‹ Annales algériennesChapitre 92 sur 119 · LIVRE XUIl · texte numérisé non relu

LIVRE XUIl

feian, venait de rentrer dans te Maroc. La colonne se remit en mouvement le 20, etarrha le lendemain à Clicltla. Le 25, elle était à Bou-Semghrounc, où elle eut un peu à combattre ; mais enQn, cette oasis se soumit comme les autres. De là, te général Renault se porta à El-Bioud, ûe centre de la domination religieuse des Outad-Sidi- Gbirk. Il se dirigea ensuite à Brizina ; enfin, après une ixpédition de plus de deus mois dans le Sahara, il rentra i Médéa. Le général Gavaignac, qui s'était avancé jusqu'à Thyoul, rentra de son côté à TIemcen. Il prit ensuite %n congé pour aller passer quelque temps en France, et pendant son absence, le général Renault commanda à TIemcen. Le but des opérations de ces deux généraux Avait été de prouver aux habitants des oasis que nous itions toujours en mesure de les atteindre , et que, par «ODséqueat, ils auraient grand tort de se compromettre ttivers nous , en favorisant les nouvelles entreprises jn'Abd-el-Kader pourrait former surl'Algérie (1): ce but Itat atteint.

Pendant que ces mouvements de troupes avaient lieu au sud delà province, le général Yousouf avait été envoyé dans la partie méridionale de celle de Tîtleri, pour rétablir l'harmonie entre quelques chefs arabes dont la mésintelligence pouvait compromettre la paix publique dans cette contrée; ce but fut aussi atteint. La colonne Aa général Yousouf s'avança jusqu'auprès d'Aïn-Madi,

B quelques-uns de nos officiers allèrent visiLer.

r (I) Je dois à l'obligeance Je M. legéDéral Renault une eiccllcnte ''atîoD de SCS vojujjcâ linus le Sabura , relalion plciije d'inlOrât u le rapport historique comme sous le poiat de vue pittoresque, et ' eu» Aussi pour l'élude i» la géographie de celle coulree.

98fi ANNALES «l.GF.nlgNNE5 .

Les Arabes paraissant complélenient soumis, du mqin^ I pour le momenl, el les montagnards du Dahra iie dou- I liant plus d'inquiétude dppuis la rcddiiion de Bou-Maza, f lo maréchal Bugcaud pensa qu'il devait s'occuper sérieusement de ceus. de Bougie, u'egt-à-dire de cette contrée I âîfticile à laquelle nous avons dunoé le nom de Grande I RabyliQ et que j'ai fait connaître au lecteur avec quel- I ques détails dans le iiyreXI de cet ouvrage. Les gpinions [ étaient partagées sur la lignp de conduite qu'il noua convepait de suivre à l'égard de ces populations indépep- ^^ntes : les uns pepsaicnt qu'il uous suffisait de nous I .^ssurcf de leur peiitralité et d'cntreterir avec elles dp^ rel'IgtioDs commerciales; d'autres croyaient à la nécessité I ^fi l'occupation du pays pour en assurer la soumission I epmplète. Le gouverneur général prit un parti moyen I fiotre ces deux extrêmes : il peqsa que sans occupa 4'-nne manière permanente la Grande Kabylie, il devait y montrer ses cqlonnesj prouver aux habitants qu'ils n'étaient pas bors de la portée de nos coups , et traiter avec eux de supérieur à inférieur et non d'égal à égal. Le Gouvernement, qui craignait de voir se rallumer le feu de la guerre et commencer une nouvelle çérie de co&teuses expéditions, ne lui accorda pas sans peine l'autorisation d'entreprendre celle-ci. Cependant, quelques circonstances favorables semblaient devoir la rendre facile en lui servant de préludes. Ben-Salem, cet ancien khalifa de l'Emir, qui avait pendant longtemps agité l'est de la province d'Alger, était venu , le 27 février, faire en 1 personnesa soumission ail maréchal Bugcaud, qui,selrout vait en ce moment au nouveau poste d'Aumale à Sourel-Gbuslan. Le 10 avril suivant, le même personnage, accompagné de Bel-Gassem-Oulid-ou-Kassij du maraliaut

