‹ Annales algériennesChapitre 73 sur 119 · LIVRE XL · texte numérisé non relu

LIVRE XL

PtOncoiirul aux opérations qui se faisaient pour cerner \ Abd-el-Kaderdans le Tell.

Cependant Abd-el-Kailer ne resia pas longlenips chez I les Harrar, Renforcé d'un corps de cavalerie que lui four- I Bit cette tribu, il s'avança plus au sud, attaqua les Oulad- IChaïb, qui lui moulraienl des dispositions peu favorables, J et les réduisit, après avoir fait sur eux beaucoup de butin. iBienldt on reconnut à divers indices qu'il cherchait à se Crapprochcr de Ben-Salem. On acquit même la certitude I qu'il était entré en relations non-seulement avec celui-ci, Imais encore avec le chérif et avec Ben-Cliareb du Dira. f Dès lops, le maréchal pensa qu'il pourrait essayer de faire I jar l'est une pointe dans la Métidja. Afin d'être en me- Imre de le suivre de plus près, le gouverneur général t^itta sa position de Nahr-el-Ouacel, qu'il fit occuper par pie colonel A. Pélissier, et se porta sur Boghar. Il écrivit I même temps au général de Bar, qui commandait à ■ Alger pendant son absence, de faire occuper le col (4es Beni-Aïcha par le général Gentil, et de tenir deux HtailloDS de la milice algérienne prêts à marcher au Kyremier ordre. Les événements ne lardèrent pas â mon- Klrer l'opportunité de ces précautions. Abd-el-Kudcr évitant le générai Bedeau, qui s'était porté vers le Kef-el- IliBkdar, arriva chez Ben-Salem qui n'avait pas tardé à ^redescendre du Djurdjura. La veille de cette jonction, ■Sen-Salem avait attaqué les Isser qui nous étaient restés pjUèles et avaient fait sur eux un butin considérable, liais le colonel Blangini, que le général Gentil avait enrayé renforcer la garnison de Dcllys, instruit de ce qui j passait, se mit ù sa poursuite et lui en reprit une parie. Il alla ensuite prévenir de celte agression le général F Gentil qui, la nuit suivante, celle du 6 au 7 février, sur-

prit le camp de Ben-Saleni, y tua beaucoup de moQâe «t y prit beaucoup de bagages et de bélail, et le restant de ce qu'il avait enlevé aux Isscr. Mais une circonstance fort remarquable que l'on ne sut qu'après, c'esl qu' Abd-el- , Kader était lui-même dans ce camp au moment où il fut kBurpris. S'élant tiré, non sans peine, de ce mauvais pas, il vit qu'il devait renoncer au projet de descendre dans la Métidja, projet qu'il avait en effet formé, ainsi que l'avait fort bien deviné le maréchal Bugeaud, mais que les très-sages mesures prescrites par celui-ci firent échouer. La lucidité avec laquelle le gouverneur général découvrit du haut Chélif, où il était alors, le but de la marche de l'Emir ver» l'est, est une des choses qui font le plus d'honneur à sa sagacité militaire.

Cependant le général Bedeau , à qui AJ>d-i<I-Eader avait d'abord dérobé son mouvement vers l'outban de Sebaou, n'ayant pas tardé à en avoir connaissance, s'était mis sur ses traces. Le 9, il fut rejoint par le marédial, qui se portait de son côté à marches forcées sur le haut Isser; de sorte que trois de nos plus considérables colonnes, outre la brigade Gentil, se trouvèrent en même temps sur le territoire menacé, savoir, celle du maréchal, celle du général Bedeau et celle du général d'Arbouville réunie à cette dernière depuis les affaires des Beni-Djaad. Le 16, le général Gentil se mit en communication avec le maréchal, qui, gardant auprès de lui les troupes de ce général, le fit repartir pour le col des Beni-AIcba avec les bataillons des autres colonnes qui avaient le plus besoin de repos. Le gouverneur général se mil eosuiteà châtier quelques tribus kbaïles qui avaient accueilli l'éjnir, telles que les Guechtoula, les Beni-KhalfouD, les fjezlioua et quelques fractions des Flissa, Quant

' ^ Abd-el-Ka4er, on ne put l'atteindre; il se retira pour I |;e moment dans les parlies les moins accessibles du Pjurdjura. Le maréchal se trouvant peu éloigné de la ' f44)ita|e ^e son gouvernement, dont il était absent depuis guatrc mois, résolut d'aller y passer quelques jours. 11 y , vriya, le 34 février, avec la colonne du général d'Arbou- ' ville. Le général Bedcan s'y rendit peu de jours après; ce , général et ]^. d'Ârbotivillo pe lardèrent pa$ à retourner I j^r mer dans la province de Constaolifie.

