‹ Annales algériennesChapitre 87 sur 119 · LIVRE XLH · texte numérisé non relu

LIVRE XLH

centaines de charmes, curent, en peu de jours, labouré et ensemencé les champs de leurs nouveaux voisins. Ces corvées secourabtes ont souvent lien chez les Arabes : on les appelle touiza ; elles onl beaucoup d'iinalogie avec les ruches des Américains.

A Sétif, une population, qui s'élevait à 600 âmes au 1" janvier 1847, s'était formée auprès du camp. Une ordonnance du 11 février de la même année décida que des terres y seraient concédées. Un petit village fut établi à Aïn-Sefia, à quatre kilomètres de Sétif.

Dans la province d'Oran, coname dans celle de Constantine, des études de colonisation eurent lieu en 1845. Dne ordonnance du 4 août de celte même année étendit les territoires civils d'Oran et de Mostaganem, cl ce fut sur ces territoires que durent naturellement avoir lieu les premiers essais. Le projet fut, pour celui d'Oran, la création de six centres de population, depuis les ruines d'Andalouse, à l'ouest, jusqu'à Arzcw, à l'est. Mais à la fin de l'administration de M. le maréchal Bugeaud, trots de ces centres seulement étaient en voie d'exécution, Mvoir :

Mîserghin, où un petit village européen s'était déjà formé de lui-même par suite de rocL'upation militaire de ce point, laquelle remonte à 1857;

La Senia, établissement nouveau créé par arrêté du 10 juillet 1844, à qui sa proximité de la ville promettait UQ certain degré de prospérité ;

Sidi-Chami, qui était encore à l'élat embryonique lorsque le maréchal fiugeaud quitta la colonie.

Par ordonnance du 12 août 1845, il fut décidé qu'il

serait crééà Ariew un centre de population deSOOfamilles.

ui. 17

ilB$ AN»ALB3 ALGÉRIENNES.

Ce fut Ift reprise d'un projet qui remontait au maréefaal CIuuzëI ; il y avait sur ce point ôOO babilanls à la fin de

I,e territoiru fl'Oran est aride pj-csquo partout et se prête gcnéralement assez peu à la colonisotion. Il n'en est pas de même de uelui de Mostaganem, qui se divise Data relie mont eu trois parties : le ravin, la plaine et le plateau. Le ravin, qui sépare Mostaganem du quartier de Matmora et se prolonge vers l'est, est très-propre à l'horticullure ; la plaine, qui s'étend entre la mer et les collines dcMaz.igran, le plateau, qui couronne ces mêmes colliues, ae priaient fi toiile espèce de culture. J'ai parlé ailleurs de ce beau pays; j'ai dit ce qu'il était avant nous et ce qu'il élait devenu dans nos mains. En 1844, c'est-à dire après onze ans d'occupation, on commença à s'apercevoir qu'il y avait là quelque cliosc ù faire. On mit des projets h l'étude (style de bureau), et le 18 janvier 1846, une ordonnance décida qu'il serait créé à Mazagran un centre de population, lequel ne comptait encore que 155 individus au l"janvicrl847.

Dans l'été de cette même année 1846, le gfluvernement envoya à Oran huit cents Prussiens qui, ayant quitté leur pays pour se rendre en Amérique, avaient été abandonnés h Dunkerque pnr ceux qui devaient les y conduire. Ces malLeureux arrivèrent, après une longue Ira- ■Versée,dan9 un état de misère et de souffrance inexprimaiile. Rien n'était plus liidrux A voir. L'ndminlstrntioti civile, rortembarrasï.ée dp ectie recrue, ne savait qu'en faire; mais l'aulorilé militaire s'en empara el les partagea entre deux loealilés où nos troupes leur construisirent des babilalioiis et leur cultivèrent el ensemencèrent des terres, ce qui forma deux Douveaus. viliagee : l'un est Sdi-

Livne xu(> âS9

f 4l8 h la fontaine de ce nom entre la Macla et Mazagran ,

f l'autre est Sainle-Léonie sur la roule d'Arzew h Oran.

