LIVRE XL
Diverses mesures pour comprimer l'insurreclion.— Le général Lamoricière cbez les Trara.— Événements de Mascara.— Retour du gouverneur- général. — Son expédition dans l'Ouenseris. — lien sort pour se porter vers l'Ouest,— Abd-el-Kailer y pénètre k son lour.— Il en est chassé et lente un coup de main snr l'est de la provinced'AIgeroi'i le gouverneur -générai arrive en su iv an I ses Iraces. — Encore obligé de Tuir il se mainlicnl quelque temps dans le Djebel-Atnonr et chez les Oulad-Naïl.— [1 est conlrainl d'en partir, et rentre dans le Maroc vivement poursuivi. — Massacre de nos prisonniers.— Événe m enls Je la province de Conslanline, —Pacification générale.
Dès que la nouvelle du sinistre de Sidi-Ibrahim fut parvenue à Alger, le général Lamoricière s'empressa de rendre compte au Gouvernement de ce qui se passait, envoya un officier d'état-major au maréchal Bugeaud, qui était dans ses terres, pour l'engager h revenir au plus vite, et s'embarqua lui-môme pour Oran avec un renfort de trois bataillons. En arrivant dans celle place, ie 50 septembre, il apprit un nouveau malheur : le général Cavaignac, voyant le caractère sérieux que venait dç prendre l'invasion d'Abd-el-Kader, avait concentré toutes ses forces actives et pris position sur l'Isscr ; il avait dirigé en même temps sur Aïn-Temoucbent, petit camp intermédiaire entre cette rivière et Misergliine, un détacbement de deux, cents hommes destinés à en renforcer la garnison. Cette troupe élail d'autant plus faible qu'elle ne se composait guère que de-soldats récemment sortis
des hôpitaux, et qui, ne pouvant encore supporter les fatigues d'une campagne, avaient été jugés cependant capables de faire le service moins pénible d'un poste fermé. Rencontrée par une forte colonne d'Arabes insurgés, commandée par Bou-Hamedi, elle mit bas les armes sans combat. C'était là un échec certainemept plus f4cbeu:j. que celui de Sidi-Ibrabim, où l'admirable résistance des soldats du malheureux Montagnac avait fait éprouver de si cruelles pertes à l'ennemi, qu'une telle défaite pouvait être considérée, à certains égards, comme plus glorieuse qu'une victoire. Aussi l'affaire d'Aïn-Temouchent enfla plus le cœur des Arabes que l'autre. Ce fait, inouï jusqu'alors, de Français déposant leurs armes devant eux, donna à l'insurrection une incroyable intensité : la possibilité entrevue d'un triomphe sans lutte sanglante s'empara de la complaisante imagination des indigènes, et inspira de l'audace aux plus circonspects.
Le général Bourjolly avait quitté sa position de Touiza pour se porter à Relizan> sur la Mina. Le 50, Bou-Maza, qui venait de piller quelques douars de notre khalifa Sidiel-Aribi, ayant passé à sa portée, il le fit charger par les cavaliers de ce chef arabe et par deux cents chasseurs d'Afrique commandés par le colonel Tartas. On lui reprit le butin qu'il venait de faire et on lui tua quelques hommes.
Le colonel de Saint- Arnaud avait pris position à Ammi- Moussa, sur le territoire des Beni-Ouragh, où nous avions depuis quelque temps un poste permanent.
Le colonel Géry qui commandait à Mascara, sur la nouvelle^de la prise d'armes des Flitta, s'était rais en marche pour aller en aide au général Bourjolly. Attaqué par les insurgés à Aïn-THliouanet, il les avait battus.