LIVRE XLI
■fei tète duquel il se trouvait alors, et faire, en un mot, adopter le système conslilué |)iir l'ordonnance du 51 oclobre 1838. Maintenant il venait d'en faire proclamer un tout contraire, et, comme ce ctiangement avait encore lieu à son profit, il était naturel que le public fil h cet égari) des rapprochements importuns pour lui. Une sé- ^e d'articles fort spirituels et Ircs-mordanls, évidemment ■fimancs de quelqu'un qui possédai! le secret de ses plus intimes démarches, parut dans un des journaus spéciaux l'Algérie et ne contribua pas peu a augmenter les dif- Bcultés de sa position. Enfin , après une courte lutte, il ftit obligé de se retirer et de céder à un autre la place tmincnle qu'il avait fait créer pour lui; jamais le classiique sic vos non vobis n'avait reçu une aussi complète ap- ^ication. Satisfait à cet égard, le maréclial Bugcaud traita tvec bienveillance le nouveau directeur général, M. Viclor Fouclier; mais les vices de l'institution n'en persistèrent pas moins.
L'ordonnance du 15 avril fut suivie d'une autre de même date , qui régla les conditions d'admission et d'avancement dans le personnel administratif relatif à l'Algérie, divisé par une choquante inexactitude de langage KO personnel continr-ntal et personnel colonial. Un di';faut grave et remarquable de l'administration française tel une tendance irréfléchie à tout réglementer. Ou ne comprend pas quel avantage elle peut avoir à se lier les nains par des règlements qui gênent sa liberté d'action
qu^elle est presque toujours obligée de violer. Il faut itans doute, pour gouverner, avoir quelques principes fixés et un pion de conduite arrêté dans son ensemble: Otais quelle nécessité y a-t-il à s'enchaîner par des en- ^gements de détail? Les Anglais, par un système con-
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traire^ sont infiniment miens servis quç nons^ en tout rt partout. Mais continuons nos analyses administratives*
Le 30 novembre 1844^ une ordonnance royale créa un tribunal de première instance à Blida et augmenta par^ tout le personnel de la magistrature^ mais en supprimant les conseillers et JMges adjoints. Une seconde cbam-^ bre civile fut instituée au tribunal d'Alger par ordonnance du 26 juillet 1846> et par une autre ordonnance du 23 janvier 1847, le cercle de Bouffarik fut placé dans la circonscription de la justice de paix de BHda.
Une ordonnance du 9 mai 1845 prononça déchéance contre toute demande d'indemnité pour expropriation an* térieure au 31 juillet 1836 qui ne serait pas présentée dans un délai de trois mois. Le délai fut étendu à deux ans pour les expropriations postérieures à cette époque.
Le 19 mai 1846^ une ordonnance régularisa l'eiûs* tence des interprètes assermentés auprès des tribunaux. Plusieurs autres ordonnances ou arrêtés relatifs à Tadmî* nistration de la justice furent rendus de 1844 à 1487, sur les droits à percevoir par les greffiers, sur Texercice d^ la profession de défenseurs, sur Tinstitution des notaires dans les territoires mixtes, sur celle des commissaireish priseurs, etc.
Par ordonnance du 2 août 184S, une sous-direction de Tintérieur fut instituée à Blida. Une autre ordonnance du 9 novembre de la même année donna une organisation officielle au culte Israélite. Une des notabilités de la jujverie de France avait été envoyée en Algérie pour prépfi^rer ce travail, qui n'avait du reste rien de fort urgent. Mais il est de mode, depuis un demi-siècle, de beaucoup s'occuper de cette partie assez peu recommandable du aomc. liumâin, qui recule presque partout devant la main
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qu'on lui tend et se complait dans son isolement et ses préjugés. Les portes étant ouvertes à tous (et on a trèsbien fait de les ouvrir)^ les Juifs bien organisés les franchissent d'eux-mêmes^ sans qu'il soit besoin de s'en inquiéter autrement. Quanta ceux à qui il convient de res^ ter ea dehors, je ne vois pas ce que l'on peut trouver d'utile à s'ingérer dans leur culte et leurs synagogues. Il peut même y avoir quelque inconvénient pour la régénération des juifs à se mêler de ces sortes d'affaires; c'est les rehausser à leurs propres yeux, et par conséquent les confirmer dans leur stupide esprit d'exclusion et dans leurs préjugés anti-sociaux.
Par arrêté ministériel du IS avril 1846, un ingénieur •Q chef des ponts et chaussées fut attaché à chacune des trois provinces.
Par ordonnance du 22 du même mois, les travaux publics furent séparés de la direction de l'intérieur et en formèrent une spéciale.
Une ordonnance du 29 octobre suivant statua sur les biens séquestrés. Le séquestre établi antérieurement à lu date de l'ordonnance, n'importe comment fut maintenu, mais les propriétaires eurent un an pour en demander la mainlevée^ en justifiant de leur présence en Algérie et de leur soumission à la France. Le principe du séquestre, ou, en d'autres termes, delà confiscation, fut proclamé à l'égard des indigènes rebelles ou émigrés. Après deux ans d'existence du séquestre, si la mainlevée n'en est pas prononcée, les biens sont définitivement dévolus au domaine.
L'ordonnance du 17 janvier 1845 ayant profondément modifié le régime financier introduit en Algérie par celle dtt Si août 1839, un nouveau règlement sur la
compla'bilité était devenu nécessaire. C'est à quoi pourvut une ordonWnce du 2 janvier 1846.
Par ordonnance du â6 juillet de la même année^ une seconde chambre civile fut créée au tribunal de première instance d'Alger.
Le 14 octobre suivant, un arrêté ministériel régie- ;,meQta le service des géomètres de la colonisation, ioti** tulé service des opérations topographiques.
Deux ordonnances du 31 janvier 1847 réglèrent ce qui concerne les droits de patentes et de licence.
Deux autres ordonnances, Tune du 17 février et l'autre du 20 mars de la même année , prononcèrent des exemptions de droits à l'entrée pour certains objets de consommation alimentaire, non encore compris dans les nomenclatures des marchandises entrant en franchise. /
Le lecteur sait déjà que les recettes de l'Algérie sont extrêmement loin d'être en rapport avec les dépenses que cette contrée coule à la France. Cependant elles suivirent de 1851 à 1847 une progression fortement ascendante; en voici le tableau extrait des documents officiels:
Années. 1831 929,709 fr.
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