Saint-Denis du Sig est un village créé par arrè(c du 13

I février 184.8, sur la rivière de ce nom près d'un barrage

[ i|ïii y fut construit par nos troupes, pour assurer l'irriga-

I lioB (le la belle plaine que traverse ce cours d'eau. La

I roule d'Oran à Mascara y passe, ce qui devait ajouter à

s éléments de prospérité; cependant, il ne comptait en-

I Mrc qae cent quatre-vingt-dis sept habitaols k la fin do

]6i6 ; mais il faut dire que les maladies et l'insurrection

do 18iS en arrêtèrent le développement.

Mascara comptait une population européenne de 1,200 âmes au 1" janvier 1847; deux villages, Saint-Hippolyte ' et Saint-André, étaient en cours d'eséculion sur son terri- \ leire.

A Tlemcen, la population européenne était de 739 in- [ 4ividus à la même époque. Celle de Djema-Ghazouat , oA me ordonnance du 24 décembre 1846 dccrÉta la formation d'une ville, sous le nom do Nemours, s'élevait à

Une ordonnance du 4 du même mois établit qu'il serait i •réé dans la subdivision d'Oran, huit communes sous les I MmS de Nemours, Joinvitte, Saint-Louis, Saint-Cloud,

ixinte-Adelaïde, Saint-Eugène, Saint-Leu et Sainte-Barbe, L âontle territoire serait concédé, en toutou en partie, à des ' propriétaires ou ù dos compagnies, qui prendraient l'enga* I fcment d'en opérer le peuplement, en y établissant des

fkmilles de cultivateurs européens, dont trois cinquièmes [ an moins de Français. Les conccssionnulres furent tenus I ie délivrer à chaque famille en toute propriété uno sur- I face de quatre A sis hectares. Le Gouvernement se char-

Hea doE travaux d'utilité publique.

aM' ANNALES ALGÉRIENNES.

Une seconde ordonnance de même nature, en date du 19 février, décréta la création de trois nouvelles communes sous les noms de Christine, de San-Fcrnando et d'Isabelle entre Oran et Arzew, Elles furent concédées par une autre ordonnance du 12 mars à des capitalistes français et espagnols qui y avaient commencé des travaux au départ du maréchal Bugeaud.

La création en Algérie de tous les centres de population fondés ou décrétés depuis 1842 donna, comme cela devait être, quelque impulsion aus entreprises particulières. Tout le fahs d'Alger, une partie des territoires de Blida et de Coléa, furent mis en culture. Dans la Métidj'u, quelques établissements abandonnés par suite des événements de 1839 reprirent un peu de vie. Le plus considérable fut, sans contredit, celui de M. Boréiy-Lasapie à Souk-Ali, qui lui fut concédé par acte du 29 juillet 1844. Plusieurs autres concessions considérables eurent lieu depuis cette époque sur divers points de l'Algérie et quelques-unes avec des clauses qui rappellent celle de la Bassanta. Nous avons déjà parlé de cette opération absurde par laquelle l'Etat, représenté à Alger par M. le directeur des finances, avait livré au prince de Mir les belles prairies du Hamt'^e afin de lui acheter le foin qui en provenait, c'esl-à-dire le propre bien du domaine. Ce concessionnaire ayant succombé par sa faute, malgré cet énorme avantage, fut remplacé par un autre qui, sans songer un instant à remplir aucune des clauses onéreuses de la concession, se contenta de vendre tranquillement à l'Élat les foins que celui-ci avait ia naïve complaisance de lui acheler. Il réalisa de cette manière une somme assez ronde avant d'être évincé. Ces denx mécomptes successifs n'empêchèrent pas le Gouveraement

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de livrer de la même manière les prairies de PliiHppeville en 18-16.

