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Années. i84k 12,915,155 fr.
Voici les détails des recettes pour cette dernière année :
Produite du Trésor»
1* Contributions directes . 361 ,765 f. 62 c.
^ Enregistrement^ timbre et domaine 2,687,579 32
S» Foréls 4,973 12
4« Douanes et sel , , 2,615,017 97
5<^ Contributions indirectes 866,8*21 37
6"" Postes ..... 613,875 02
7*» Contributions arabes 3,577,769 79
S"" Produits divers ^ . 4,109,279 33
9« Recettes de différentes origines 231,753 98
Total 15,068,835 46
Produits locaux et municipaux.
Recettes ordinaires. . . i 5,000,271 34
Recettes extraordinaires.. 249,65i 46
Total 5,249,928 80
Total général. . . . 20,318,764 26
Ce chiffre^ il est bon de le remarquer^ présente les sommes perçues en Algérie par les agents des finances^ et parmi ces sommes il en est qu'on ne saurait considérer comme produits algériens : tels sont^ par exemple^ lès produits de ventes d'effets mobiliers appartenant aux départements de la guerre et de la marine. La déduction de ces sortes de recettes abaisse à moins de 20 millions les revenus publics de TAlgérie pour 1847.
^i ANNÀLB8 AUUÉtlËNNBS.
Voici maintenant les dépenses :
Années. 1831 15,451,424 fr.
On voit quelle triste affaire serait pour nous l'Algérie, si on ne la considérait que sous le rapport financier.
Depuis 1843, les budgets ne présentent plus en masse la totalité des dépenses aflFérentes à l'Algérie : la solde et l'entretien des troupes de l'armée d'Afrique (irréguliers indigènes non compris) sont rentrés dans l'ensemble des dépenses de l'armée aux chapitres qui leur correspondent. 11 n'est resté en évidence, dans le budget général, que les dépenses tout à fait spéciales à la colonie. C'est en ajoutant aux chiffres de ces dépenses le n^ontant approxi*» malif de la solde et de l'entretien des troupes^ déduit tle l'effectif toujours croissant jusqu'en 1846, que J'ai établi ceux des dépenses générales postérieurement à l'année 1842. Pour les années précédentes, ces chiffres m'ont été directement fournis par les documeûts législatifs, c'esl^
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par léis règlements définitifo des budgets des divers exercices.
Les dépenses purement spéciales à T Algérie s'élevèrent, en 1847, à 35,456,953 fr. En voici le détail :
Matériel du génie.. , . . 7,646,000 fr.
Gooveraement de TAlgérie. . . . ^ . . 2,753,200
Services militaires irréguliers 7,847,909
Service maritime 579,057
Service civil 4,342,787
Colonisation 2,000,000
Travaux civils 8,266,000
D^;ieii8e$ secrètes. . * 22,000
Lés dépenses des travaux exécutés par le génie militaire^ du 1*^ janvier 1840 au 1'' janvier 1846, se sont élevées à la somme de 31,267,991 fr. Cette somme paraîtra Biodérée, si Ton considère l'extension qu'a prise l'occupation dans cette période, et, par suite, les casernes, les hôpitaux, les magasins qu'il a fallu construire, les routes qu'il aMlu ouvrir et les retranchements qu'il a fallu élever. Cest^n employant les troupes à ces divers travaux qu'il a été possible de faire face à tant de besoins. La main d'oeuvre a été, de cette manière, peu coûteuse ; mais la fjûblesse relative des allocations budgétaires a souvent obligé de ne faire que du provisoire, ce qui finit par être fort cher. Ensuite, l'expérience a prouvé que les ingénieurs militaires sont loin d'être d'habiles et économes oionstructeurs. Gomme ils possèdent une grande théorie, ils finissent bien par se former, mais leur apprentissage 601 ruineux pour l'État : les exemples à cet égard abondent en Algérie. Ce n'est que dans les travaux de fortification
»D ANNALES ALGEHIENNES.
que les officiers du génie sont dans leur rôle. La nouvelle enccinli^ d'Alger, commencée dans la période qui nous occupe el qui était fort avancée au départ de M. le maréchal Bugeaud, peut être classée au nombre des plus imporlanls et des plus ningnifîques travaux militaires du siècle, tant sous te i-a]iport de l'eséeulion que sous celui du linc^. On n'avait pas ici, comme h Paris, h opérer sur un sol uni, où les règles fixes de l'art trouvent une application sûre et facile. Il fallait vaincre d'immenses difficultés que présentait il chaque pas un terrain iuégal et horriblement raviné, faire pour chaque front une étude nouvelle, déterminer pour chaque point un chaos do plans de défilement, et chercher partout la direction à suivre pour mettre d'accord les conditions da tracé el du relief. Le général Charon, directeur des fortifications en Algérie, qui, du milieu des préoccupations journalières des mille détails d'un service immense, est cependant venu à bout de cette difficile tâche, a certainement conquis une place glorieuse à eôlé des plus habiles ingénieurs que la France ait produits.
