LIVRE XL
insurgées avaient fui A vingt lioues en avant de lui, écrivait-il de ce point. Cependant on cherchant bien il finit par trouver le 27 près de Cherila quelques douars des Oulad-Krelif et des Ocni-Meida que sa cavalerie houspilla. Le S novembre, deux de ces colonnes, commandées par les généraux Reveu et Yousouf, firent ce qu'on appelle une razia chea les Beni-Thigrin où se trouvaient réunies quelques bandes d'insurgés. À peu près b. la même époque on entendit dire que Bou-Maza s'était montré l'hez les Ataf et les Beni-Zoug-Zoug qui, jusqu'alors, n'avaient pas bougé. Le général Commun, qui était parti de Blida avec une petite colonne, se dirigea aussitôt vers ces tribus, qui, eÉFrayées à son approche et sentant le maréchal sur leurs derrières, lui livrèrent leur Bou-Maza. Ce n'était pas encore le véritable, mais un jeune homme qui se disait son frère. Ce mouvement du général Comman, dans la vallée du Chélif, ayant laissé h découvert le pays situé entre Blida et Miliana, le général Bedeau s'y porta de Médéaavec quelques troupes.
Après la petite affaire des Beni-Thigrin , le maréchal Bugeaud se rendit dans les montagnes de Matmata, où il eut, le 7 novembre, un léger engagement avec les insurgés. Il descendit ensuite la vallée du Chélif. Le là, il était sur l'Oued-Biou, De là il alla se ravitailler à Sidibel-Acel. Il en repartit, le 23, pour se rendre chez les Flitta où il trouva le général Bourjolly. Pendant qu'il opérait ces divers mouvements, le vrai Bou-Maza, qui, après son affaire de Mostaganem, était rentré dans le Dabra, se présenta devant Orléansvllle, d'où il fut repoussé avec pertes. Le lendemain de cette attaque, les colonnes du général Comman et du colonel de Saint-Arnaud arrivèrent ù Orléansville. Elles muri.'hèrcut dans la
19S ANNALES ALGËKIENKES.
Duitsuivantc contre Bau-Muza, qui s'était porté cbez les Meiljadja et qui s'enfuit à leur approche. MM. Comman et Saint-A.rDaud se mirent alors à parcourir le pays entre Orléanville et Tenez, pour rétablir les communications entre ces deux places.
Toutes les tribus de la subdivision de Mascara, étant en révolte, le colonel Géry cul quelques combats à livrer en revenant de Tiaret, oii nous avons vu qu'il était allé conduire un convoi. Pendant son absence, un parti d'insurgés était venu faire le coup de fusil jusque dans un des faubourgs de Mascara. Le colonel Géry sortit de nouveau de cette ville le 21 octobre; le 22 il tomba sur les Beni-Chougran, leur tua beaucoup de monde, et leur enleva beaucoup tte bétail. Le 23, en revenant de Mascara, il eut à soutenir un autre petit combat où les insurgés montrèrent beaucoup d'acbarnement,
C'était un purent d'Abd-el-Kader, Ali-bou-Thaleb, dont nous avons eu déjà occasion de parler, qui dirigeait l'insurrection dans le centre de la province d'Oran. Les camps de Saïda et de Daya étant bloqués, le général Lamoricière envoya lelgénéral KorteàDaya, etM.Géry, qui venait d'être nommé maréchal de camp, à Saïda; il prescrivit en même temps au général Thierry, qui commandait à Oran, de se rendre à Sidi-bel-Abbés. Quant à lui, il se porta à Mascara et se mit à manœuvrer entre cette ville et Frenda. Abd-el-Kader venait de paraître au sud de cette dernière localité, cherchant à gagner la vallée du Cbélif.
L'apparition de l'Émir vers le plateau de Sersou, en présentant un but déterminé à nos colonnes, mit un peu d'unité dans leurs mouvements. Le maréchal Dugeaud forma un corps léger de 500 cavaliers et de 1,000 fantas-