Le 21 juillet 1843, une ordonnance du roi régla que les concessions de moins de cent hectares pourraient êlre faites par le ministre de la guerre, mais que des ordonnances royales seraient nécessaires pour des concessions plus considérables. Ces dispositions furent maintenues par une autre ordonnance sur la même matière du 5 juin 1847; mais celle-ci donna au gouverneur général le droit de faire les petites concessions de moins de 25 liectarûs. Elle assujettit, en outre, les concessionnaires de plus de lOO hectares à un cautionnement de 10 francs par hectare, lequel serait acquis à l'État, en cas d'inexécution des conditions de culture et de peuplement qui leur auraient été imposées. Dans ce même cas d'ineséculioii des conditions, les concessions pou valent êlrerévoquéeseu tout ou en partie. Les concessions furent placées dans les attributions du directeur de l'intérieur, à l'exception de celles des forêts qui continuèrent à ressortir du directeur des finances et de celles des mines, marais, sources minérales, qui furent attribuées à celui des travaux publics. Dans sa sollicitude pour les colons, le Gouvernement organisa un service de santé gratuit composé de médecins qui, comme ceux de l'armée, ne sont salariés que par l'Etat. Enfin il créa, sous le nom d'inspecteurs de la colonisation, une classe spéciale d'employés uniquement chargés de veiller à leurs besoins agricoles et économiques. Des pépinicrcs furent établies sur plusieurs points; en un mot, rien- ne fut négligé pour assurer la prospérité de l'agriculture. Cependjnt, la population agricole européenne de toute l'Algérie ne s'élevait encore, nu 1" janvier 1847, qu'il 17,000 individus, tant dans les centres

fondés par l'Étatquc dans les élablissementa particuliers.

En défalquant ia population agricole de la tolalité de la population européenne de l'Algérie, on verra qu'en 1816, près de 90,000 individus y ont veau pur des moyens d'existence élrangers h l'agriculture, c'est-à-dire par le commerce, la spéculation et les professions industrielles.

Sous le gouvernement des Turcs, l'Élat faisait le monopole (le presque tout le commerce : l'esporlation d'ua [raiid nombre de produits était prohibée; de sorte que ■ieo n'encourageait le travail. Le droit d'importation pour lUtes les marchandises étrangères était fixé à cinq pour Cent ati valorem. Le même droit était de dis pour cent, lorsque l'importation était faite par les Juifs, pour lesquels il y avait toujours une exception onéreuse ou humiliante. Les deys n'avaient rien fait pour allirer dans leurs étals le commerce de Soudan, qui s'effectue encore A préseut exclusivement par le Maroc, Tunis et surtout Trîpoli. CepcudanE, il arrivait quelquefois de petites caravanes de Tombouctou à Oran.

Voici, d'après Shaler, le tableau des importations qV^^^ exportations en 1822. . H^^f

Imporiaiioni, ..^^^B

De la Grande-Bretagne : manufactures de l'Iode

el d'Anglelerrs 3,700,000 fr.

De l'Espagne: Soie, brocanl, poivre, eaté, des

manufatlures allemandes el françaises. . . . 1,200,000 De la France : Sucre, café, poivre, étoffes,

acier et autres objets t, 088,000

Du Levant : Soie brute et soie manufacturée. . 540,000 De Franco el d'Italie : Bijoux , joyaux , dia-

maats, elc SM.QQO

Total. 6,068,000

UYRB XLII. 263

Exporlalions.

Pour Marseille» Livourne et Gênes, 20,000 quiib-

Uttxdelaiue. , 86*,00) fr.

10,QnO qujniaux de peauit ",..,. 432,000

600 quintaux de cire. 97,000

riomes d'aulruche'et autres petits âfticles. ... 81 ,000

»»* I ■ IPI»1M^^»

TouL t, +74,000

1^8 céréales ne figurent point sur ce tableau. Vi tatioQ en était babituellement prohibée, Cçpenda|j||^ droit d'oxporter 16,000 mesures de blé par le P4lfl'|i| Bâoe.avait été concédé à la France.

Depuis la conquête^ les documents officiels donnent les évaluations suivantes de 1831 à 1847^ pour le corn* merce de l'Algérie.

ImportalioQi. Exporlàlionii.

Années 1831 6,504,000 fr. 1,479,600 fr.

