‹ Annales algériennesChapitre 86 sur 119 · LIVRE Xtll. â6S · texte numérisé non relu

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était^ au 1*' janvier 1847^ de 608 individus, dont 50 seulement se livraient à Tagriculture.

A la même époque, le chiffre de cette population s'élevait de 1,200 à 1,300 âmes dans les deux villes de Miliana et de Médéa, dont un dixième au plus de cultivateurs. Nous avons dit ailleurs que les désordres des premiers temps de l'occupation y avaient causé la destruction presque totale de tout ce qui y existait autrefois. De nouvelles constructions s'y étaient élevées, les unes par les soins du génie militaire, les autres par ceux des particuliers qui s'y étaient établis. Ces dernières se ressentaient généralement du peu de moyens de ceux qui les avaient entreprises, et présentaient si peu de solidité que les pluies de 1846 firent fondre Miliana. Ceci est à la lettre.

Des trois provinces de l'Algérie , celle de Constantioe présentait le plus de chances favorables à la grande colonisation, tant par la nature de son sol que par les dispositions généralement pacifiques deç indigèii s qui l'habitent. Néanmoins, le ministère et le maréchal Bugeaud, absorbés par les préoccupations de la guerre contre Abd-el-Kader, négligèrent assez longtemps cette intéressante partie de l'Algérie. Ils semblaient êtrQ de l'avis de cet officier qui, s'abandonnant à ses impressions purement militaires, trouvant qu'on ne se battait pas assez à Constantine, s'écriait dans l'amertume de son cœur : Il n'y a rien à faire dans ce maudit pays !

Vers la fin de 1843, le ministère se décida cependant à jeter les yeux sur la province de Constantine, il demanda des rapports, et l'année suivante quelques essais de colonisation commencèrent.

Le territoire de Philippeville fut le premier dont on s*ocçMpa. Pai: suite d'arrangements convenus àv^ les

'SB© ANNALES ALCÉHTËNNES.

Iribua qui occupaient les loculités que l'on voulait livrer A la culture européenne, celles-ci se IransportÈrcnl ailleurs et laissèrent le champ libre. On put disposer de cette manière de toute la partie inférieure des vallées de rOucd-Safsaf et de l'Oued-Zeramna, comparables, pour la beauté et la fertilité, à ce que l'on peut voir de plus riche et de plus beau, je ne dirai pas seulement en Algérie, mais peut-être dans le monde entier. On y construisit trois villages, Saint-Antoine, Damréraont et Valée, au moyen d'un crédit de 100,000 francs ouvert au budget pour cet objet. Mais ces trois établissements ne comptaient pas 300 âmes de population au 1" janvier 1847.

A Smendou, aux Toumlettes, à El-Arouch, un nombre à peu près égal d'Européens étaient groupés autour des camps construits dans ces localités.

Dans ratrondiBsementdeBône,plusieurs villages furent projetés, mais rien, à l'exception des études préliminaires, n'était encore commencé à la fia de l'administration du maréchal Bngeaud.

Un arrêté du 20 janvier 1845 ordonna la formation d'un centre de population de 250 familles à Ghelma, où n'existait encore, à côté du camp, qu'un hameau de cantiniers. Il fut décidé que les 100 premières qui s'y pr&senleraienl recevraient des concessions gratuites et un secours de 600 francs en matériaux de construction. On y comptait, au 1" janvier 18i7, près de 700 Européens. 'La plupart de ces colons étaient arrivés à Bûne .sans res- 'Bources, et l'administration fui obligée de faire pour oux plus qu'elle n'avait promis. Comme ils auraient été hors d'éljt de mettre en culture la première année les terres qu'on leur avait distribuées, le général Randon fit appel k la bonne volonté des indigènes, qui, accourant avec des

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