Cependant Abd-el-Kader, dès qu'il eut vu pos troupes ' s.'é|oigner des tribus kbaïles,feparutau milj,eud',eIlespour les exciter jde nouveau à la g^jej-re contre les |Chréti.eps. Le 28, il tint une espèce de congrès A Bor,dj-bou-KeQij chez les Gucchtoula, où se trouvèrejut des députés de presgue toutes les tribus situées à droite de l'Qued-Sebaoi). La question de la prise d'armes y fut agitée; mais rien n'y fut définitivement arrêté. Dans une seconde assemblée de même nature, qui eut lieu dans la piéme localisé, peff deJQurs après, quelques engagements de guerre furent pris. Mais bientât l'annonce d'une nouvelle sortie du maréchal s'étant répandue, les gens sages et modérés, quj fraignaient de voir compromettre l'indépendance de leur I fays par une guerre imprudente, prirent ladirccliou des l'Affairés, et l'Émir, forcé d'abandonner la contrée, se remit WfD route pour le s^ud-ouest. Ce moment commença la pé- I riode décroissante de l'insurrection.

Le gouverneur général était parti d'Alger le 5 mars

l^vec l'intention de marcher sur Bordj-bou-Keni. Mais il

; porta vers l'outbau de Hamza, lorsqu'il eut counais-

[ upce de la retraite d'Abd-el-Kader. Celui-ci, marchani

I avec sa rapidité ordinaire, surprit le 7 mars au malin nos

4l»uùr$ de Titleri, entre Bogbar et Ëerouakia, et leur en-

SÊK) ANNALES ALGËnlENHES.

leva un butin considérable. Mais, poursuivi anssîtfit par le colonel Cnmou, qui se trouvait peu loin de là avec une de nos nombreuses colonnes, il perdit une partie de son propre bagage, et près de ISO cavaliers. Bcn-Klika, un de ses lieutenants, fut au nombre des morts. Ce désastre fut bientôt suivi d'un second: la colonne légère du général Yousouf, qui avait été envoyée dans le Titteri, surprit son camp à Gouiga sur la roule du Djebel-Amour, le 13, au sud du lac de Znrës. Sa tente, ses bagages et 800 mulets luLfurcnt enlevés. Il perdit, en outre, beaucoup de monde ; mais enfin il parvint encore Ji s'écbapper.

Deux prisonniers français, M- Lacote, chef du bureau arabe de Tiarct, pris dans les environs de ce poste, et M. Lévi, interprète, pris à la malheureuse affaire de Sidi- Ibrahim, tombèrent entre nos mains, mais tous deux blessés. Les Arabes, avant de les abandonner, avaient eu la barbarie de tirer sur eux. M. Lévi ne survécut que peu d'heures à sa délivrance. M. Lacote vécutassez longtemps pour pouvoir donner sur la position de l'Émir d'importants renseignements. On sut qu'il avait tiré des approvisionnements de Bou-Sada, et que son ancien secrétaire El-Karoubi , retiré à Alger depuis trois ans , était en correspondance avec lui, et lui faisait souvent passer des avis utiles. Cet homme fut arrêté par suite de celte révélation. Yousouf, continuant à poursuivre l'Émir, 8*avança jusqu'à Zumina, au délit de Taguin.

Le maréchal voyant la paix rétablie dans l'est par la retraite d'Abd-el-Kader, retourna à Alger, où il arriva le 18 mars. Le même jour, M. le duc d'Aumale y débarquait de son cûié. Ce prince prit le commandement supérieur des subdivisions de Médéa et de Miliana.

Abd-cl-Kadcr parvint à se maintenir quelque temps

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