— 1837 , 33,055,246 2,946,iS9l

Il y a une si énorme disproportion entre la valeur des importations et celle des exportations, qu'il est naturel de chercher la cause de cet état de choses ailleurs que dans les résultats possibles du mouvement commercial , considéré par rapport au commerce des contrées qui sont en relations avec rAlgérie. L'administration^ dans, son tableau de situation de 1858^ partant de cette donnée positive, qu'en 1855 les importations relatives à l'armée ont été d'un peu plus de quatre millions et demi de francs, 1N^^ et, il nous semble, raison-

jÉtalttsiDent, h dix millions par an ces mêmes importations pmrtes années 1836 et 1837, où il y eut infiniment plus de troupes en Afrique que dans les années précédentes. En suivant la progression établie par elle, on trouvera que cette partie des importations peut être évaluée- à 20,000,000 pour 1847. Mais cela ne suffit pas encore : car l'armée consomme bien au delà des allocations en nature qui lui sont faites par l'État^ et ce sont seulement les objets expédiés de France ou d'ailleurs pour ces allocations et pour les constructions militaires, qui forment ce chiffre de 20,000,000. Les marchandises achetées individuellement par les officiers et par les soldats restent comprises dans les importations commerciales. Or, elles ne prouvent rien pour le commerce fixe de l'Algérie : car ces mêmes officiers et ces mêmes soldats, transportés sur tout autre point du globe, serait-ce sur le rocher le plus stérile, éprouvant les mêmes besoins, le commerce ne manquerait pas de leur fournir les moyens de faire les mêmes consommations. Pour avoir une évalualion juste des importations qui s'applique/it véritablement au pays, il faut donc encore déduire des chiffres fournis par l'administration, la consommation de l'armée

LITHB XLU. W9

que j'appellerai de luxe, faute de trouver une autre expressiOD. En prenant encore 20 millions pour cel objet pour un elîeelif de 100,000 hommes, qui fut celui de larmée d'Afrique dans les derniers temps de l'administration du maréchal Bugcaud, ou prendra certainemeitt beaucoup trop, puisque cela fait une moyenne de 200 fr. par individu. Laissons cepcndaut ce chiffe; il eu résulte que les imporlalions vraiment élémentaires du commerce algérien furent de 56,181,524 de francs en 1847, ce qui, mis en regard d'une exportation de moins de 10,000,000, présente encore un phénomène assez curieux. Car, on peut se demander avec quoi l'Algérie paie la différence? On ne peut dire que ce soit avec du numéraire, puisque, au lieu d'en donner, c'est elle qui en reçoit. Mais si les appréciations soumises par l'administration des douanes algériennes sont exactes, comme on doit le croire, voici comment peut s'expliquer cette étrange anomalie d'un pays qui reçoit commercialement six fois plus qu'il ne vend. La population productive de l'Algérie ne se compose guère que d'indigènes : les Européens sont, jusqu'à présent, plus consommaleurs que producteurs; or, les produils des indigènes, qui seuls fournissent ù l'exportation, devraient être évalués, pour avoir des appréciations exactes, non lorsqu'ils sont exportés par mer, mais lorsqu'ils franchisseiil nos lignes dans l'intérieur desquelles ils sont en partie consom^ mes. On verrait seulement alors, d'une manière complète, ce que donnent les indigènes en échange de ce qu'ils reçoivent, et je suis persuadé que la disproportion choquante et impossible entre ces deux éléments con'élalifs de tout commerce, disparaîtrait des documents officiels. Un pareil travail est impossible puisque, gràeeà Dieu, ii n'y a pas

Mv ANKALES ALGÉRIENNES.

d6 douane intérieure. Mais aussi, il ne hut pas tirer âe l'insiiffisonce forcée dp8 dociimenla officiels des conclu- SioDS défavorables k l'Algérie et au boQ sens de ceux qui l'administrent, ce qui est arrivé quelquefois à l'hODOra- Me et spirituel M. Deajobcrt, dans ses ptiillppiques contre notre colonie africaine.

