LIVRE XLItl
!rs efforts, il venait demaniler la poix pour eux et offrir leur soumission.
La manière véhémente dontTahafs'exprimnit, les peslC9 dont, dans son émotion, il aeconipngnait son discours, déplurent d'abord au maréchal Bugeaud ; fnois lorsque ion interprélc lui eut traduit les paroles du Kbfiïlc, eWcS ')m\ mapirùrcnt tant de confiance, qu'il consenlil à arrêlfii* lies hostilités cl à ramener ses troupes à Akboti, sur M leimpte engagement que prit cet homme de lui amener le 'liiidemain les clieiks des diverses fractions des Beni-Alibès, tM de venir lui-œènïe se mettre h la dtscrétroiï in générât français.
La confiance du maréchal ne fut pas trompée; d'ailïeurs El-Mokrani, qui jouissait chez les Bcni-Abb&s â'ûaè IsfiAencc liéréditairc, fit entendre des conseils auxquels ie qui venait de se passer donnait un nouveau poids. ht 17, fous les chciks annoncés par Hamoud-Tahar se 'trwivèrenl réunis devant la tente du gouverneur général. H fui convenit, pour pril du pardon aceortfé aux Beni- Abbès, qu'ils paieraient un impôt annuel de 50,000 fr., eï, qu'au lieu de former une république indépendante, ils abéiraiertt à noire fcbalifa de la Medjana, Mobammed-cl-
IUokrani, pour leurs relations avec nous et leurs voisins ; en ne songea pas, du reste, h leur enlever leur iodépen- |*nee intérieure.
' La bonne harmonie étant ainsi établie entre les Francis et les Beni-Abb^s, on vit ceux-ci se répandre parmi tes soldais, avec la plus entière confiance pour racheter ficux des objets que la guerre leur avait enlevés et dans fe possession desquels ils désiraient rentrer. Nos soldats se montrèrent accommodants et leur firent en général de lrè»4ionnes conditions.
Après la soumission des Beni-Abbès, aucune tribu ne résista plus. On vit arriver successivement les ciieiks des Bcni-Aydel, des Illoulen, des Beni-Ourglis et plusieurs autres. Du camp d'Akbou, l'armée s'était dirigée sur Chellata, la Zuouïa de Sidi-Ali-el-Chérif, dont le marabout était en grande considération dans le pays. C'était un jeune homme d'un très-beau physique, qui intéressa beaucoup nos officiers par la distinction de ses manières cl la noblesse de son langage.
Le maréchal continuant sa marche, qui ne cessa point d'être paciGque, arriva devant Bougie à la tête de près de 15,000 hommes, après avoir été rejoint par la colonne du général Bedeau. Celui-ci était parti de Sélif le 14 mai, el était arrivé, le 15, à la position de Maou-cl-Kan, à rcstrémité du pays soumis à l'autorilé du commaudant de la subdivision de Sélif. Le 16, il avait eu un petit combat chez les Beboula, et un aulre, moins important encore, chez les Beni-Ourtilan, le 18. Ces deux légères affaires furent suivies de nombreuses soumissions. Le 24 juin, le maréchal donna solennellement à son quartier général, sous les murs de Bougie, l'invesliture à plus de soixante cheiks de la Grandc-Kabylie, qui parut ainsi accepter la domination de la France. Il s'embarqua ensuite pour Alger, ayant laissé au général Gentil le soin d'y ramener la colonne expéditionnaire. Cette marche fui toute pacifique ; néanmoins, quelques coups de fusil furent, h deux ou trois reprises, tirés la nuit sur nos bivouacs par des individus isolés, qui semblaient vouloir ainsi protester contre la soumission des masses. Celte soumission se manifesta, du reste, de la manière la moins contestable, c'est-à-dire par l'acquittement de l'impôt, que les tribus vinrent payer au commandant du cercle