LIVRE KXXIX
[n'est pas que les habitants de ces montagnes aient Tbumeur vagabonde et envahissante; ils sont, au contraire, peu disposés à sortir de chez eux pour aller inquiéter leurs Toisins ; mais c'était parmi eux que les dissidents vaincus allaient chercher un asile, d'où on les avait vus flortirplus d'une fois pour tenter de nouveau la fortune. Ahmed-Bey et Mohamined-bcl-Hadj, y étaient l'un et l'autre retirés, non ensemble, mais chacun de son côté; car il n'y avait de commun entre ces deux hommes que la haine de la domination française.
Depuis que nous occupions lîiskara, et que le duc ifÂumale avait réduit le pays de Belezma, une expédition- '8bd3 l'Aurès paraissait devoir êlrc le complément nécesiaire de ce que nous avions fait jusque-là pour élendre Sotre domination vers le sud. Cette tâche, qui n'était pas ans difficulté, revint au général Bedeau. Déjà sous le 'Commandement de M. de Baraguey - d'Hiliiers, nous nous étions mis en rapport avec quelques notabilités de montagnes, notamment avec El-Arbi-ben-Abou-Diaf, ^Dt il a déjà été question une fois dans cet ouvrage. Ce ;|iersonnage jouissait d'une certaine autorité sur les délocratiques populations Chaouïa. Le général Bedeau ne fiirda pasù reconnaître qu'il pourrait nous être dequelgue utilité pour le succès de l'entreprise, et l'engagea à Itoarcher avec les troupes destinées à l'expédition, ce qu'il It. "Vers la fin d'avril, ces troupes, présentant un effectif de 5,000 hommes , se concentrèrent à Batna, qui devait fcrvir de base d'opérations. L'infanterie fut divisée en .ieux brigades, commandées par le général Levasseur et Jar le colonel Herbillon. La cavalerie, composée de <i|Datre escadrons de chasseurs et de spahis, était commandée par le colonel Noël.
f VJé ANNALES ALGËStEHNES.
Le corps d'armée partit de Balna le 1" mai, $e dim géant au sud-es|, afin de pénétrer dans les monCagnee parle versant sepleiitrional qui est le plus facile. Laissant h droite les ruines de la grande Lambessa, il alla bivouaquer non loin de celles de Tamugadis, mainlenaot Timgad- Le % on traversa la première ligne des hauleun et l'on alla bivouaquer dans la plaine des Yabous. Le 5,oD pénétra dans les hautes nionlagDcs par |e défilé de FoFr tassa, que quelques milliers de Cliaouia défendirent. Le passage fut forcé après un combat peu meurtrier, mai» qui suffit cependant pour déterminer la soumission des .Oulab-Abdi et des Oulab-Daoud. Le général Bedeau s'»'vança jusqu'à Médina, point central où il avait résolu d'itablir un camp retranché pour rayonner de là sur tout le pays, IMédina, que l'on appelle aussi Kstentina ou is Conslanline de l'Aurès, est un amas de ruines romaines. C'est une position extrêmement importante en ce qu'elle domine les principales vallées. Le camp projeté y fut construit. Le général Bedeau, plus libre alors dans ses mouvements, et assuré d'un point d'appui où il déposa ses bagages et ses réserves en munitions, put pénétrer dans les parties les plus difficiles de la contrée. 11 s'avanc^ jusqu'à Kanga-Sidi-Nadj, la plus méridionale des vallées de l'Aurès, à travers les territoires des Oulad" Abdi, des Oulad-Daoud, des Oulad-bou-Soliman, ici, Beni-Maafa, des Oulad-Amran el de plusieurs autres tribufi moins considérables. Il y eut quelques faibles engager menls, un entre autres au village d'Eydoussa; piajs en somme, les montagnards de l'Aurès lurent loin d'opposef la résistance à laquelle on s'allendait. On U'va sur eut des conlribulious analogues à celles qui étaient établies sur les autres parties du territoire conquis, et elles rea-