JI y eut, dès ISio, amélioration asseï sensible dans la quantité des produits alf;ériens ; les états de la douane I pour celle même année l'indiquent indirectement par I la dîminutlun des produits similaires à l'imporlatioD. Les I besoins restant les mômes ou plutôt ayant augmenté, il I est clair que ce qui ne fut pas fourni par l'extérieur dut [ l'être par l'intérieur. Ainsi les imporlalions eu céréales, [ qui dans les cinq années précédentes avaient été en moyenne de iO^HMi^llS francs, ne figurent plus que pour I 8,057,794 fr., ce qui est une réduction de plus d'un l lÉlixième. Celles en bestiaux, qui étalent arrivées t plua [ te 2 millions, ne sont plus portées que pour 161,678 fr. î Le bois à brûler, dont les importations en moyenne élaienl r Brrivées à 456,262 fr. dans les cinq années précédentes, ne présente plus qu'un cliifTre de 232,368; enQn, le fourl tage, dont l'importation ne Sgure que pour la somme de ! 33,162 fr. en 1845, offrait une moyenne de 1,346,620 F trancs dans les années antérieures.

Parmi les objets manufacturés, nos tissus de coton sont en première ligne. Il s'en importa pour plus de dis-neuf millions CD 1845, tandis que la moyenne des autres années n'avait été que d'un peu plus de sept. L'établissement de Djema-Ghazouat contribua beaucoup à cet état de choses; la maison David d'Alger en écoula par ce point des quantités considérables dans le Maroc.

En définitive, le commerce de l'Algérie n'est eue)

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qu'un commerce de place et de consommation ; mais le détail en est fort lucratif : tous les marchands qui ont voulu s'y tenir, sans se livrer à des spéculations insensées, s'y sont enrichis ; il donne l'existence à une grande partie de la population civile.

La spéculation, qui maintenait la portion de cette population, qui se considérait comme l'aristocratie du pays, en état de fièvre ardente et dans des alternatives continuelles de misère et de fortune, s'exerçait sur les achats et veutes d'immeubles, et sur le» eonstruelions urbaines. Nous avons déjà parlé plusieurs fois de l'accaparement de la propriété foncière, et de ses nombreux et graves inconvénients, dont l'administration métropolitaine ne se douta que fort tard ; mais, enfin, elle finit par s'en aperdevoir deux ans après la publication des premiers volumes de la première édition des Annales algêriennesj dont elle voulut bien adopter les idées à ce sujet et emprunter le langage presque textuellement dans son tableau de ftitoation de 1838 : malheureusement, le mal était fait pouf la province d'Alger. Il résulte d'un travail exécuté sous le général Damrémont que, depuis la conquête jusqu'au l** janvier 1837, les acquisitions faites en dehors d^Alger et du fahs s'élevaient en tout au chiffre de 1,133 proprié^ lés de toute nature dans les proportions suivantes :

Jardins et maisons de campagne i 200

Maisons de ville et boutiques. 223

Fermes et terrains labourables 710

Ces propriétés, d'après les indications des contrats de vente, sont ainsi réparties dans les localités suivantes :

Beni-Khalil 359 dont 87 da» la S«h«i.

Beni-Mouça 18Si

Khachoa 71

Métidja ( sans autre désignation). . . 20

g,yi jardins. . m

\ maisons et boatiques. . . , 203

( maisons et boutiques 20

Âmaroua, Isser, Beni-Djaad, Hadjoute,

Monzaïa et Soumatha 43

Sans'désignation aucune.; 50

On sera sans doute surpris en apprenant qu'il s'est fait des ventes sans désignation des immeubles vendus; mais j'entends^par absçnce de désignation une indication insignifiante et évidemment frauduleuse^ conséquence de Tignorance de l'acquéreur, qui a dû, en bien des cas^ acheter ce qui en réalité n'existait point. Ainsi, on voit à renregistrement des contrats de ventes consenties par des individus désignés sous le nom d'oulid ou de benj relatives à des propriétés appelées haouch ou trabj situées dans des lieux appelés outhans. Or, tous ces noms sont génériques : oulid et ben signifient fils, haouch veut dirç ferme, trab terre, et outhan contrée. C'est exactement comme si, en France, on présentait un acte de vente ainsi résumé : le fils a vendu à M. un tel la propriété appelée terre , située à déparlement, 11 serait certainement fort difficile de dire où est cette propriété.

Quoi qu'il en soit, les 1,133 propriétés, tant réelle;5 qu'imaginaires, acquises de 1830 à 1836 inclus. Font été par 539 individus classés ainsi qu'il suit :

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