‹ Annales algériennesChapitre 66 sur 119 · LIVRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIX

sans aucun doute ce qu'il avait à faire, il ne lui restait plus à lui, Mootagnac, qu'à se renfermer dans sa [ilace, comme le lui avait recomnftndé avec lant de soin le gouverneur général. Il persista dans son imprudente résolution et n'envoya pas, par conséquent, les troupes qui lui étaient demandées.

Dans la soirée du 22, il se porta un peu au delU de Sidi-Ibrahim et prit position jusqu'au jour. Vers le malin il aperçut quelques cavaliers qui l'observaient de fort loin. Il fit marcher contre eux sa cavalerie, qu'il fit appuycrà distance par deux compagnies, et prescrivit au chef de bataillon Fromoot-Coste, commandant le bataillon d'Orléans, de rester au bivouac avec le reste de son monde. H est presque inutile de signaler le danger de ce morcellement d'une colonne déjfi si faible : on ne fait pas de détachement quand on a si peu de monde; on marche toujours réuni. M. de Montagnac, qui s'était mis avec la cavalerie, s'avança d'abord avec précaution ; puis, voyant les cavaliers arabes se mettre en retraite, il les fit charger par les deux premiers pelotons de hussards, appuyant lui-même ce mouvement avec les deux autres. Mais les arabes qui avaient paru se mettre en retraite appartenaient à une forte colonne qu'un repli de terrain cachait ft M. de Montagnac. Les Arabes tirant avantage de leur supériorité numérique, chargèrent nos hussards ifpii venaient si imprudemment à eux et les eurent bientôt :dnënnlis; les deux compagnies d'infanterie qui venaient âciTÎèrc eurent le môme sort. Mais ce ne fui qu'après Une héroïque résistance et entourés de cadavres ennemis tombés sons leurs coups, que nos soldais, fantassins et cavaliers, succombèrent sous le nombre toujours croissant de leurs adversaires. M. de Montagnac fut tué un des

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premiers. Le chef d'escadron Courby de Cognord, qui prit ie commandement après lui, tomba frappé de deus coups de feu. Sa chute mit fin au oombat : il ne restait plus personne. Les Arabes enlevèrent les blessés que l'Émir fit traiter avec humanité. Parmi eux était M. de Cognord que l'on avait d'iibord cru mort.

M. de Montagnac, avant de mourir, avait pu envoyer au commandant Froment-Coste l'ordre de faire marcher l'àu seponrs de la troupe compromise une des deus compagnies restées au bivouac de la nuit précédente. Cet officier supérieur s'était aussitôt mis en mouvement de sa personne avec la compagnie demandée. Mais ce renfort, attaqué en chemin par les Arabes, avait eu le même sort que ceux au secours desquels il avait été appelé. IL ne restait plus qu'une compagnie, celle qui avait été laissée la dernière au bivouac. Devenue le but de toutes les attaques des Arabes, elle parvint h gagner le marabout de Sidi-Ibrahim , où elle se barricada. Dans l'espace de quatre heures elle soutint avec succès trois attaques terribles, toutes trois précédées de sommations écrites, dans lesquelles Abd-el-Kader engageait le capitaine k.Géraud, le brave chef de cette brave troupe, à cesser

r"^fine résistance inutile, promettant de le traiter lui et ses gens selon toutes les lois de la guerre. Ces sommations furent lues aux soldats qui tous déclarèrent ne pas voulojr se rendre. L'Émir, laissant alors un fort détachement devant le marabout pour en faire le blocus, s'éloigna emmenant les quelques prisonniers qu'il avait faits. Le capitaine resta jusqu'au 36 au matin au marabout de Sidi-Ibrahim, sans vivres et sans eau, et soutenu par l'espérance de voir arriver une de nos colonnes. Enfin, voyant que rien ne paraissait, il se fil jour à travers les

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