Nous possédions en Algérie, au 1" janvier 1847, un casernement permanent pour 29,000 hommes el 7,000 chevaux. Les divers hôpitaux permanents pouvaient recevoir 7,000 malales. En comptant les constructions provisoires, il y avait logement pour 66,000 hommes et 10,000 chevaux, el place pour près de 12,000 malades.
Les dépenses des travaux publics n'ayant pas une afTcclation purement militaire s'élevèrent, de 1840 à !847 inclusivement, à '14.,846,8] 7 fr. Ces travaux ont consisté en routes, dessèchements de marais, travaux maritimes, édifices publics, aqueducs, fontaines, etc. Ils ont été esécatés por les ingénieurs des ponts el ctiaumées, le génie
HtiHlaire et le service des bàlimeats civils régulièrement jjrganisé en Algérie en 18^3.
Les ponts et chaussées furent chargés, dans les territttires civils, des routes presque partout d'abord ouvertes fn l'armée. Le génie mililaire tes exécuta dans les territoires mixtes et arabes. Au 1" mars 1846, il existait 1 Algérie 61G kilomètres de roules terminés et 1,108 Itommencés. De toutes les nouvelles roules, la plus remariquable est celle de la gorge de la CliilTu, qui est destinée ft conduire à Médéa en tuiirnaot le Teniat de Mouzaïa. iCcst UD travail d'une grande hardiesse, mais qui sera longtemps exposé à de dangereux éboulemenis. La pluipart des routes de riotérieur, construites avant tout dans '}« but d'établir le plus prumptement possible de faciles ijBemmunications entre les places et les camps occupés par nos troupes, sont et seront longtemps encore dans un étnt Ibrt imparfait. Mais ce n'en est pas moins un important ^^ Wullat d'avoir partout ouvert le pays à nos colonnes et à Mrs artillerie.
Les dépenses pour travaux maritimes, !ï l'exception de loelqucs quais, débarcadères et phares construits sur f autres points, se sont concentrées sur le port d'Alger, lODt la jetée avait atteint, au 1" janvier 1848, une lon- (ueur de 600 mètres. Ce bel ouviuge a subi d'amères ritiques : une fuule de mémoires et de brochures ont feerché à prouver qu'il était possible de faire mieux ; bais les brochures passent et s'oublient, et le port reste. Sans doute, si, dès le principe, on avait su ce que l'on voulait faire, on aurait travaillé sur un tracé discuté d'après un développement connu. Mais il ne s'agissait . d'abord que de fortifier la pointe du musoir de l'ancien b-fort; ensuite on a voulu s'avaucer de quelques mètres,
BSo ANNALES ALCËBIBNNES.
puis UD peu plus; el il s'esl trouvé alors que ce qui Étail fait élant en désaccord avec ce qu'on se déterminait à faire, il a iallu changer plusieurs fois la direction de la jetée. Il en a été du port d'Alger comme de l'Algérie en général: les fautes qu'on y signale proviennent principalement des incertitudes et des hésilations du Gouvernement.
Les travaux de dessèchement furent considérables et bien dirigés sous l'adiniaistrution du maréchal Bugeaud. Ceux de BAne, déjà commencés sous les administrations précédeoles, mais terminés sous celle-ct, parurent avoir rendu la salubrité à une des plus belles contrées de l'Algérie. A Philippeville, le même effet fut produit. Dans la Mélidja, de grandes améliorations furent obtenues: le grand fossé de l'obslacle continu, en partie exécuté, y contribua ; ce fut le seul bon côté de ce ridicule projet. Après les travaux de route et de dessèchement viennent [ eeux des bAlimenls civils. Les premiers sont purement I nalériels et mathématiqucG, les autres réclament de (dus I le concours de quelques idées artistiques. Malheureuee* L aient, ceux que l'ou a exécutés en Algérie sont en général I bien loin d'être irréprochables à cet égard. Les travaux ' de ce gejire, dus au génie militaire et aux pools et ebaussées, se font surtout remarquer par un dédain systématique des formes. C'est un travers commun h tous les ingénieurs de notre savante et si recommnnd^ible école polytechnique : le culte du laid semble avoir été adopté par eux avec une sorte de frénésie. Bien n'a un aspect plus hideux, plus maussade, plus lourd que les casernes, les niagasius, les hôpitaux qu'ils ont construits en Algérie. Cependant l'edllice te plus sévère, tant par son style que par sa destination, peut acquérir une certaine beauté d'ennemble par la seule détermination des lignes et i'barmoDM