Sidi-Ahçl-fir-RaiiiaQ et d'un nombre considérable de cheiks du Pjurdjura, se rendit à Alger où il fut reçfl ayee de gr$(n4$ hoqpeurs. On partagea les tribus dont il apportait la çquQ^issIon en deux grands commandements^ l'un pouF le çw^, l'autre pour le nord de U inpptagne. Le preiftier fut donné à Oniar-l»en-Salem, frère du khalifa, et 1^ second à Bpl-Ca^sspm. Quai^t au kj^aljfa lui-même, il ^ait oiaqjfesté le dé3ir de reqtrpr dans la vie priyée et 4p faipe incessamment le pèlerinage de 1^ Mecque.

A Bougie même, notre position s'éta^jt cp^sidérable* ment améliorée dès la fin de 1846. Cette placp avait été QQfttinuellQment bloquée par leg| indigènes depuis le jour oiH nou^ e^ étiops emparés en 1855, pi çan^ compupicatiop ayep Textéfieur, 5i ce n'est par mer. Vers le mois de mai 1846,1e commandement en fut dopné à M. de Vengy, chef d'escadron d'état-n^ajqr, que son étoile destinait & TQÎr la fin de cet état de cbpseç. Peu après son arrivée, Ifis Ibaïa étapt venus attaquer 4p^ trayaUlePF^ qu'il employait à saigper un petj^ mvm çitpé ^ PPH (je distance de la villa, il les pun^ rudeipepf de cet apte f^'^gression. Il continua ensuite h les ))$irçe]er p^r upe suite dq petites surprises qui, w leur laissant plus dp repos, le^ décidè- Bftnt enfin h entrer en ftpefln)mo4emept avec }u}. p ailr IfiUPS, d^à depuis açsez longtemps, il s'étai( ei^vé daps cette tribu un parti qui dédirait repQuer les relations çon^merciales rompues depuis treize i^ns, au gr^pd détriment delà prospérité de la contrée, J.es fractipns Ips plps rapprochées de Bougie, qu'on appelle les Ikfzaïa du bas^ demandèrent les premières Yaman, c'est-à-dire l'assurapce de ne plus être ipquiétées et Tautorisatipp de fréquenter nos marchés en toute sécurité. Les Mzaïa du haut se tipr^Pl pucpre anelque tgpips à l'écart. Quelque?-up§ çl'ep-

tre eux attaquèrent même et pillèrent des gens de la tribu de Beni-Messaoud qui, ayant, eus aussi, demandé l'aman et l'ayant obtenu, s'étaient rendus au marché de Bougie. M. de Vengj' pensa, avec raison, qu'il ne devait pas passer un tel acte sous silence. En conséquence, dans la nuit du 12 au 13 janvier 1847, il alla attaquer le villaged'où étaient partis les pillards et le mît en cendre. Cet acte de vigueur réduisit les Mzaïa du haut, qui suivirent alors l'exemple de ceux du bas; ce que firent aussi beaucoup d'autres tribus ou fractions de tribus. Le nombre en fut si grand, que le gouverneur général envoya à Bougie le directeur des affaires arabes, M. le colonel Daumas, afin délirer le meilleur parti possible de cette réaction pacifique qui se manifestait ainsi parmi les Kballes. Le colonel Daumas reçut à Bougie tous les cheiks des tribus du voisinage, jusqu'à Toudja. Le mouvement s'arrêta aux Fenaya qui n'y prirent aucune part. Amiziane lui-même envoya plusieurs des siens au colonel; mais le souvenir du meurtre du commandant Salomon de Musis l'empêcha de se hasarder de sa personne au milieu de nous. Les relations étant ainsi rétablies entre l'intérieur et l'extérieur, on se hâta d'en profiter pour envoyer à Sétif un petit convoi conduit par les Kbaïles, convoi d'essai du reste et assez pauvrement chargé pour ne pas tenter, dans ces commencements, la cupidité des montagnards.

