LIVRE XXIU
ipfrtrêBCe du moins, les derniers rcsloS de l'iosurreelion par une série de pcliles opérations dans les déinils desquelles 11 serait saus iniérêt d'entrer, les divers colonnes relnllruèreiit dans leurs cantonnements.
Pendant que ces événenlelils se passaient , une assez gi'andë agitation s'élait manifestée dans l'est des provinces d'Alger et de Titicri. Ijn moiivemrnt insurrectionnel éclata dans le Djebel-Dira. Il était dirigé par un nommé Bou-Chareb, iiomme inlluent, qui attaqua notre agha de Chourar, et lui prit ses tentes et ses Ifoupcaux. Le général Marey marcha contre lui, lui reprit son butin, et lui lua quelques hommes. Ce général , aidé du général d'Arbouviile qui lui était venu en aide de Sélif, se porta ensuite plus au nord où Ben-Salem venait de montrer de nnilveau l'étendard d'Ahd-el-Kadcr. Le 18 juin, les co- Itibnes IVançiiises eurent, chez les Oulad-bou-Am, Uti engagement assez vif, dans lequel le capitaine Plat, du Mrps des spahis, fut tué. Après ce combat tout parâisteBl élre rentré dans le calme à Titteri, le général d'AfbouVillè retourna à Sétif. Dans le district de Sehaou, bel-Cassen-OUlcd-Oucassi fit quelques tentatives contre DOS aghas de Plissa cl des Amaroua , mais elles furent tans grands résultats. La présence du général Gentil, qui fut envoyé dans celte contrée avec quelques troupes, h maintint dans le devoir, h l'cxceplion de quelques Iriboè limitrophes de la Kabilie indépendante qui consef-
onepileuse cboee, c'eft que plusieurs genlils hommes cl leurs femmes, quand ilH «'appei-çurenl qu'on voubil ineUre le ft^u. vouiotenl sortir, sachants aussi bien qu'ils Ëloioiil nmrU î luais d'autres qui éloient nec eux dc le voulurent jamais. »
(BUloife de Bayard par le Loyal uniteut. Cliapilre XL),
ANNALES ALGËniENNES.
vèrent une attitude assez hostile, pour que le luaréchàl crût devoir marcher contre elles en personne à sou retour de son expédition de l'Ouenscris. Les principales de ces tribus étaient les Beni-Djenad et les Ouarguenoun ; il les réduisit facilement par l'incendie de quelques-uns de leurs villages. Il s'avança ensuite jusqu'à l'entrée du territoire des Beui-Raten qui, ayant appelé à leurs secours les tribus indépendantes les plus voisines, déployaient sur leurs montagnes une longue ligne de combattants; l'intention du maréchal n'était pas d'aller jusqu'à eux, n'ayant eu d'autre but, en se portant dans le district de Sebaou, que d'y faire respecter l'état de choses établi par les expéditions de l'année précédente, jusqu'au jour où il aurait fait adopter par le Gouvernement ses projets ultérieurs sur la Kabilie indépendante. Les Beni-Raten, qui le croyaient dans des dispositions moins pacifiques et qui, quoique résignés à la lutte, auraient voulu cependant l'éviter, lui écrivirent dans ce style ferme, mais modeste, que les Suisses avaient employé avec Charles de Bourgogne, le priant de ne pas porter, dans leur rude et pauvre pays, une guerre sans profit pour personne. Le maréchal n'eut, pour les satisfaire, qu'à persévérer dans ses premières intentions. Ils en furent touchés, et l'en remercièrent dans une seconde lettre.
Depuis les événements de Biskara, au mois de juin 1844, la province de Constantine jouissait delà plus complète tranquillité. Les tribus, partout soumises ou résignées se livraient paisiblement aux travaux de l'agriculture. De l'est à l'ouest, du midi au nord régnaient la sécurité et la confiance dans l'avenir. Cependant, les montagnes de l'Aurès faisaient planer sur le bas pays une menace permanente de trouble et d'agitation. Ce