leur vie que par le prévost du camp furent menés devant ceste grosle, et pendus et étranglés par son bourreau, el y voulut être présent le bon chevalier. Ainsi, comme ils fasoienl cel esploit quasi par miracle va sortir de ceste cave ung jeune garson de l'Age de quinze à seixe tu, qui nileui sembloit murt que vif et eslo it loul jaune de la fumée. Il fut amené devant le bon clievalicr, qui l'enquil comment il s'éloil sauvé, Il respondil que quand jI veil la fumée si grani!e, il e'en alla jusqu'au an bi,ul de la cave, où il dïi-oil y avoir une feute du dessus de ta iiiontagus,biea petite, par où il avoit pri^ l'air i el dist eaoor«

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