Tous CCS arrangements, loin de réconcilier le Gouvernement avec le projet d'expédition du maréchal Bugeaud, l'en éloignèrent encore davantage en le lui faisant considérer comme superflu. Mais le gouverneur général ayant persiste dans son opinion, le miaistre dut céder. D'ailleurs, M. le maréchal paraissait ne pas vouloir quitter sans cela le poste important qu'il occupait, et que le

Lonis-Philippe désirait, depuis quelque temps, donner ao duc d'Aumale, son fils.

Les préparatifs de l'expédilion de la Grande-Kobylie fiirent faits avec cette sage prévoyance et cette parfaite CODoaissance du pays, qui ont signalé tous les actes miltlires du maréchal Bugcaud en Afrique. En attaquant la toutrée dans laquelle il voulait opérer par deux côtés différents, il pensa que toutes ces petites républiques turibulentes qui la composent se sentant menacées chacune dans ses foyers, ne songeraient qu'à leurs affaires particulières et ne s'entendraient pas pour la défense générale. En conséquence, il résolut d'y pénétrer par l'ouest ivec la division d'Alger, eu suivant la vallée de l'Ouedfiahel, tandis que le général Bedeau et les troupes de la province de Constanline y arriveraient par le sud et la Tollce de l'Oued-bou-Selam.

Les troupes destinées à former la colonne du materai furent tirées d'Alger et du nouveau camp d'Aumale, £lles se réunirent à Bordj-el-Hamza, d'où l'espédilion «e mît en marche le 14 mai. Le maréchal se fit précéder d'une proclamation où il annonçait aux Khaïles qu'en se portant dans leurs montagnes il n'avait d'autre 'lut que de s'assurer de leur soumission, et que les Iriliusqui s'abstiendraient de tout acte de rébellion n'auraient qu'à se louer de la conduite de nos troupes. Les deux premiers jours de marche furent tranquilles : ne vit d'ennemis nulle part; mais le kaïd de la Medjanah, Mobammed-el-Mokrani, qui s'était rendu auprès du maréchal, le prévînt que, selon toutes les probabilités, les choses ne se passeraient pas sî pacifiquement sur le territoire des Beni-Abbès. En effet, le 15 à l'entrée de la nuit, nos troupes étant campées sur l'Oued-Sahel, à m. 19

Akbou» en face des montagpes des Bcni-Âbbës^ furent attaquées par ces Kbaïles. Les campements du maréchal Bugeaud étaient toujours bien disposés et surtout parfaitement gardes. Ce jour-là, on avait redoublé de soins et de précautions, parce qu'on s'attendait à quelque entreprise de la part des Beni-Abbès, qui souvent avaient battu les Turcs dans des surprises de nuit. Cette fois, ils eurent affaire à plus forte partie et furent repoussés avec perlCi» Le jour venu, le maréchal Bugeaud prit à son tour l'offensive. Il laissa les bagages à Akbou avec une partie de son monde et se porta vers les montagnes avec huit bataillons, dont les soldats avaient déposé leurs sacs, TartUlerie de montagne et un peu de cavalerie. L'ennemi^ disposé en plusieurs lignes, garnissait les crêtes, préscn*^ tant des masses assez compactes d'où partait un feu bien soutenu. Toutes les positions furent tournées et su<îccssivement enlevées par nos colonnes d'attaque conduites par les coloaels Ladmirault des zouaves et Mollièrer dfa 13* léger. La dernière de ces positions, que dominait le fort village d'Arzou, fut assez vigoureusement défendue. La prise d'Arzou qui fut incendié, celle de deux tours que les indigènes considéraient comme autant de citadelles, le sac de plusieurs villages où nos soldats firent beaucoup de butin, achevèrent la déroute des Bcni-Abbës qui, passant subitement de la jactance à rabattemcnl:^ envoyèrent auprès du maréchal un de leurs cheiks, appelé Hamoud-Tahar, pour parler d'accommodement. Cet homme dit qu'il s'était personnellement opposé b la gu^re et que tout en prenant les armes pour ne pas se séparer de ses compatrioles, il n'avait pas douté un instant in mauvais succès de leur entreprise; que maintenant qu'ils étaient convaincus autant que lui de l'impuissanea de

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